Cameroun : Extrême-Nord, Logone-et Chari, Mayo-Danay - Inondations, Situation Report No. 01

FAITS ESSENTIELS

• Plus de 40,000 personnes sont directement affectées par les inondations dans les arrondissements de Zina (Logone et Chari) , Maga et Kai-Kai (Mayo Dany)

• Au moins 60 villages sur 110 au total sont affectés dans l’arrondissement de Zina avec 2 319 ménages (19,359 personnes) sinistrées .

• 15 villages sont affectés dans l’arrondissement de Kaï Kaï et 16 215 personnes sinistrées.

• Mouvements pendulaires de personnes déplacées continuent au 15 octobre en provenance de Mre Arabe, Mre Kotoko, Ngoudougouli, Sakim et Karam-Nord arrondissement de Zina.

• Les besoins prioritaires concernent l’accès aux soins, à l’eau potable, à l’hygiène, les abris et biens de première nécessité.

• L’impact sur les récoltes à venir sera très sévère dans les semaines qui viennent.

• L’accès au populations affectées est très difficile, essentiellement par voies fluviales

CONTEXTE HUMANITAIRE

En date du 28 Septembre 2019 les localités situés le long du fleuve Logone, à l’est du département du Logone (Arrondissement de Zina) et au sud du Lac de Maga (Arrondissement de Kaï Kaï- Département du Mayo Danay ) ont subi des inondations dues à la soudaine montée des eaux du fleuve Logone, aggravée par la rupture de plusieurs digues communautaires. L’inondation a causé de nombreux dégâts sur les infrastructures publiques et sur les habitats et forcé plus de 20,000 personnes à abandonner leur foyer. Selon des sources administratives, au total plus de 40,000 personnes seraient sinistrées, mais avec des niveaux de vulnérabilités très variables. Au moins 60 villages sur 110 au total de l’arrondissement de Zina sont affectés avec 2 319 ménages (19,359 personnes) sinistrées. Plus de trois mille personnes (384 ménages) ont notamment trouvé refuge sur l’étroite digue de Sara Sara à 5 kilomètres de Zina. La ville de Maga est également partiellement touchée par les inondations (pop totale 35,000 personnes). Plus de 20 villages de l’arrondissement de Kai Kai (Département du Mayo Danay) sont affectés avec 866 ménages (5 196 personnes sinistrées). Au moins deux sites de refuges ont été identifiés dans les environs de Kai Kai où 260 ménages (environ 1500 personnes) sont en détresse aigue. A la date du 15 octobre, des mouvements pendulaires de populations sont encore signalés entre les localités de Yare-Kalkoussam et Mre Arabe, Mre Kotoko, Ngoudougouli, Sakim et Karam-Nord. La majorité de ces familles en mouvement sont des éleveurs et sont en phase de délocalisation de leurs bétails vers Logone Birni.

• Tenant compte des risques immédiats les besoins prioritaires identifiés sont la santé, l’eau et assainissement, les abris et les biens de première nécessité. Les populations isolées sur des digues ou des terres non inondées n’ont pas accès à l’eau potable, pas de latrine, pas d’abris et ont perdu tout ou partie de leur biens. Les risque de propagations de maladies liées à l’eau sont multipliés, y compris l’augmentation de cas de paludisme. De nombreux points d’eau et forage sont immergés. Au moins trois centres de santé ne sont plus fonctionnels dans le district sanitaire de Zina et de nombreuses écoles sont fermées ou très difficilement accessibles (44 écoles au moins sévèrement touchées).

• Difficile à évaluer à ce stade, l’impact des inondations sur la sécurité alimentaire sera probablement très sévère puisque les champs de mil et de riz ont été submergés (on estime à plus de 47,000 hectares de récoltes détruites dans l’arrondissement de Zina seulement) quelques semaines seulement avant la période de récolte. Les champs sont totalement inondés et peuvent entrainer une perte de la récolte à la fin de la saison. Les greniers sont vides, les denrées essentielles en cette période de soudure étant emportées par l’inondation. Des centaines de têtes de bétails ont péri lors de l’inondation, et les surfaces de pâturages sont réduites aux ilots émergés. Les marchés vivriers ne sont plus fonctionnels (les magasins communautaires ont été pillés et les restes de vivres emportés par l’eau et mouillés, donc irrécupérables pour d’autres).

• Plusieurs risques restent encore à évaluer notamment en termes de protection dans un contexte de vulnérabilité accrue et où les tissus communautaires sont très dégradés avec la dispersion des victimes. Les inondations sont récurrentes dans cette région en fin de saison des pluies depuis des décennies avec des causes structurelles connues qui sont toujours prévalente aujourd’hui. La pluviométrie exceptionnelle depuis le mois de mai 2019 a provoqué en outre la rupture de nombreuses digues communautaires. Les inondations ont ainsi atteint un niveau d’urgence plus aigüe car elles ont aussi frappé les communautés qui accueillent traditionnellement les sinistrés chaque années.

• L’accès aux populations sinistrées de Zina (Logone et Chari) et de Maga / Kai Kai (Mayo Danay) est impossible par voies terrestres en cette saison. Pour accéder à Zina, quatre heures de route avec de nombreux passages à risques d’enlisements sont nécessaires pour rejoindre la ville de Logone Birni. Il faut ensuite emprunter les voies fluviales à bord de pinasses ou de pirogues pour atteindre Zina centre après cinq heures de navigation (peut-être moins selon la capacité de l’embarcation utilisée). Plus au sud dans le département du Mayo Danay, la localité de Maga est accessible par voie terrestre en moins de trois heures après 72 heures sans pluies. Il faut ensuite emprunter la voie maritime pour atteindre Kai Kai (2 heures de navigation) et les villages environnants les plus affectés par les inondations. De Yagoua à Kaï Kaï l’utilisation de voitures Jeep 4X4 est recommandée, là aussi après 72 heures sans pluies. OCHA a contacté les autorités administratives à Kousseri (Logone et Chari) et Yagoua (Mayo Danay) ainsi que les Sapeurs-pompiers de la région pour mettre en place un partenariat pour la réponse.

Les Sapeurs-pompiers disposent en effet de hors-bord adaptés (six basés à Kousseri / deux basés à Maroua) qui pourraient aussi servir au transport de biens et de personnels humanitaires dans les zones affectées. Ils ont aussi à leur disposition, basé à Maroua, un équipement autonome mobile de purification de l’eau ainsi qu’une citerne de 15,000 litres

• Un réponse multisectorielle est en cours. La Croix Rouge Camerounaise appuyée par la CRF a mis en place des cliniques mobiles en pirogues autour de Zina. Ils fournissent aussi quelques fournitures wash. Solidarités a mobilisé des ressources dans le cadre du startfund pour des activités de transfert monétaires dans les zones de Zina et Kai Kai en partenariat avec les ONG locales APA et ACDC très présentes dans la zone. Les transferts monétaires sous forme de coupons à usages multiples) vont cibler 1,500 ménages dans l’arrondissement de Zina.

Le RRM (Première Urgence / ACF) est en train d’effectuer une évaluation multi-sectoriel (MSA) dans l’arrondissement de Zina pour mettre en place une réponse. Les membres du secteur EHA sont très engagés et l’UNICEF a mobilisé des kits d’hygiènes et des kits EHA. IRC doit effectuer une évaluation dans l’arrondissement de Zina les 15 et 16 octobre. Intersos a déployé une équipe de protection à Logone Birni et Zina où sont signalés les arrivées de nouveaux déplacés venant de l’arrondissement de Zina. L’OMS est en train de mettre en place un soutien extraordinaire aux District Sanitaires de Maga (qui couvre le CMA de Kai-Kai) et de Zina. Le PAM prépare un transfert d’intrant nutritionnel vers Maga et Kai Kai. D’autres acteurs (NRC, Plan, ..) sont en standby pour intervenir et soutenir la réponse.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:
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