Il y a quatre mois, les îles de São Vicente et de Santo Antão, au Cap-Vert, ont été frappées par des pluies torrentielles provoquées par la tempête tropicale Erin. En l’espace de quelques heures, les rues se sont transformées en torrents impétueux, emportant tout sur leur passage.
Des milliers d’habitations ainsi que des infrastructures essentielles ont été détruites ou gravement endommagées. Sans une solidarité nationale et internationale, couplée d’une réponse rapide et coordonnée, de nombreuses familles n’auraient pas pu remonter la pente.
A Bela Vista, l’un des quartiers les plus durement touchés de Covada de Bruxa, à São Vicente, les traces visibles des inondations se sont peu à peu estompées, mais les séquelles invisibles persistent.
Derrière le retour apparent à la normale, des milliers de familles continuent de faire face aux conséquences durables des inondations, luttant chaque jour pour reconstruire leurs vies et retrouver leur dignité.
« Quand l’inondation a commencé, je n’étais pas à la maison. J’ai couru pour rentrer, afin d’essayer de sauver mon enfant qui était resté à la maison et quelques affaires, mais l’eau était déjà partout », raconte Vera Lucia Andrade, mère de six enfants et vendeuse de rue. Comme des milliers d’autres familles, elle a beaucoup perdu.
Vera Lucia is at the bank collecting cash provided by the Cape Verde Red Cross, which she’ll use to restart her vending business.
Photo: Moustapha Diallo/IFRC
Une réponse d’urgence vitale
Dès les premières heures qui ont suivi les inondations, la Croix-Rouge du Cap-Vert, appuyée par l’IFRC, s’est mobilisée. Des centaines de volontaires ont été déployés aux côtés des autorités pour porter secours aux populations affectées. L’IFRC a lancé un appel d’urgence de 3 millions de francs suisses et mobilisé 565 000 francs suisses à partir de son Fonds d’urgence pour les réponses aux catastrophes (DREF) afin de soutenir la Croix-Rouge du Cap-Vert dans l’assistance aux personnes touchées. Des équipes spécialisées, dont des équipes d’intervention d’urgence (ERU), ont également été déployées pour renforcer la réponse.
A ce jour, plus d’un millier de familles ont reçu une aide, notamment des kits alimentaires et des articles ménagers de première nécessité, tandis que plus de 470 familles ont bénéficié d’un soutien sanitaire. Les activités de promotion de l'hygiène ont également touché plus de 8 400 personnes, aidant les communautés à préserver leur santé et leur bien-être.
Two local residents work on rehabilitating a local water supply system that was badly damaged in the flood. The work is supported through a cash-for-work approach, in which the IFRC provides materials and pays community members who carry out the rehabilitation themselves.
Photo: Moustapha Diallo/IFRC
Soutenir le relèvement des familles les plus vulnérables
Alors que la phase d’urgence laisse progressivement place au relèvement, l’accent est désormais mis sur la restauration des moyens de subsistance. Quelque 580 ménages à São Vicente et de Santo Antão, ont commencé à recevoir une assistance en espèces de 26 000 escudos cap-verdiens (CVE), soit 235 euros afin de les aider à répondre à leurs besoins essentiels.
Pour Vera Lucia, cheffe de ménage, ce soutien est déterminant.
« Je compte redémarrer et développer mon petit commerce. C’est la seule source de revenus pour mes enfants », confie-t-elle. « J’espère plus tard construire un mur de protection derrière la maison pour faire face à de futures inondations ».
« J’apprécie très sincèrement le soutien de la Croix-Rouge », dit-elle. « En tant que vendeuse de rue, je n’avais pas pu travailler depuis les inondations. Grâce à l’argent que j’ai reçu, je pourrai relancer et développer ma petite activité et subvenir aux besoins de ma famille. J’espère aussi, plus tard, construire un mur de protection derrière ma maison afin de mieux résister aux futures inondations. »
Parallèlement à cette assistance en cash, la Croix-Rouge du Cap-Vert, avec l’appui de l’IFRC, soutient la réhabilitation des systèmes communautaires d’approvisionnement en eau, gravement endommagés par les inondations à Santo Antão. La remise en service de ces infrastructures est essentielle pour prévenir les risques de maladies hydriques et renforcer la résilience des communautés.
« Ici à Ribeira Da Cruz, les habitants dépendent de l’eau potable provenant du bassin versant, dont le réseau a été gravement endommagé. » souligne Vincenzo Buccheri, Chef d’équipe de l’ERU/Water Supply Rehabilitation (Equipe de Réponse d’Urgence/Réhabilitation du Système d’approvisionnement en eau). « Grâce à notre programme Cash for Work (argent contre travail), la communauté réhabilite les infrastructures sans que l’on ait besoin de recourir à des entrepreneurs externes.
« Nous fournissons les matériaux, tandis que les habitants, composés à 50 pour cent de femmes et 50 pourcent d’hommes, réalisent eux-mêmes les travaux. Cette approche renforce à la fois la résilience communautaire et l’appropriation durable des infrastructures »
IFRC and Red Cross staff inspect a water facility refurbished through the IFRC’s cash-for-work programme.
Photo: Moustapha Diallo/IFRC
Maintenir l’élan de solidarité
Pour Julio Mondlane, Responsable des opérations de l’IFRC au Cap-Vert, la transition vers le relèvement exige un engagement durable.
« La réponse d’urgence a permis de répondre aux besoins immédiats de nombreuses populations. Aujourd’hui, notre priorité est d’aider les familles à se relever durablement et à restaurer leurs moyens de subsistance. Cela demande du temps, des ressources et une mobilisation continue des donateurs et des partenaires. Sans cet appui, les communautés les plus vulnérables risquent des rester piégées dans la crise », souligne-t-il.