Côte d'Ivoire

L'enregistrement met en évidence les besoins humanitaires à l'Ouest de la Côte-d'Ivoire alors que les migrants bloqués à Abidjan trouvent refuge dans les ambassades

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Côte-d'Ivoire - Le personnel de l'OIM dans la ville de Duékoué, à l'ouest de la Côte-d'Ivoire vient de terminer l'enregistrement de plus de 27 500 déplacés internes qui ont trouvé refuge à l'intérieur et autour de la mission catholique romaine salésienne.

L'enregistrement, qui a débuté le 3 avril, a été mené en coordination avec le HCR, le Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM) et l'ONG Caritas.

Il met en évidence les besoins humanitaires majeurs des femmes et des enfants vulnérables, qui représentent la majorité des déplacés.

Malgré la distribution et le stockage quotidien de quelque 9 000 litres d'eau par le contingent des Nations Unies et en dépit de la distribution de tablettes de purification d'eau, l'accès à l'eau potable reste une priorité, en raison des nombreux puits contaminés qui représentent un danger pour la santé.

Les distributions de nourriture organisées par le PAM ciblent actuellement les plus vulnérables des déplacés, notamment les enfants, les femmes enceintes et celles qui allaitent.

L'aide non alimentaire, notamment des fournitures médicales, des kits de lutte contre la malaria, des bâches, des kits de cuisine, des jerricans, des matelas, du savon et des couvertures, est mise à disposition des déplacés dans la mission catholique et dans une église protestante à proximité.

Le personnel de l'OIM sur le terrain rapporte que l'accès aux infrastructures sanitaires reste insuffisant. La mission catholique romaine ne dispose actuellement que de 12 latrines. Les efforts visant à identifier de nouveaux sites plus sûrs où les déplacés pourraient être relogés sont en cours, en vue de réduire les risques sanitaires liés à la vie dans de mauvaises conditions d'hygiène et de surpeuplement.

Parallèlement, l'OIM coopère avec Caritas, avec les ONG locales et les chefs de communautés afin de sensibiliser la population à l'hygiène publique, en mettant l'accent sur le lavage des mains. L'OIM effectue également le suivi des déplacements de population sur la route de Duékoué, Guiglo et Toulepleu, où des milliers de personnes seraient toujours cachées dans la forêt.

Plus de 800 déplacés internes ont été relogées en début de semaine depuis Péhé vers la ville frontalière de Zouan Hounien, où ils reçoivent désormais de l'aide humanitaire.

A Abidjan, la capitale économique, on est sans nouvelles de quelque 3 000 migrants maliens, dont de nombreux femmes et enfants, qui vivent, depuis deux semaines, sans eau ni électricité, dans le sous-sol et dans d'autres pièces de l'ambassade malienne.

D'après les informations reçues en début de semaine, bon nombre d'entre eux ont survécu à des blessures par balle ou à la machette, après avoir été agressés par de jeunes milices armées fidèles au président actuel Gbagbo.

L'OIM s'inquiète également pour un groupe de quelque 450 Mauritaniens qui a trouvé refuge dans son ambassade à Abidjan.

« Nos appels aux belligérants leur demandant de laisser libre accès aux humanitaires pour atteindre la population et permettre l'évacuation en toute sécurité des tous les travailleurs migrants sont restés lettre morte jusqu'à présent », déclare William Lacy Swing, Directeur général de l'OIM. « Nous demandons une nouvelle fois à toutes les parties de ne pas s'en prendre aux civils et aux travailleurs migrants et d'assurer leur protection et leur sécurité. »

L'OIM a reçu la demande d'aider plus de 50 000 migrants bloqués en Côte-d'Ivoire vers la Mauritanie, la Guinée, le Sénégal, le Burkina Faso et le Mali.

En janvier, l'OIM a lancé un premier appel de 3,5 millions de dollars afin de mener à bien une série d'opérations comprenant l'aide aux déplacés internes, aux ressortissants de pays tiers et aux migrants bloqués en Côte-d'Ivoire.

A ce jour, l'Organisation a reçu 1,06 million de dollars de la part du gouvernement américain et du Fonds central des Nations Unies pour les interventions d'urgence. Les fonds de l'OIM doivent être ré examinés dans le cadre de la révision d'un prochain appel de fonds commun pour la Côte-d'Ivoire.

Pour plus d'informations, veuillez contacter:

Jean-Philippe Chauzy Tel: +41.792854366 E-mail: jpchauzy@iom.int ou

Jumbe Omari Jumbe Tel: +41.79 812 77 34 Email: jjumbe@iom.int

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