Cameroun : Aperçu des besoins humanitaires 2019, janvier 2019

BESOINS HUMANITAIRES ET CHIFFRES CLÉS

En 2019, 4,3 millions de personnes ont besoin d’assistance humanitaire dans au moins un secteur, y compris 1 million de femmes, d’hommes, de filles et de garçons déplacés à cause de l’une des trois crises affectant le pays. Au niveau national, les besoins les plus sévères sont la protection, les vivres et moyens de subsistance, ainsi que l’accès aux infrastructures d’eau, d’assainissement et aux services sanitaires et nutritionnels. L’accès à l’éducation, aux abris et aux biens non-alimentaires constitue une quatrième priorité spécifique aux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

BESOINS HUMANITAIRES

Protection

La protection des populations civiles est une préoccupation majeure pour la communauté humanitaire au Cameroun. De graves atteintes aux droits et à l’intégrité physique des populations civiles sont enregistrées quotidiennement. Elles sont soumises à des restrictions de mouvements dues à l’insécurité, à l’instauration de couvrefeu par les autorités, aux opérations villes mortes ordonnées par les groupes armés non-étatiques, particulièrement dans le Sud-Ouest et le Nord-Ouest. Les femmes, les hommes, les filles et les garçons sont particulièrement exposés aux risques de refoulement, de maltraitance, d’enlèvements, de séparation, de recrutement forcé, de détention arbitraire et d’exploitation sexuelle et économique. L’absence de document d’identification accroît considérablement la vulnérabilité à des problèmes de protection.
Plus d’un million de personnes sont en situation de déplacement forcé, certaines difficilement accessibles par les acteurs humanitaires et nécessitant une assistance humanitaire d’urgence.

Santé, Nutrition, Eau, hygiène et assainissement

Près de 1,5 million de personnes ont besoin d’assistance en santé dans un contexte caractérisé par une réduction significative du nombre de formations sanitaires fonctionnelles. Ainsi 58% des formations sanitaires du SudOuest ne transmettent plus d’information de surveillance. Dans cette même région, 24% des formations sanitaires ont fermées et le taux de fréquentation des facilités médicales en ambulatoire a baissé de 46%. L’approvisionnement en eau potable - en quantité et qualité- reste précaire. Plus de 1,8 million de personnes (52% de femmes et 48% d’hommes) nécessitent un accès aux services d’approvisionnement en eau potable et d’assainissement de base. Les taux de malnutrition aigüe demeurent dans les seuils d’alerte (Extrême-Nord et Nord) voire proche du seuil d’urgence (Adamaoua).

Sécurité alimentaire et moyens de subsistance

Près de 3 millions de personnes ont besoin d’une assistance alimentaire, principalement dans l’Extrême-Nord. Malgré une légère baisse des prix de certaines céréales de base et l’assistance alimentaire fournie en 2018, l’insécurité alimentaire reste fortement répandue dans les régions septentrionales de l’Adamaoua, de l’Extrême-Nord et du Nord. Dans ces régions, les effets des sécheresses et inondations s’ajoutent à l’insécurité et à la perte des biens et moyens de subsistance. Dans les régions du NordOuest et du Sud-Ouest, où plus de 70% de la population dépend de l’agriculture, l’insécurité pousse les producteurs à abandonner leurs champs ou à ne pas respecter le calendrier agricole, entraînant une baisse de production et une possible augmentation des prix des denrées de base en 2019. En juillet 2018, une enquête de suivi de la sécurité alimentaire a révélé que 10% des ménages du Nord-Ouest et du Sud-Ouest souffraient déjà d’insécurité alimentaire.

Abris/Articles Ménagers essentiels et Education

Dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, près de 50% des personnes déplacées se sont installées dans les zones rurales et présentent un besoin accru en abris et biens non alimentaires. En zones urbaines, elles vivent dans des conditions de promiscuité difficiles en familles d’accueil ou en location. La plupart des personnes déplacées ont perdu leurs biens mais aussi leur principale source de revenus, l’accès à la terre, les deux régions étant d’importantes zones de production agricole.

Le système éducatif a quant à lui été très fortement impacté par la crise depuis 2017. Dans les zones affectées, des dizaines d’écoles ont été pillées ou détruites, les rendant non fonctionnelles. Plus de 80% de filles et garçons n’ont plus accès à la scolarisation de façon continue à cause de la crise. Beaucoup de parents redoutent d’envoyer leurs enfants à l’école suite aux multiples enlèvements d’enfants et de personnels enseignants par des groupes armés non étatiques en 2018.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:
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