Côte d'Ivoire

Nouvelles violences au sud, militaires et ethnies impliqués

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Des éléments des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci) ont été impliqués dans de nouveaux épisodes de violences qui se sont vérifiés à Sikensi, localité méridionale à environ 60 kilomètres de la capitale économique, Abidjan. D’après les derniers bilans officiels diffusés par la presse locale, quatre personnes, dont deux jeunes, ont été tués et une quinzaine ont été blessées dans les combats ayant opposé des soldats à des civils de l’ethnie autochtone Abidji, mais aussi quelques citoyens Malinké, originaires du nord du pays. Certains des blessés ont été hospitalisés à Abidjan.

A Sikensi, localité qui soutient l’ex-président Laurent Gbagbo, plusieurs magasins ont été pillés, des habitations incendiées et les principales routes ont été fermées à la circulation. Aujourd’hui la presse ivoirienne avance une possible reconstruction des faits : une altercation entre un soldat et un jeune Abidji, mortellement blessé, serait à l’origine des heurts qui ont ensuite dégénéré en affrontements intercommunautaires. A l’annonce de la mort du jeune, les habitants du village voisin de Bécédi ont pris d’assaut un barrage des Frci, tuant un soldat. Des membres de l’ethnie Abidji ont ensuite mis sur pied des barricades sur les routes de Sikensi pour protester contre le comportement violent des soldats. Des habitants de l’ethnie Malinké leur ont demandé de supprimer ces entraves à la circulation sur la principale route de la localité, se heurtant à des groupes de jeunes Abidji. “La tension a augmenté en présence de Frci qui ont utilisé des armes à feu mais aussi de civils des deux ethnie armés de gourdins et de fusils calibre 12”, rapporte le site d’information “Abidjan.net”. Le calme est revenu seulement dans la soirée après l’envoi de renforts de forces de police et gendarmes soutenus par les casques bleus de l’Onuci. Le ministre délégué à la Défense, Paul Koffi Koffi, s’est rendu en visite sur les lieux des affrontements où il a rencontré les autorités locales et les chefs des communautés impliquées.

Les violences de Sikensi sont mises en relation avec celles qui ont fait six victimes le week-end précédent à Vavoua (centre-ouest). Dans ces deux cas et dans la plupart des autres des éléments des Frci sont toujours impliqués. Pour rétablir la sécurité dans le pays et la discipline dans les rangs de l’armée, la semaine dernière le président Alassane Dramane Ouattara a créé une police militaire, dirigée par le commandant Zakaria Koné, et a rétabli l’autorité des commandants de zone chargés de faire arrêter les hommes impliqués dans des violences et violations des droits de l’homme. Les heurts de de Sikensi sont emblématiques de la “lassitude des populations qui ne sont plus disposées à subir des exactions“, souligne le site d’information “Jeune Afrique”, mais aussi de “l’urgence de mettre en place un mécanisme de réconciliation nationale” entre groupes ethniques qui soutiennent des forces politiques antagonistes.

A six mois de son inauguration, le travail de la Commission dialogue, vérité et réconciliation ne s’est pas encore traduit en mesures concrètes; voulue par le président Ouattara elle est censée pacifier les ivoiriens profondément divisés par la récente crise post-électorale et par le long conflit politico-militaire qui a duré de 2002 à 2007.