Côte d'Ivoire + 1 more

Cartographie et profil socio-économique des communautés de retour en Côte d’Ivoire (novembre 2018)

Source
Published
Origin
View original

Attachments

INTRODUCTION

LE CONTEXTE IVOIRIEN

La Côte d’Ivoire est un pays de destination majeur en Afrique de l’Ouest pour les travailleurs migrants des pays voisins de la CEDEAO. Selon le gouvernement ivoirien, en 2013, les migrants représentaient 24% de la population ivoirienne4 , attirés par le dynamisme économique de la Côte d’Ivoire. L’attrait de la Côte d’Ivoire est facilement expliqué par des atouts certains : une performance de 7.6% de croissance en 20175 , une cinquième année consécutive de croissance forte suite à la sortie de la crise post-électorale en 20126 , un secteur agricole « puissant et diversifié (1er producteur mondial de cacao et parmi les premiers producteurs de café, coton, caoutchouc), une façade maritime de 520 km et un grand potentiel de ressources minières. »

Le graphique ci-dessous témoigne de la vigueur et de la croissance de l’économie ivoirienne, qui dispose du plus fort PNB par habitant parmi les pays de l’étude OIM – à l’exception notable du Nigeria, placé en tête par ses ressources naturelles et pétrolières en particulier. Pourtant, comme ses voisins d’Afrique de l’Ouest, la Côte d’Ivoire souffre de maux qui limitent encore son développement économique et font souvent de la croissance un trompe-l’œil pour une grande partie de la population : d’une part, des disparités socioéconomiques réelles subsistent entre zones urbaines et rurales, y compris au sein d’une même région ; d’autre part et corrélativement, les dividendes de la croissance économiques ont encore peu touché les ménages des trois derniers quintiles. Le primat de la production agricole rend par ailleurs la croissance fragile et volatile, comme en témoignent les importantes variations de certains des produits d’exportation (coton, huile de palme, anacarde, et surtout café et cacao).

Aussi, la Banque Mondiale rappelle-t-elle que malgré les atouts du pays le niveau des revenus par habitant en Côte d’Ivoire reste encore « inférieur à celui du début des années 1980 et vient juste de rattraper celui atteint en 1990 » 8 – à cause de la récurrence des crises politiques, d’une difficulté à passer d’une économie traditionnelle à un modèle plus moderne, de faibles capacités technologiques dans le domaine de la transformation (première ou seconde) qui captent une partie importante de la marge, mais également d’une faible augmentation de la productivité du travail (y compris dans la production agricole).

L’approche purement économique fournit-elle cependant une clé explicative suffisante pour comprendre non seulement l’attraction exercée par le pays sur les autres pays de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), mais aussi un phénomène contraire et relativement nouveau par son ampleur : l’émigration irrégulière de jeunes ivoiriens vers l’Europe ? Si 3,772 Ivoiriens arrivaient en Italie par bateau en 2015, ce chiffre a connu une hausse de 229% en 2016 avec 12,396 arrivées. Le phénomène reste considérable malgré une légère baisse en 2017-2018, avec 9,718 arrivées entre janvier 2017 et avril 2018.

International Organization for Migration
Copyright © IOM. All rights reserved.