Ce rapport a été produit par OCHA en collaboration avec les partenaires humanitaires. Il couvre la période du 1er au 31 décembre 2024.
FAITS SAILLANTS
• Plus de 734 000 personnes en situation d’insécurité alimentaire aigüe à l’Extrême-Nord, selon les résultats de l’analyse Cadre Harmonisé.
• Au moins dix personnes blessées et trois personnes tuées lors d’un affrontement inter-communautaire dans le Mayo-Danay.
• Plus de 9 000 personnes déplacées dans le Logone-et-Chari et le Mayo-Tsanaga en décembre suite à l’insécurité.
• Près de 223 000 personnes ont reçu une assistance alimentaire.
CONTEXTE HUMANITAIRE
Après une période de fortes inondations qui a affecté plus de 459 000 personnes, détruit des dizaines de milliers d’habitations, d’hectares de cultures et du bétail, le mois de décembre a été marqué par le retrait progressif des eaux des fleuves Logone (au Cameroun) et Chari (au Tchad). Les arrondissements les plus affectés et initialement inaccessibles dans les départements du Mayo Danay et du Logone et Chari commencent à être accessibles par voie terrestre. On observe un début de retour des populations vers leurs zones d’origine, même si la majorité se trouve encore dans les sites d’accueil. Les moyens de subsistance (bétail et cultures) détruits deviennent de plus en plus accessibles. C’est le cas de Kaï kai, Vélé dans le Mayo-Danay, Blangoua, Makary, Gouley, Hile Alifa dans le Logone et Chari. Selon les évaluations conduites dans la plupart des sites affectés de Kousseri et Logone Birni, les besoins prioritaires concernent les denrées alimentaires, les abris et articles ménagers essentiels, l’eau, l’hygiène et l’assainissement, ainsi que les soins de santé.
Les autorités locales, accompagnées des partenaires, poursuivent la réponse d'urgence. Toutefois, la problématique de la reconstruction se pose et va au-delà de la réponse d’urgence qui demeure circonscrite. La situation sécuritaire a été marquée par l’activité des groupes armés non étatiques (GANE) à travers des actes de prédation, d’enlèvements, de taxations illicites et assassinats de civils, notamment dans la zone du lac Tchad. Les départements les plus affectés par l’insécurité restent le Mayo-Sava, Mayo-Tsanaga et Logone et Chari. Environ 182 incidents sécuritaires ont été enregistrés, avec un bilan de 27 personnes tuées dont un enfant, 19 blessées et 56 enlevées, dont neuf enfants. Au total, en 2024, un bilan 1584 incidents a été rapporté dont 15 enfants avec 262 civils tués 268 blessés et 282 personnes enlevées dans la région de l’Extrême-Nord.
Selon le Mécanisme de réponse rapide (RRM), ces incidents ont causé le déplacement de 8 395 personnes (1 224 ménages), dont 7 717 personnes (1 142 ménages) qui se sont installées à Blangoua, Hile-Alifa et Makary dans le département du Logone-et-Chari, tandis que 678 personnes se trouvent à Mokolo, dans le Mayo Tsanaga. Les familles déplacées vivent dans des conditions précaires, dans des abris de fortune sur des sites spontanés, tandis que d'autres sont hébergées par des familles locales. Les besoins urgents incluent les vivres, l'abri et les articles ménagers essentiels. En 2024, 47 113 personnes (6 942 ménages) se sont déplacées dans la région de l’Extrême - Nord. De violents affrontements inter-communautaires ont éclaté dans le village Massa Koudeweta, département du Mayo Danay, à la suite d’un vol de bétail.
Malgré le déploiement des forces de l'ordre, trois personnes ont été tuées, au moins dix autres blessés et des maisons et commerces pillés et incendiés. Les autorités locales ont rapporté que les violences ont provoqué le déplacement des membres d’une communauté vers Yagoua par crainte de représailles. Le gouverneur s’est rendu sur les lieux pour appeler les populations à un retour au calme. Selon les résultats de l’analyse Cadre harmonisé d’octobre 2024, entre octobre et décembre 2024 (phase courante), environ trois millions de personnes ont souffert d’insécurité alimentaire aiguë au Cameroun, parmi elles, 265 314 personnes sont en situation d'urgence. La région de l’Extrême-Nord figure parmi les plus affectées avec 734 386 personnes en phase de crise et d’urgence dans les départements de Logone et Chari, Mayo-Danay, Mayo-Sava et Mayo-Tsanaga.
Cette situation résulte entre autres de la perturbation de la campagne agricole par les effets du changement climatique (dont les inondations), de la destruction de milliers d’hectares de cultures et de la perte de milliers d’animaux dans. L'Extrême-Nord devrait continuer à voir sa situation se détériorer, représentant 35 pour cent des cas aigus au niveau national. Des actions immédiates sont indispensables pour éviter cette détérioration. Les partenaires alertent sur la nécessité d’une assistance alimentaire d’urgence pour répondre aux besoins immédiats des populations les plus vulnérables, mais aussi soutenir les activités de contre-saison, ainsi que les activités génératrices de revenus afin de renforcer les moyens d’existence des populations affectées.
La principale contrainte dans la fourniture de l’aide humanitaire reste l’insuffisance des financements. Au 31 décembre, le plan de réponse humanitaire pour le Cameroun n’a été financé qu’à 45 pour cent. De nombreux besoins humanitaires restent non couverts. L’accès physique aux localités les plus affectées par les inondations s’est amélioré grâce au retrait des eaux, tandis que l’insécurité constitue un frein à la réponse dans plusieurs localités où les incursions sont permanentes.
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