Bulletin Humanitaire Cameroun Numéro 10 | avril – mai 2019

FAITS SAILLANTS

• EN : Évaluer l’avancement des solutions durables

• Éducation en situation d’urgence, point sur les activités

• NO-SO : Aspect humanitaire, une crise silencieuse

• La Nouvelle Manière de Travailler est une approche intégrée et opérationnelle

CHIFFRES CLÉS

Personnes dans le besoin 4,3 M
Personnes ciblées 2,3 M
Pop. Déplacées interne 682 K
Réfugiés 352 K
Pop ciblées NO-SO 820 K
Retournés 101 K

FINANCEMENTS

299 millions fonds requis (en USD)
13% financés au 6 Mai 2019

Nord-Ouest et au Sud-Ouest : une crise silencieuse

La situation humanitaire dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest s’est détériorée ces derniers mois. Depuis le début de l’année, 1 386 incidents sécuritaires ont été enregistrés. La violence et les affrontements entre les « séparatistes » et les forces gouvernementales, a entraîné une situation d’instabilité et d’insécurité élevées entrainant le déplacement forcé de 444 000 personnes dans ces régions et plus de 35 000 personnes réfugiées au Nigéria. La violence a également interrompu les activités agricoles.

Quelque 312 000 personnes ont besoin d’une aide alimentaire d’urgence, ainsi que d’autres besoins essentiels comprenant les abris, les articles non alimentaires et la protection.
La crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest touche également les régions voisines de l’Ouest (32 000 personnes déplacées) et du Littoral (54 000 personnes déplacées). Cette année, la crise humanitaire a atteint un tournant avec 1,3 million de personnes ayant besoin d’aide humanitaire.

En matière de protection, les violations des droits humains sont autant perpétrées par les entités gouvernementales que par les groupes armés non-étatiques, comme les exécutions extrajudiciaires, la destruction de maisons et d’entreprises, les arrestations arbitraires et la torture, et des violences basées sur le genre (y compris des cas de viol).

Dans le domaine de la nutrition, il y a très peu de partenaires de mise en œuvre dans certains départements et la qualité des soins s’est fortement dégradée à cause des faiblesses du système de santé (chaîne d’approvisionnement, ressources humaines, formations) et de collecte des données (qualité, promptitude et complétude). Le manque de données fiables sur la nutrition pour les régions du Nord-Ouest et Sud-Ouest ainsi que les contraintes d’accès sont également un frein à la réponse.

Dans le domaine de l’éducation, depuis 2018, plus de 300 élèves et enseignants ont été enlevés - puis libérés - et au moins 74 écoles ont été détruites ; 80% d’enfants n’ont pas fréquenté l’école et risquent davantage d’être recrutés par des groupes armés. Il est rapporté plusieurs cas de mariages et de grossesses précoces.

Dans le domaine de la santé, les attaques contre le personnel médical et les infrastructures sont également devenues une caractéristique nouvelle et troublante du conflit avec 70 incidents signalés depuis 2018, y compris le meurtre de deux infirmières. Au moins 40 % des infrastructures de santé ont été détruits et 60% sont partiellement fonctionnels. Le secteur de la santé relève un très faible taux de transmission des informations avec moins de 20% de complétude et de transmission des rapports épidémiologiques.

Le secteur de l’eau, hygiène et assainissement relève un faible taux de financement, soit moins d’un pourcent, ainsi qu’une faible répartition des ressources disponibles à cause du contexte sécuritaire. Ainsi, l’une des contraintes majeures est l’insuffisance des ressources humaines tant en qualité qu’en quantité pour la réponse, mais aussi, la superposition d’une crise humanitaire sur des problèmes structurels.

Dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, l’insécurité et les contraintes d’accès humanitaire couplés au faible financement constituent les principaux freins à la réponse. La faible capacité de cartographie des besoins, la couverture géographique insuffisante des activités humanitaires et la mobilité des populations accentuent les défis opérationnels. La forte perturbation des services étatiques ainsi que la sensibilité des activités d’éducation sont également des contraintes à prendre en compte.

Malgré la présence d’au moins 40 partenaires humanitaires dans le NordOuest et le Sud-Ouest et l’intensification de la réponse humanitaire avec plus de 100 000 bénéficiaires assistés en 2019, les contraintes liées au manque de financement continuent d’entraver la réponse humanitaire et la mise en œuvre d’une réponse plus ambitieuse. En effet, le Plan de réponse humanitaire pour le Cameroun (HRP) a ciblé 820 000 personnes dans ces régions pour 2019.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:
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