Côte d'Ivoire

Retranscription du point de presse hebdomadaire de l’ONUCI du 29 mars 2013

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Bert Koenders, Repésentant special du Secrétaire général de l’ONU pour la Côte d’Ivoire - Mesdames, Messieurs les représentants des media, bonjour et bienvenue au Siège de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) pour cette conférence de presse. J’ai tenu en effet à vous faire une communication. Je voudrais en particulier évoquer avec vous les élections locales couplées prévues le 21 avril prochain, et le rôle de l’ONUCI dans ce contexte.

Mais permettez-moi avant d’entamer ce sujet, d’évoquer la situation sécuritaire, à l’ouest, théâtre ces deux dernières semaines de deux attaques meurtrières, après une assez longue période d’accalmie et dans un contexte - il faut le dire car c’est important - d’amélioration progressive de la situation sécuritaire sur l’ensemble du territoire.

Mesdames et Messieurs,

L’analyse de la situation actuelle reflète la nécessité de nouveau de prioriser l’Ouest. Mais elle reflète aussi et surtout la nécessité de prioriser l’adoption d’une triple stratégie nationale qui traite dans une approche commune, des problèmes fonciers, de la sécurité et de la réconciliation, trois éléments clés pour l’Ouest.

Les questions foncières, on le sait, constituent les racines profondes de nombreuses tensions et conflits dans le pays, et ce sur tout le territoire, y copris dans le nord ou je me suis rendu cette semaine. Le foncier peut également être exploité à des fins opportunistes par des certains acteurs pour diviser les populations. Il est essentiel de trouver les moyens d’éviter cela.

La Mission, via ses bureaux de terrain travaille déjà beaucoup dans ce domaine, notamment en renforçant les capacités des autorités, leaders traditionnels et communautés en matière de prévention de conflit et de résolution pacifique de différends. Mais cela ne suffit pas. Il faut que cette problématique devienne une priorité nationale. La première urgence consiste à amorcer des discussions consensuelles dans le pays pour chercher des pistes de solutions à ce problème complexe.

Les conflits fonciers dans les villages des zones frontalières de la Côte d’Ivoire reflètent non seulement la faiblesse de la gestion foncière mais sont aussi source des tensions permanentes entre les communautés et avec les migrants. Cette problématique est un frein important à la réconciliation et à la cohésion sociale.

J’ai rencontré ce matin le Ministre des Eaux et Forets à ce sujet. Nous avons longuement discuté de ces questions - les Nations Unies ont mis sur pied un groupe de réflexion sur le foncier qui en consultation avec le Gouvernement ainsi que le parlement, examine des pistes d’assistance que nous pourrions apporter dans ce domaine. Nous plaidons pour une approche consensuelle et largement participative ; Nous recommandons davantage d’efforts en matière de prévention et de gestion pacifique des différends. Les préfets notamment, devraient être en mesure de jouer un rôle plus important dans ce domaine. Et une chose est certaine : la violence ne résoudra rien.

Je voudrais revenir quelques instants sur les attaques de Zilebly et de Petit Guiglo. Ces dernières, comme vous le savez, ont causé, et nous le déplorons vivement des pertes en vie humaine, d’importants déplacements de populations, et la destruction de nombreuses maisons. La communauté humanitaire est à pied d’œuvre, aux côtés des autorités locales, au chevet de ces populations, que l’on estime au moins trois mille personnes, suite aux deux dernières attaques. Et nos forces également, pour les sécuriser mais aussi en appuyant l’assistance par la fourniture d’eau potable.

Nous voudrais aussi saisir cette occasion pour saluer la réponse des Forces de sécurité nationales qui ont tout fait pour repousser les assaillants et protéger les populations des villages dont ils avaient la garde, lors de ces incidents ainsi que dans le cas de la tentative déjouée d’attaque de Touibly.

L’ONUCI quant à elle, dès qu’elle a été informée des incidents, a immédiatement envoyé des renforts dans la zone pour la sécurisation des populations. Nous avons également intensifié nos patrouilles terrestres et aériennes en appui des Forces de sécurité nationales pour dissuader de nouvelles attaques.

Bien sûr, ces événements ont créé la désolation et un sentiment de panique au sein des populations de la région. Mais je voudrais lancer un appel au calme. Avant-hier encore, j’ai eu une réunion avec le Ministre en charge de la Défense, sur les questions de sécurité, et nous avons longuement discuté du renforcement du dispositif de sécurité actuel, dans le contexte pré électoral, et bien entendu nous avons aussi évoqué la situation à l’ouest. Des dispositions importantes dans ce sens ont déjà été prises.

Deux hélicoptères de combat de l’ONU sont venus renforcer nos effectifs pour la période pré électorale, et appuient désormais le dispositif des FRCI et de l’ONUCI en place sur le territoire, y compris bien entendu, à l’ouest du pays. Nous continuerons de nous adapter aux circonstances. Nous sommes déterminés à stabiliser le pays et des citoyens, rien ne nous détournera de notre objectif.

Mesdames messieurs,

J’en viens à présent aux élections régionales et municipales, prévues le 21 avril prochain. Permettez moi d’emblée de lancer un appel pressant ; un appel au sens des responsabilités des acteurs politiques. Le bon déroulement de ces élections dépend principalement de vous.

Contrairement aux précédents scrutins, l’organisation des prochaines élections - attendues de tous car présentées comme des élections de « développement » - relève de la responsabilité souveraine de la Côte d’Ivoire. Et c’est là un signal fort de normalisation institutionnelle et de stabilité.

Contrairement aux élections présidentielles et législatives - le Conseil de sécurité n’a pas donné de mandat spécifique à l’ONUCI en ce qui concerne l’organisation des prochaines élections. Notre appui à ce processus – s’inscrit donc dans le cadre large de l’exécution de notre mandat dont les grands axes sont la protection des civils et l’appui à la sécurisation ; la réforme du secteur de la sécurité, le renforcement de l’Etat de droit, et l’appui à la réconciliation et à la cohésion sociale.

Mesdames, Messieurs,

Je voudrais vous dire que nous sommes confiants que les autorités compétentes sont en train de tout mettre en œuvre pour que les populations s’approprient ce processus et puissent se rendre aux urnes massivement pour exercer leur droit de vote en toute liberté.

Nous souhaitons également que ce processus électoral soit transparent, démocratique, libre, et qu’il réponde aux normes et aux standards internationaux, comme souhaité dans la Résolution 2062 du Conseil de sécurité. Le respect de ces normes et standards internationaux est rappelons le, indispensable pour des élections crédibles et démocratiques et la légitimité des élus en est tributaire.

Nous encourageons tous les acteurs ayant un rôle républicain et neutre à jouer dans ce processus, agents de la CEI, éléments des forces de l’ordre, autres autorités, mais aussi bien entendu les partis politiques, candidats, et supporters à adopter une attitude responsable et exemplaire, et à s’engager sans réserve pour que durant toutes les phases du scrutin, c'est-à-dire avant, pendant et après, le droit électoral de chaque citoyen soit respecté. La liberté de réunion, la liberté d’expression, la liberté d’assister au meeting de son choix, la liberté de choisir son candidat sont des éléments fondamentaux qui seront également des baromètres de démocratie pour la Côte d’Ivoire. je voudrais aussi rappeler que l’utilisation des fonds publiques à des fins de financement de campagnes de candidats est illégale.

Nous invitons les partis et groupements politiques, les candidats et leurs militants ainsi que la population dans son ensemble au fair-play et au respect jeu démocratique L’acceptation du verdict des urnes et la saisine des juridictions compétentes en la matière en cas de recours seront des gages d’un environnement électoral apaisé.

Ces élections locales couplées constituent un tournant décisif et un test important pour la démocratie.

Il est important que toute intimidation, violence soit proscrite et que ce processus s’effectue dans la transparence. Le monde suivra - j’en suis convaincu - attentivement le déroulement de ce scrutin, et quand je parle du monde, il s’agit des partenaires actuels, potentiels, des Nations Unies mais aussi des populations d’ici et d’ailleurs. , La Côte d’Ivoire a les capacités - à travers un scrutin transparent, démocratique et libre - de donner un signal fort à tous ceux qui se posent peut être encore des questions sur le devenir de ce pays.

Mesdames, Messieurs,

Quelle sera la contribution de l’ONUCI pour un bon déroulement de ces élections, me demanderez vous : En vertu de notre mandat de protection des civils, que nous confère la Résolution 2062 nous apporterons principalement un appui à la sécurisation des populations et de l’environnement électoral et dans ce sens, nous travaillons actuellement étroitement avec les autorités compétentes et la Commission électorale indépendante pour une intégration concertée de nos effectifs dans le dispositif national de sécurisation des élections. J’ai eu déjà des réunions avec les différents ministères concernés et la CEI

Sur le plan technique, la Division de l’Assistance Electorale (DAE) de l’ONUCI au sein de laquelle, plus de 140 personnes officiaient n’est plus fonctionnelle. Notre mandat de certification s’est achevé le 20 février dernier avec la certification des dernières élections de sortie de crise. Nous avons néanmoins mis sur pied une petite cellule qui nous sert d’interface avec la Commission Electorale Indépendante en particulier en matière de conseil et d’appui technique. Par nos efforts de sensibilisation sur le terrain, nous mettons tout en œuvre pour contribuer à promouvoir un environnement électoral apaisé et à la prévention des conflits.

Les partis et groupements politiques, les candidats, les militants et la population dans son ensemble devront jouer leur partition avant, pendant et après le scrutin. Je voudrais également rappeler les engagements pris par les partis et groupements politiques lors de la signature du Code de Bonne Conduite le 24 avril 2008, en présence du Secrétaire général de l’ONU, M.Ban Ki- moon, attachement renouvelé en 2010. Permettez moi d’en lire un extrait : «Les signataires s'engagent à respecter le verdict des urnes, à n'utiliser que la procédure judiciaire pour contester éventuellement les résultats des élections et s'interdisent également d'utiliser la violence sous toutes ses formes ». Par cet Acte, ils ont proclamé leur attachement à des élections libres, régulières, transparentes et ouvertes à tous.

Mesdames, Messieurs de la presse,

Outre les appuis précédemment énoncés, l’ONUCI suivra avec attention le déroulement des différentes étapes de la campagne électorale au scrutin jusqu’aux résultats du vote.

Les « aspirants » auteurs d’appels à la haine, à la violence, à l’intolérance ou d’intimidation qui constituent des entraves au déroulement pacifique et paisible de ces élections doivent savoir qu’ils seront passibles de poursuites judiciaires et tenus responsables de leurs actes. En vertu de son mandat, la Mission sera particulièrement vigilante face à toute menace, d’où qu’elle vienne, s’agissant de ce scrutin que nous souhaitons apaisé

Les journalistes professionnels que vous êtes avez, lors des scrutins précédents, contribué dans le respect de l’éthique et la déontologie, à leur bonne tenue et surtout, avez laissé la CEI jouer son rôle pour la proclamation des résultats.

Vous aurez sans aucun doute dans quelques jours davantage de lecteurs, d’auditeurs ou de téléspectateurs du fait de la campagne, des attentes des populations qui au-delà de la sensibilisation pour des élections apaisées.

Je voudrais conclure ce chapitre en partageant avec vous, la confiance qui est la mienne quant à l’esprit démocratique du peuple ivoirien. Je souhaite plein succès aux institutions ivoiriennes qui ont la charge de l’organisation de ces élections locales couplées dont le succès contribuera à n’en pas douter à asseoir les bases d’un développement durable au bénéfice des populations et permettra à la Côte d’Ivoire de se tourner vers d’autres défis.

Permettez-moi de terminer mes propos en évoquant quelques questions relatives à la justice. Vous le savez, dans quelques jours, la Cellule Spéciale d’Enquête doit démarrer ses opérations d’exhumations des corps des personnes décédées durant la crise qui ont été inhumés dans des fosses communes ou tombes individuelles au sein des quartiers d’Abidjan ou des villages à l’intérieur du pays. L’ONUCI réitère son soutien à cette opération, qu’elle appuie d’ailleurs, notamment via des équipements qui ont été remis il y a quelques jours au Ministère de la Justice. Cette opération est une « contribution importante au service d’une justice équitable, attendue des citoyens dans le pays.
Dans le même sens, afin de faire avancer la cause de la justice équitable : l’ONUCI soutient le plaidoyer de la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH), de ses partenaires ivoiriens et du Gouvernement ivoirien, afin que les enquêtes relatives à l’attaque du camp de déplacés de Nahibly de juillet 2012 et aux découvertes de sites de fosses communes à Duekoue depuis octobre 2012 soient poursuivies et menées à terme. L’ONUCI l’a dit a maintes reprises, les auteurs de ces crimes ne sauraient rester impunis. L’ONUCI appuie les efforts dans ce cadre et continuera à le faire. La Mission a d’ ailleurs formellement reçu une demande du Ministère de la Justice pour un appui technique et logistique pour l’opération de fouille de la douzaine de fosses communes suspectées. Tout est prêt et la Mission attend le signal due la Justice Ivoirienne pour exécuter cet appui.

Enfin, je voudrais chers représentants des media, vous rappeler à des fins de dissémination la plus large possible, que l’ONUCI a ouvert un Centre d’Appels d’urgence (CA) opérationnel depuis le 1er février 2013. Ce centre offre aux individus sur l’ensemble du territoire de la Côte d’Ivoire ou à l’extérieur, la possibilité de joindre d'urgence la Mission par téléphone afin de l’informer rapidement de cas de violations ou exactions des droits de l’homme ainsi que toute autre situation pouvant nuire à la sécurité, la réconciliation et la paix en Côte d’Ivoire. Ceci dans l’objectif de faciliter une prompte réaction/réponse de l’ONUCI et éventuellement des forces de sécurité et de défense ivoiriennes. Le CA est joignable au 06208059 et 20238059 et est ouvert 24/24 et 7/7.]

Voilà. Je vous remercie de votre écoute, je vous souhaite de joyeuses fêtes de Pâques, mais je suis bien entendu prêt à répondre à vos questions.

Questions –réponses

Valérie Bony (BBC) : Bonjour, pouvez-vous nous faire un point de la situation humanitaire après les attaques – Où en est on à l’heure actuelle ?

Bert Koenders, Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU pour la Côte d’Ivoire : Nous avons établi un plan d’action avec le Gouvernement et la communauté humanitaire pour l’assistance aux déplacés. J ai compris ce matin que l’on parle encore de quelque 3000 déplacés. En plus de la protection, nous fournissons de l’eau en appui aux efforts humanitaires. Il y a une coopération étroite entre la famille des Nations Unies et le Gouvernement pour répondre aux besoins humanitaires et assurer la sécurité des déplacés. Le plus important est, évidement, que ces déplacés puissent rentrer chez eux. Je sais qu’il y a encore des problèmes de confiance à ce sujet, et c’est pour cela que je pense que les questions de sécurité sont vraiment les plus importantes.

Maureen Grisot (RFI) : J’étais à Zilebly et Petit-Guiglo juste après les attaques et j’ai malheureusement vu des cadavres, notamment ceux de trois miliciens présentés comme des assaillants dont celui d’Oulai Tako, chef milicien présenté comme Pro Gbagbo, du Front de Libération du Grand Ouest pendant la crise, commandant de la section du Front à Blolequin. Il y a eu un exercice militaire organisé par les Forces libériennes et ivoiriennes appuyées par l‘ONU dans cette zone fin décembre, début janvier. Ces assaillants viennent du Libéria, c’est en tout cas ce qu’affirment les autorités, alors pourquoi n’est on pas capable de sécuriser cette zone frontalière ? Il y a des postes frontaliers abandonnés… j’ai du mal à comprendre.

Bert Koenders : Merci de votre question. Et merci de votre présence sur le terrain, car je crois qu’il est très important de voir la réalité des faits. Je ne peux pas vous confirmer les éléments que vous soulevez concernant les assaillants – Je n’ai pas d’information qui me permette de dire c’est x ou y qui a commis cela. Notre police a été instruite de suite les personnes qui ont été arrêtées dans le cadre de ces attaques, et de rassembler plus d’informations. Je crois qu’il faut être prudent avant de dire qui est à la base de ces attentats. Néanmoins, nous suivons cela de près, et ce que vous dites est important, il y a des possibilités de liens avec des éléments au Libéria.

Je voudrais dire deux choses pour répondre à votre question sur la sécurisation de cette zone de la frontière avec le Libéria: Ce serait impossible, même avec 150.000 hommes, de contrôler la circulation de chaque personne qui traverse cette frontière. Cela ne veut pas dire que l’on ne peut rien faire. Et Il y a des individus qui travaillent avec des individus dans le pays pour organiser des attaques. Que peut-on faire ? Le plus important, c’est d’avoir de bons services de renseignements, d’avoir les informations à temps, à temps, d’avoir des patrouilles conjointes des deux côtes de la frontière, mais aussi d’aller jusqu’aux racines des problèmes. Il y a des questions de foncier, des questions liées aux réfugiés au Libéria, etc. Une réunion quadripartite de haut niveau est prévue la semaine prochaine rassemblant les Gouvernement de la Côte d’Ivoire, du Libéria l’ONUCI et la Mission de l’ONU au Libéria (UNMIL). Je voudrais aussi vous dire qu’il y a beaucoup plus d’ échanges d’informations et de renseignement grâce à ces efforts quadripartites maintenant que par le passé, et que cette étroite collaboration a des répercussions très positives. Certes, il y a eu ces deux attaques horribles, que nous condamnons à nouveau, mais je peux aussi vous assurez qu’il y a certainement eu beaucoup d’attaques empêchées grâce à ce programme intensif de coopération militaro civil entre nos missions et beaucoup plus important, entre les deux Gouvernements. Avant ces deux attaques, la situation est restée relativement calme dans la région pendant une période assez longue. Il faut continuer à renforcer les efforts. Mais c’est une problématique importante. C est pour cela que j’ai fait cette demande au Gouvernement et à tous les acteurs pour que l’on priorise l’ouest dans le cadre d’une approche de sécurité, de prévention de conflit au niveau local et de coopération entre les pays pour prévenir les risques d’attaques.

Robbie Corey-Boulet (Associated Press): In a report that was presented to the Human Rights Council earlier this month, the Independent Expert on Human Rights for Côte d’Ivoire criticized the role that UNOCI peacekeepers had played in the attack on Nahibly last July. What is UNOCI’s response to that criticism and why has there not been a report issued from UNOCI about the events? Thank you very much.

Bert Koenders: Well, first of all, I think the report of the Independent Expert says a lot more than what you just said, it has to be very precise. As you know we have condemned and I find it very serious what has happened in Nahibly. I have given a press conference on this at the end of December during which I made clear what the position of UNOCI is on this. We have made an internal investigation which we always do when something so serious happens, on what has been the actions of the United Nations and I have also made public here my strong conviction is that the United Nations has at that moment reacted appropriately. It was clear that there was a possibility for the United Nations forces present to either shoot at a large amount of people or kill many more people than possibly have been killed, although we don’t know the exact figures right now, I will come to that in a minute, and that we have reacted appropriately. That does not mean that I don’t think that a thorough investigation is necessary into this whole event including the role of all actors, including local actors of the United Nations and so and so forth. That is why I have asked publicly for that, as you know we have done that regularly and I have to tell you that I have the impression - and I mentioned that during the press conference - that there has been certain progress on this. On the issue of the publication of our report first of all, there is a formal reason that I have not made anything public yet because what we do in terms of internal report about the actions of our troops and our police is confidential by the rules and regulations of the United Nations simply because it involves certain personnel and certain countries and so on and so forth. I have communicated to you some of the conclusions that I had in terms what I think about the behavior of the United Nations and I also said something about the fact that I was disturbed by the fact that during the whole night preceding the attack there seemed to be a large group of people assembling in and around Nahibly and none of the authorities locally have informed the United Nations at that point. I have also made clear that the United Nations has done the maximum for what was at that time the need to improve the security situation in the camp and we have clear agreements with the Government of Côte d’Ivoire as to the mutual responsibilities between the position of the State, they are the only one who can or cannot arrest people and the position of the United Nations. That I have made public. Nevertheless your question is well taken. I think that now we see a movement fortunately - and I applaud that - of a serious investigation by the Government of Côte d’Ivoire. That’s positive. I’m planning to share our conclusions with the Government of Côte d’Ivoire and also willing to make the conclusions of the report without the exact names, etc. public at a moment that there is also a report from the Government. We will have to see a little bit in the coming weeks if there is progress in this investigation. But the most important thing is that we all condemn what happened and that we make sure that the people responsible for this are brought to justice. I have made my position and on the United Nations’ role clear and I’m convinced that it is correct but I don’t have a problem with bringing some of the conclusions to the public at that stage for everybody to judge because I cannot be my own judge.

Robbie Corey-Boulet (Associated Press): Just to quickly follow up on that. One of the specific criticisms in the report was that UN peacekeepers allegedly were turning away people who were approaching them for refuge or assistance. Has there been any corroboration of that by the UN or any review of how the individual peacekeepers acted at the time?

Bert Koenders: The information that I have in this internal report does not substantiate at all that analysis. On the contrary, I know that some of people had been very active in trying to do what they could. They did everything possible and if there are questions around that, I would be happy to investigate this again. But I do not have any information of that kind; on the contrary, I know actually that they had turned away the Dozos early in the morning. Very clearly they did not allow them to come into the camp but I have told you the way how we were warned at a very late stage when there was already a whole movement which nobody had foreseen, nor a local actor, nor an international actor; and could not have foreseen. It is very easy to say after the fact but I think there was no reason to believe that a thousand people will come to burn down a camp. At that point, our people took the right decision – the balance between protection of people/the amount of people and the shooting of civilians.

Ben Diakité (ONUCI FM): J’ai juste deux préoccupations. La première est relative à la situation des personnes détenues. C’est vrai que dans le dossier judiciaire de votre exposé, vous avez parlé des camps de Nahibly et des violations des droits de l’homme. Mais concernant les personnes qui ont été arrêtées dans le cadre de la crise postélectorale, est ce que vous avez échangé avec le Gouvernement pour savoir s’il y a des dates qui sont arrêtées pour que justice soit rendue ; s’ils sont coupables ou pas. Est-ce qu’il y a eu des négociations dans ce sens ? Je voudrais aussi revenir sur le camp de Nahibly. Depuis un certain moment, l’ONUCI demande que les résultats des enquêtes soient publiés. Cela fait quand même un bon moment que l’ONUCI le demande et vous l’avez-vous-même dit : les faits se sont déroulés en juillet 2012. Est-ce que du côté du Gouvernement on vous explique pourquoi jusque là les résultats ne sont pas rendus publics? Qu’est ce qui coince ?

BK : Sur la première question, non, nous ne sommes pas « en négociation » avec le Gouvernement sur la justice des gens qui ont été arrêtés après la crise électorale. Ce n’est pas à nous de négocier le sort des individus qui ont été arrêtés mais il est bien clair que dans la Résolution 2062, il est y a une partie spécifique qui dit que tous les gens qui ont été arrêtés doivent être informés de leur sort et qu’il y a des règles à suivre, des normes nationales et internationales. Ce sont ces demandes là qui sont faites au Gouvernement. Dans notre appui au renforcement de l’Etat de droit, nous donnons aussi un soutien à la cellule d’investigation. Bien sûr, Il est important que la justice se fasse selon les règles nationales et internationales. Il n’y a pas de négociation, ce n’est pas notre rôle, c’est la justice ivoirienne qui doit jouer son rôle. Concernant la deuxième question, je suis assuré qu’en ce moment une enquête est en cours. Je trouve cela positif et j’aimerais le saluer, c’est important. Nous avons offert tout le soutien au niveau technique, pour faire avancer cette enquête par le Procureur. L’ONUCI est prête à avancer (le Ministre de la Justice ayant fait la requête de soutien) avec tous les éléments de protection des gens ou des exhumations. D’autres questions ? Sinon, j’aimerais vous remercier et vous souhaiter une bonne fête de Pâques.