Côte d'Ivoire

FAO Côte d'Ivoire - Progrès vers la fin de la rage d'ici 2030

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24/09/2020 En Côte d'Ivoire, la rage est endémique. Pour l'éradiquer, depuis janvier 2017, tous les secteurs impliqués dans la santé publique ont donné la priorité à cette maladie animale en élaborant une stratégie nationale de lutte intégrée contre la rage afin d'atteindre l'objectif mondial de zéro cas de rage humaine d'ici 2030. Cette stratégie triennale (2016-2018) a été élaborée selon une approche transdisciplinaire et "Une Seule Santé", par un groupe de travail sur la rage impliquant des acteurs de la santé publique, la santé animale et l'environnement.

René Bessin, Chef Pays du Centre d'urgence pour la lutte contre les maladies animales transfrontières (ECTAD) de la FAO explique l’importance de cette stratégie « En Côte d’Ivoire, le l’Institut National de l’Hygiène Publique (INHP) de Côte d’Ivoire enregistre chaque année en moyenne 20 décès liés à la rage. Mais selon les estimations basées sur un modèle appliqué par l’alliance Mondiale pour le Contrôle de la Rage, ce chiffre serait de 569 décès annuels et la couverture vaccinale des chiens de 0,80 pourcent». Une autre avancée importante du pays, qui s'est engagé dans la lutte mondiale contre cette zoonose, transmise de l'animal à l'homme, est la création d'un groupe de recherche multisectoriel et multidisciplinaire pour faire le point sur la situation de la rage. Ce groupe a réussi à estimer la population canine en Côte d'Ivoire à 1,5 million de chiens, à calculer le taux de morsures dans les foyers à une moyenne de 2 pour 1 000 habitants et à identifier l'impact de la sensibilisation, avec 70% des victimes de morsures qui se sont vaccinées par un protocole intradermique gratuit. C'est précisément cette prise de conscience des effets négatifs de la rage et de la possibilité de décès suite à une exposition à une morsure qui a alerté la communauté, augmentant sa vigilance et sa participation. À titre d'exemple, ces séances de sensibilisation de la communauté ont permis de multiplier par huit le nombre de cas de rage animale signalés dans le département de Bouaké.

La Côte d'Ivoire a également mis en œuvre un autre outil pour éradiquer la rage : l'évaluation par l'outil SARE (Stepwise Approach towards Rabies Elimination), développé pour guider la planification, le suivi et l'évaluation des programmes de lutte contre la rage. Les évaluations SARE réalisée en 2016 et 2018, ont permis de vérifier que la Côte d'Ivoire était passée du niveau 1 à 2,4 sur 5, ce qui signifie que c’est un pays où une stratégie nationale de lutte contre la rage a été élaborée et est mise en œuvre.

L’engagement la collaboration et la vaccination, un atout majeur pour l’élimination de la rage

La vaccination des chiens est la clé pour arrêter la transmission de la rage entre chiens, et des chiens aux humains. En prévenant la transmission de la rage à la source, la vaccination des chiens est un moyen rentable et durable de sauver des vies. Aussi, la lutte contre la rage à la source animale est une des stratégies adoptées par la Direction des Services Vétérinaires. Avec l'appui de ses partenaires dans cette lutte (FAO, OIE, OMS, USAID, GARC, entre autres), la Côte d'Ivoire réalise une campagne pilote de vaccination de masse de la population canine tous les ans, démontrant ainsi la faisabilité d'atteindre les objectifs de couverture vaccinale au niveau départemental.

En 2019, par exemple, l'antenne régionale de l'Institut National d'Hygiène Publique (INHP) Bouaké en collaboration avec le service vétérinaire local a célébré la 13ème Journée mondiale de lutte contre la rage au niveau régional dans la ville de Sakassou. En effet la région de Gbêkê signale en moyenne un cas de rage humaine confirmé et trois à cinq cas de rage canine chaque année. Comme signalé par le Directeur des Services Vétérinaires, M. Kouadio Adaman « la rage fait chaque année des victimes au sein de la population. La situation de la rage est qualifiée de ''grande préoccupation'' et les autorités de la Côte d’Ivoire visent à éradiquer la maladie d'ici à 2030. »

En effet, les autorités nationales collaborent avec les partenaires au développement et s'efforcent d'impliquer tous les acteurs, dont les institutions publiques, les acteurs non-étatiques, le monde universitaire, les organisations internationales et les pays. Des actions coordonnées de plaidoyer et d'investissement au niveau national ont déjà contribué à susciter la confiance des donateurs. Les avancées réalisées en 2018 sont encourageantes. L'ambition est de continuer à renforcer le soutien des populations à l'échelle locale et nationale et à maintenir l'implication des décideurs politiques afin que la Côte d’Ivoire puisse devenir indemne de la rage transmise par les chiens d’ici à 2030