Côte d'Ivoire

La mission de haut niveau des Nations Unies à Guiglo et Duékoué

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La mission de haut niveau des Nations Unies, conduite par la Représentante spéciale du Secrétaire Général des Nations Unies pour la Côte d’Ivoire et Chef de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI), Mme Aïchatou Mindaoudou, qui a débuté le 23 février dans l’ouest du pays, a visité Guiglo (environ 520 km à l’ouest d’Abidjan), le mardi 25 février 2014.

Sur place, la Représentante spéciale et sa délégation ont eu des séances de travail avec les autorités administratives, les cadres, les élus, la chefferie traditionnelle et les leaders religieux, les associations ainsi que les groupements de femmes.

Le Préfet de la région du Cavally, M. Koné Messamba, le Président du Conseil régional, M. Dagobert Banzio, le Maire, M. Baillet Benoit Severin, le Porte-parole de la chefferie traditionnelle, M. Gui Bernard, la Représentante des femmes, Mme Marie Hortense Tohidje et le Directeur régional de la Santé, Dr Abel Guedé, ont, tour à tour, remercié le Système des Nations Unies pour son appui constant aux populations du Cavally.

Ils ont ensuite exposé les difficultés et les défis auxquels la région est confrontée. Ce sont, entre autres, l’accès à l’eau potable et à l’électricité, l’emploi des jeunes, la construction d’infrastructures sanitaires, la réhabilitation et la construction d’écoles, le désarmement des dozos et des groupes armés, la lutte contre la malnutrition infantile, la lutte contre les Violences Basées sur le Genre (VBG) et l’autonomisation des femmes.

Prenant à son tour la parole, la Représentante spéciale leur a expliqué l’objectif de la mission : « Nous sommes venus justement pour évaluer ensemble les besoins des populations afin que les Nations Unies, en appui au Gouvernement ivoirien, apportent leur contribution pour vous aider à relever défis liés à la cohésion sociale, à la sécurité et au développement », a précisé Mme Mindaoudou répondant aux préoccupations soulevées.

A leur tour, les responsables du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), du Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), et de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) ont réitéré leur volonté de soutenir les populations.

Le second volet de la visite de la délégation de haut niveau du Système des Nations Unies a porté sur la visite de projet, les poses de première pierre et la remise d’équipements.

Ainsi, le bloc opératoire et la maternité du Centre hospitalier régional (CHR) ont reçu du matériel médical sur financement du Fonds des Nations.

Ensuite les partenaires de mise en œuvre des projets de réinsertion communautaire (PRC) de l’ONUCI à l’intention des ex-combattants, les ONG ODAFEM et Terre d’Espérance, ont reçu des chèques d’un montant de 66 millions de francs et un moteur de bateau pour les activités de pêche, de commerce et d’élevage.

En outre, Mme Aïchatou Mindaoudou et sa délégation ont posé la première pierre du Foyer polyvalent des jeunes de Guiglo qui bénéficie d’un financement conjoint de l’ONUCI et du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) à hauteur de 21 millions de francs CFA.

Enfin, l’Ecole primaire publique de Zeaglo a bénéficié d’une enveloppe de 12 millions de francs pour la construction de 3 salles de classe et d’une cantine équipée dans le cadre du Programme de projets à impact rapide de l’ONUCI (Qips).

Signalons que la Représentante Spéciale a accepté de parrainer le prochain Festival de masques pour la promotion de la cohésion sociale prévu au mois d’avril, initié par le Conseil régional, à la demande de son Président Dagobert Banzio.

À l’étape de Duékoué et de Bangolo où la délégation s’était rendue la veille, il a surtout été question de renforcement de la cohésion sociale. Au cours des diverses rencontres qu’elle a eues avec la société civile, la Représentante spéciale a rappelé l’objectif de cette tournée de cinq jours dans l’ouest qui est d’échanger avec les différentes composantes de la société en vue d’explorer les voies et moyens d’un soutien approprié de l’ONU pour la prise en compte des principales préoccupations de la région, conformément au mandat de la Mission. « Il s’agit surtout de vous écouter, de discuter avec vous et de voir ensemble comment l’ONUCI et le Système des Nations Unies peuvent mieux vous accompagner dans vos efforts de cohésion et de stabilisation de la région », a-t-elle expliqué. « La Résolution 2112 du Conseil de sécurité de l’ONU demande d’accorder beaucoup plus d’attention à la zone ouest », a ajouté la Chef de l’ONUCI.

Depuis des décennies, l’Ouest ivoirien souffre des crises successives qu’a connues la Côte d’Ivoire.

Mme Mindaoudou a salué les efforts déployés par les autorités préfectorales, administratives, coutumières et religieuses en vue de trouver des solutions aux problèmes existants dans leur région, les exhortant à poursuivre sans relâche leur travail de renforcement de la paix, de réconciliation et de cohésion sociale.

Les chefs traditionnels, les femmes et les jeunes ont exprimé leurs préoccupations et formulé des doléances. Tous les interlocuteurs ont unanimement souligné la bonne coopération entre l’ONUCI et les diverses couches des populations et qualifié de positif le niveau sécuritaire dans leur région, grâce aux patrouilles de l’ONUCI avec les Forces de sécurité ivoirienne, ainsi que la bonne coordination de l’ONUCI avec les agences du Système des Nations Unies pour un soutien plus efficace aux populations.

Les populations du Guemon et du Cavally ont sollicité un accompagnement plus accru des partenaires au développement et un soutien de l’ONUCI en vue de la mise en œuvre de certains chantiers, notamment des activités génératrices de revenus. Les problèmes récurrents de conflits fonciers, la problématique de l’emploi des jeunes, le manque d’infrastructure et le retour des réfugiés ont constitué les thèmes majeurs des échanges à Duékoué et à Bangolo.

Le Coordonnateur humanitaire, M. Babacar Cissé, a expliqué le rôle d’accompagnement du Système des Nations Unies. « Au sortir d’une crise, les besoins sont immenses et c’est pour cette raison que nous soutenons le Plan National de Développement (PND) qui est une opportunité pour le pays de relancer son économie et de contribuer à l’amélioration des conditions de vie des populations », a-t-il indiqué.

« Les besoins de la Côte d’Ivoire post conflit sont immenses ; beaucoup a été fait mais beaucoup reste à faire », a ajouté M. Cissé qui a, dans ce contexte, expliqué l’apport de certains partenaires au développement tel que la Banque mondiale qui a démarré son projet post conflit en 2007 pour un montant de 60 milliards de FCFA ainsi qu’un montant additionnel de 30 milliards CFA dont l’une des quatre composantes est la gestion des projets et le renforcement des institutions, ainsi que la réalisation communautaire.
 « 91 sous-préfectures et 16 préfectures ont été construites, nous avons aussi des programmes de distribution de semences ainsi que l’aménagement de 15 hectares de bas-fonds, initié par la FAO, nous assistons au retour des réfugiés, accompagnons le Gouvernement dans son programme de désarmement et de démobilisation ... Bref beaucoup d’actions ont été menées et continuent d’être menées sur le terrain », a fait savoir le Coordonnateur humanitaire.

La Représentante spéciale et son adjoint ont exhorté les populations à s’unir pour pouvoir bénéficier des projets financés par les partenaires internationaux. Ainsi, à Duékoué, Mme Mindaoudou a encouragé les femmes à se mobiliser davantage et à s’unir pour faire bouger les choses. « Vous avez pris une part active dans le retour à la paix, à la réconciliation nationale et à la cohésion sociale, ne baissez pas les bras », a lancé le numéro un de l’ONUCI avant de leur demander de continuer à tenir leur rôle. La présidente de la Coalition des Femmes Leaders pour la Lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles de Duékoué (un groupement de 31 associations et groupements de femmes), Mme Minata Ouédraogo, a dressé un triste tableau des violences, indiquant que Duékoué était l’une des villes qui enregistre un taux élevé de Violences Basées sur le Genre (VBG).

« En 2013, nous étions à 181 cas de VBG contre 241 cas en 2012 et cela grâce aux actions de la coalition et de l’ONUCI », a noté Mme Ouédraogo qui s’est toutefois dite satisfaite de la baisse relative de cette violation des droits de la femme.

La Représentante spéciale a donné une suite favorable à la création d’un centre d’écoute qui sera financé à travers un projet à impact rapide (QIPs) de l’ONUCI. La voix des femmes venait ainsi de résonner dans la région du Guemon.

Enfin, la Chef de l’ONUCI et sa délégation ont visité le projet de réhabilitation d’un bas fond communautaire par les populations de Niambly initié par le Programme Alimentaire Mondial (PAM), la cantine scolaire ainsi que la radio du Guemon.

Après les étapes de Guiglo, de Man et de Duékoué, la mission de haut des Nations Unies poursuit sa visite avec l’étape de San Pedro dans le Bas Sassandra et de Daloa dans le Haut Sassandra, le 27 février 2014.

Cette mission comprend des représentants des agences du Système des Nations Unies, notamment, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) et la Banque Mondiale.Après les étapes de Guiglo, de Man et de Duékoué, la mission de haut des Nations Unies poursuit sa visite avec l’étape de San Pedro dans le Bas Sassandra et de Daloa dans le Haut Sassandra, le 27 février 2014.