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Cameroun : Aperçu des besoins humanitaires 2016, décembre 2015

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Besoins humanitaires et chiffres clé

Les conflits armés en République centrafricaine et au nord-est du Nigéria ont provoqué l’afflux massif de réfugiés, tandis que les attaques et la violence liées à la présence de Boko Haram sur le territoire du Cameroun ont généré des déplacements internes de populations dans le nord du pays. Les réfugiés et les déplacés sont hébergés dans des zones où les populations sont déjà très vulnérables à l’insécurité alimentaire, à la malnutrition, aux épidémies et où l’accès aux services sociaux de base est limité. Les partenaires humanitaires estiment que 2,7 millions de personnes (dont plus de la moitié sont des femmes et 58 pour cent des enfants) ont urgemment besoin de protection et/ou d’assistance la plus élémentaire.

Déplacements massifs des réfugiés et des Camerounais

Le nombre de réfugiés et personnes déplacées internes (PDIs) au Cameroun a quadruplé depuis début 2014, générant un accroissement brusque des besoins humanitaires tant pour les déplacés que pour les communautés hôtes qui se trouvaient déjà dans une situation de vulnérabilité aigüe avant la crise. Au total, plus de 400 000 personnes ont été forcées de fuir les violences vers les régions de l’Adamaoua, l’Est, le Nord et l’Extrême-Nord, dont plus de 250 000 réfugiés Centrafricains, 65 000 réfugiés Nigérians et 93 000 Camerounais déplacés internes. On estime à plus de 550 000 le nombre de personnes vulnérables parmi les communautés hôtes.

Assistance alimentaire

L’insécurité alimentaire a considérablement augmenté suite à la violence et aux déplacements, affectant aujourd’hui près de 2,4 millions de personnes – dont près de 80% résidant dans les régions du Nord et de l’Extrême-Nord. Près de 250 000 personnes sont en insécurité alimentaire sévère et ont besoin d’une assistance immédiate. Ceci représente une hausse de près de 300% par rapport aux évaluations de Juin 2015. L’insécurité et la violence contribuent à aggraver la situation, limitant les activités commerciales, agricoles et pastorales des communautés ainsi que leurs moyens de subsistance.

Protection des civils

Les populations civiles, surtout les femmes et les enfants, sont prises en étau entre l’aggravation des attaques présumées de Boko Haram et les opérations militaires dans l’Extrême-Nord. Cela engendre de graves atteintes à leurs droits, leur sécurité et leur bien-être psychosocial. Les pillages, attentats, enlèvements et intimidations touchent l’ensemble des civils. Toutefois, les femmes et les enfants sont particulièrement exposés au risque de séparation, de recrutements forcés, de détention arbitraire, d’endoctrinement et d’exploitation sexuelle et économique. Le maintien du droit d’asile est une préoccupation majeure, afin de prévenir le refoulement et d’assurer que les mouvements se font à l’initiative des populations. Dans les zones proches de la République centreafrcaine (RCA) et du Nigéria, en raison de la violence transfrontalière, les besoins en termes de protection sont significatifs.

Accès aux services essentiels: nutrition, santé, eau, assainissement et education

Dans les régions affectées par les conflits dans les pays voisins et la recrudescence de la violence, les ressources locales et services essentiels déjà limités sont mis sous pression par l’afflux des déplacés, ce qui aggrave les vulnérabilités existantes.

A l’Extrême-Nord, le taux de malnutrition aigüe global est passé de 9 pour cent en 2014 à 13,9 pour cent en 2015. Le seuil d’urgence est dépassé pour la malnutrition aigüe sévère atteignant 2,2 pour cent. Au moins 135 écoles ne sont plus en fonction à l’Extrême-Nord, laissant 35 000 enfants (notamment des filles) en besoin urgent d’éducation. Les centres de santé, dont l’accès et la qualité étaient déjà limités, peinent à répondre à ces besoins accrus. En outre, en raison de la violence, 25 centres sanitaires ont cessé leurs activités, laissant ainsi 360 000 personnes sans accès aux soins de santé. A l’Extrême-Nord, seuls 35 pour cent des ménages disposent de l’assainissement adéquat alors que 55 pour cent ont accès à l’eau potable. Le reste de la population utilise et consomme de l’eau en provenance des puits et des rivières, s’exposant ainsi à des risques de maladies.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
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