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Cameroun : Etude des filières économiques et de formation à fort potentiel d’emploi pour les jeunes et les femmes (Extrême-Nord), août 2018

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Chapitre 1 : CONTEXTE ET METHODOLOGIE

1-1) Arrière-plan

La région de l’Extrême-Nord est la deuxième région la plus peuplée du CAMEROUN après la région du Centre, ce qui implique qu’il peut y avoir un grand marché disponible pour les affaires. Toutefois, la situation des jeunes et des femmes est très précaire dans cette région en général et en particulier dans les zones de crise. Avant l’arrivée de Boko Haram, l’Extrême-Nord était déjà la région la plus pauvre du CAMEROUN, avec 74.3% de la population vivant sous le seuil de pauvreté (la moyenne nationale du taux de pauvreté1 étant de 34.5%). La population de l’Extrême-Nord est estimée à environ 4.3 millions d’habitants, avec environ 1.5 million de jeunes, soit 35.2 % de la population de la région2. La secte islamiste Boko Haram du NIGERIA a causé 91 000 réfugiés Nigérian au CAMEROUN et 236 000 déplacées internes dans la région de l’Extrême-Nord du CAMEROUN. Les exactions de Boko Haram ont aggravé la situation et, plus que par le passé, l’Extrême-Nord est perçu comme une région à assister et non comme une zone d’opportunités économiques. La fermeture de la frontière avec le NIGERIA a ravagé l’économie locale. Le conflit a affaibli le tissu commercial local, appauvrissant des milliers de commerçants qui dépendaient des échanges avec le NIGERIA et empirant la situation économique déjà précaire des habitants de cette région écologiquement fragile. Le taux de chômage des personnes déplacées à l'intérieur du pays est très élevé dans la région et les jeunes, inoccupés à longueur de journée sont exposés à l’extrémisme violent et à la consommation des drogues. Ce qui aurait conduit 3 500 à 4 000 jeunes Camerounais à rejoindre les rangs de Boko Haram. La situation de la femme et de la jeune fille n’est pas plus reluisante, malgré les efforts fournis par les femmes pour leurs communautés, elles sont traditionnellement victimes d'actes de violences qui ont conduit à la dévalorisation de leur statut social et économique. Elles n'ont pas accès au foncier du fait de l'insuffisance des terres cultivables et du fait du système traditionnel de gestion des ressources naturelles qui privilégie les hommes au détriment des femmes. La grande capacité d’adaptation et de résilience des populations face à la crise, offre aujourd’hui aux gouvernements et aux partenaires nationaux et internationaux, la possibilité de mettre en place des politiques de développement intégrant la diversité et la fluidité des traditions économiques de la région de l’Extrême-Nord, carrefour des routes commerciales et des cultures.