FAITS SAILLANTS
- Près de 2 400 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère ont été pris en charge, malgré une couverture limitée et des ressources réduites.
- Plus de 70 nouveaux cas de protection de l’enfance ont été pris en charge.
- Au moins 22 000 personnes ont bénéficié de nouvelles infrastructures d’approvisionnement en eau, hygiène et assainissement dans les zones affectées par l’insécurité et les inondations.
- Plus de 11 500 personnes ont bénéficié de distributions d’abris d’urgence et articles ménagers essentiels.
- Au moins 5 000 sacs de sable ont été mobilisés, dans le cadre de l’action anticipatoire, pour limiter le risque d’inondation à Blangoua.
CONTEXTE HUMANITAIRE
La situation sécuritaire dans la région de l’Extrême-Nord est demeurée volatile au mois de décembre, caractérisée par des attaques de groupes armés non étatiques (GANE), des incidents intercommunautaires récurrents et des risques de catastrophes naturelles. Ces dynamiques continuent d’affecter les populations civiles, d’entraver l’accès humanitaire et d’alimenter les besoins multisectoriels. Au cours du mois, au moins 26 personnes ont été tuées, 17 blessées, 25 enlevées et une école attaquée. Ces incidents ont entrainé le déplacement de 4 256 personnes (soit 606 ménages) dans les départements du Logone et Chari (Hilé Alifa, Blangoua) et du Mayo-Sava (Mora, Kolofata).
Dans le département du Logone et Chari, un incident sécuritaire a directement affecté du personnel humanitaire à Makary. La résidence concernée a été prise pour cible par des individus armés d’objets contondants, qui ont dérobé de l’argent, des téléphones, des batteries externes et des tablettes. Cet incident illustre l’insécurité croissante à laquelle les ONG, locales et internationales, sont confrontées. Des infrastructures éducatives ont également été ciblées notamment à Choloba où une école primaire a été démantelée par des assaillants.
Dans le département du Mayo-Tsanaga a connu plusieurs incidents de sécurité. Le 1er décembre, près d’une centaine de combattants ont attaqué le village de Djibrili, causant la mort de deux civils, incendiant des habitations et pillant vivres et bétail. Par ailleurs, les GANE continuent de traquer les populations dans les champs pour s’approprier leurs récoltes, aggravant l’insécurité alimentaire et la pression sur les ménages.
Dans le département du Mayo-Sava, à Bouderi, près d’une trentaine de maisons ont été incendiées dans un site de personnes déplacées internes. Faute de pouvoir mener une évaluation sécurisée, la Commission communale de préparation aux risques (CCPR) s’appuie sur les relais communautaires pour le suivi. Un partenaire a par ailleurs partagé ses modules de sensibilisation aux risques d’incendie afin de renforcer les actions de prévention dans les sites où le risque d’incendies est élevé.
Des tensions agro‑pastorales ont persisté dans plusieurs localités. Quatre incidents ont été signalés dans les communes de Makary, Abassouni, Nigue et Chahak dans le Logone et Chari, impliquant des affrontements entre agriculteurs et éleveurs armés d’objets contondants ou de couteaux. Ces violences ont fait plusieurs blessés et sont liées principalement à la pression croissante sur les terres cultivables et les zones de pâturage.
A la fin du mois de décembre, le cumul annuel de l’impact de l’insécurité s’élevait à au moins 399 personnes tuées, 457 blessées, 562 enlevées. Seize engins explosifs improvisés (EEI) ont été découverts ou utilisés, cinq écoles attaquées, cinq centres de santé intégrés ciblés. Par ailleurs, 24 808 personnes (soit 3 637 ménages) ont été déplacées. Ces chiffres témoignent de la persistance d’un environnement sécuritaire volatile et de l’ampleur croissante des besoins humanitaires dans la région.
A Blangoua, la montée des eaux du fleuve Chari a continué de menacer les villages riverains. Les efforts de mitigation se sont intensifiés grâce à la mobilisation de la Commission communale de préparation aux risques (CCPR). Sur un besoin estimé à 3 500 sacs, un total de 5 000 sacs a été acheminé par le consortium d’acteurs de l’action anticipatoire, pour contenir l’avancée des eaux avec l’appui actif des communautés. Le mécanisme d’action anticipatoire a été activé permettant à au moins 900 ménages de recevoir une assistance en transferts monétaires à la suite de deux alertes officielles du sous-préfet et après la validation communautaire. Par ailleurs, les campagnes de communication communautaire ont été intensifiées par le CCPR et plusieurs partenaires avec la prise en compte des personnes en situation de handicap dans les actions de prévention.
Sur le plan sanitaire, une campagne de vaccination a eu lieu à Mora afin de contenir la transmission de la rougeole.
Du 7 au 8 décembre, le Gouverneur de l’État de Borno au Nigéria a effectué une visite à Maroua, incluant une mission au camp de réfugiés de Minawao, qui accueille 81 843 réfugiés nigérians, aux côtés de son homologue le Gouverneur de la région de l’Extrême-Nord. Le rapatriement volontaire de 2 000 réfugiés, initialement prévu pour décembre 2025, a été reporté à janvier 2026. Les autorités nigérianes ont réaffirmé leur engagement à garantir des conditions d’accueil sécurisées pour les personnes dont les zones d’origine restent inaccessibles, notamment à travers un paquet d’assistance comprenant une aide en espèces et des articles essentiels.
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