Côte d'Ivoire

En Côte d'Ivoire, l'UNICEF débarque les premiers approvisionnements destinés aux familles déplacées par le conflit

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NEW YORK, États-Unis, 18 avril 2011- Après quatre mois de conflit, les sombres nuages de l'incertitude politique s'éloignent lentement de la Côte d'Ivoire. Pour la première fois depuis le début de la crise qui a suivi les élections présidentielles de novembre dernier, l'UNICEF a pu faire parvenir ce week-end dans le pays, par voie aérienne, des approvisionnements pour les soins médicaux, la nutrition, l'éducation, l'eau et l'assainissement.

VIDÉO : 16 avril 2011 : le reportage du correspondant de l'UNICEF, Patrice Brizard, sur l'arrivée de l'aide humanitaire acheminée par avion en Côte d'Ivoire. Regarder dans RealPlayer

Des avions cargo affrétés spécialement ont atteint le 16 avril la capitale ivoirienne, Abidjan, ainsi que Man, à l'ouest, et Bouaké, dans la partie centrale du pays.

« Il est toujours difficile pour nos équipes de circuler à Abidjan mais l'UNICEF atteint lentement mais sûrement les personnes pour leur apporter une aide vraiment nécessaire », explique Hervé-Ludovic de Lys, le représentant désigné de l'UNICEF en Côte d'Ivoire.

Jusqu'à présent, les violences en Côte d'Ivoire avaient quasiment empêché les agences humanitaires de fournir l'essentiel aux enfants et aux familles déplacés se trouvant dans une situation désespérée. Récemment, des membres du personnel sont restés bloqués douze jours dans les bureaux de l'UNICEF. Quand ils ont finalement pu sortir pour distribuer de l'aide humanitaire depuis un dépôt, ils ont vu trois personnes se faire tuer.

Grave pénurie de nourriture et d'eau

En raison de la crise, les infrastructures médicales et les systèmes d'assainissement sont au bord de l'effondrement, et la propagation des maladies constitue une autre menace sérieuse. « Il y a un risque élevé de flambée de rougeole et il y a déjà eu trois cas de polio dans le sud du pays. La situation est extrêmement inquiétante », explique à son tour Gaelle Bausson, Chargée de communication en situation d'urgence à l'UNICEF.

De plus, en différents endroits, les approvisionnements en médicaments de base ont fait l'objet de pillage. L'UNICEF a distribué dans un premier temps des médicaments indispensables à 8000 patients à Abidjan ainsi que des biscuits pour traiter les enfants atteints de malnutrition.

L'UNICEF et ses partenaires se sont également hâtés de fournir en eau salubre les zones où les stations de traitement ont cessé de fonctionner. Les organisations humanitaires collaborent avec le gouvernement pour rétablir le traitement des eaux en utilisant des générateurs ainsi qu'en informant la population sur la façon de rendre potable de l'eau non traitée.

La logistique a cependant rendu ce processus très difficile et l'eau non potable représente un grave danger, particulièrement pour les jeunes enfants.

Réponse aux besoins des déplacés

Parallèlement, des centaines de milliers de personnes restent déplacées en raison du conflit. Alors que beaucoup d'entre elles se sont enfuies au Libéria, le pays voisin, la majorité a cherché refuge dans les camps de l'intérieur de la Côte d'Ivoire. Par exemple, le camp de la Mission catholique, dans la ville de Duékoué, à l'ouest de la Côte d'Ivoire, abrite à présent plus de 27 000 personnes qui ont été obligées de quitter leurs villages. Et, dans le camp, les besoins sont écrasants.

« Il y a une pénurie de nourriture, d'eau et de moyens sanitaires. Même avec un effort important de la part de toutes les organisations humanitaires, seulement 37 pour cent des besoins sont couverts », affirme Gaelle Bausson.

Bah Bonao Sidonie, 41 ans, vit dans le camp depuis les trois dernières semaines. Elle a perdu son fils à cause d'une maladie diarrhéique et trois de ses frères sont morts dans les combats.

« Je n'ai même pas pu porter le deuil de mon fils. Je ne pouvais même pas pleurer car je n'avais rien dans l'estomac. Il n'y a pas d'eau à boire ni de nourriture à manger », raconte-t-elle.