Cameroun Bulletin humanitaire Numéro 07 | février - avril 2018

FAITS SAILLANTS

  • Le nombre d’attentats-suicides et d’attaques contre les villages en diminution à l’Extrême-Nord

  • Plus de 5 500 nouveaux réfugiés nigérians enregistrés au centre de transit de Gouroungel depuis janvier

  • L’Equipe Humanitaire Pays place la protection au cœur de la réponse en adoptant une stratégie sur la centralité de la protection robuste et engageante

CHIFFRES CLES

N. de personnes dans le besoin (HNO) 3,3 M

N de personnes ciblées (HRP) 1,3 M

N. de personnes déplacées internes à l’Extrême-Nord 241 K

N. de personnes déplacées retournées à l’Extrême-Nord

70 K N. de réfugiés nigérians au Cameroun 95 K

FINANCEMENTS

304,5 millions Fonds requis (en US$) 10,8% Financés au 30 avril 2018

Suivi de la Situation Humanitaire

Evolution de la situation sécuritaire dans l’Extrême Nord

Les mois de mars et avril 2018 ont été marqués par une diminution significative du nombre d’attentats-suicides, d’enlèvements, d’assassinats ciblés et de destructions de villages attribués à Boko Haram comparé au début de l’année. En revanche, de nombreuses opérations de ravitaillement ont été conduites lors d’incursions transfrontalières nocturnes, particulièrement dans les arrondissements de Kolofata (Mayo-Sava) et du Logone-Birni (Logone-et-Chari). De nouveaux stratagèmes ont été développés pour perpétrer ces attaques, tels que l’aménagement de passages sur les tranchées de sanctuarisation ou l’utilisation d’uniformes des forces de défense nationales et multinationales. Un second développement marquant a consisté en l’utilisation d’engins explosifs improvisés dans la localité de Mandina, située sur l’axe Maltam-Fotokol dans le département du Logone-et Chari. Si aucune perte en vie humaine n’a été déplorée, l’explosion a fait sauter un camion de transport de marchandises et a provoqué l’arrêt momentané des mouvements des acteurs humanitaires sur cet axe.

Dans le département du Mayo-Tsanaga, durement frappé par l’insécurité les mois de janvier et février, le renforcement du dispositif sécuritaire a permis une stabilisation de la situation et une diminution des mouvements forcés de population. De même, les services de base (écoles, marchés) sont de nouveau fonctionnels à Tourou, situé à 20 km au nord de Mokolo, près de la frontière nigériane, grâce au renforcement du dispositif sécuritaire. Ce renforcement des capacités militaires dans la zone est un facteur favorable à l’amélioration de l’accès humanitaire pour les organisations travaillant auprès des personnes déplacées internes (PDI), nouvelles ou anciennes.

L’évènement le plus marquant de cette période fût l’attaque complexe contre le camp militaire de Rann au Nigéria le 1er mars. Conduite par des hommes portant des uniformes de l’armée nigériane à bord de véhicules militaires, l’attaque a causé la mort de trois personnels humanitaires et l’enlèvement de deux autres. Cet incident met en avant le risque encouru par les humanitaires lorsqu’ils sont à proximité ou à l’intérieur de structures militaires. Les acteurs humanitaires n’étaient cependant pas les cibles directes de l’attaque, ils en furent des victimes collatérales. Par la suite, les Nations Unies et les ONG travaillant auprès des PDI de Rann ont évacué tous leurs personnels, laissant plus de 62 000 personnes vulnérables sans assistance humanitaire. La localité de Rann étant située à quelques kilomètres de la frontière, au niveau de Bodo dans le Logone-et-Chari, cette situation est propice à de nouveaux mouvements de population, y compris vers le Cameroun voisin.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:

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