Côte d'Ivoire

Des zones de combat aux camps de transit libériens: fortes inquiétudes pour les populations de l'ouest ivoirien

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Plus de 7000 personnes s'entassent désormais dans les camps de transit libériens de Toe Town et de Zwedru . La situation humanitaire de ces populations se dégrade tandis que la réponse de la communauté internationale se fait attendre.
Depuis le mois de décembre, les habitants des régions de Toulépleu et de Bloléquin (ouest de la Côte d'Ivoire) ont fui en plusieurs vagues au rythme des attaques et contre attaques des différentes forces combattantes.

Des semaines de fuite pour arriver aux camps libériens

Leurs villages brûlés, leurs ressources pillées, terrées dans la forêt plusieurs semaines, ces populations ont survécu dans des conditions très difficiles : sans abri ni soin de santé, avec pour seules ressources l'eau et la nourriture de la forêt. Sans cesse obligées de fuir devant l'avancée des combats, elles ont été victimes de nombreuses exactions

-exécutions sommaires, viols, racket, mutilations, recrutements forcés- sur le chemin de l'exode. Ces populations continuent d'affluer dans les camps de transit de Toe Town ou de Zwedru1. Un dépistage nutritionnel réalisé récemment par Action contre la Faim a révélé des résultats inquiétants : sur un échantillon de 296 enfants de moins de 5 ans, nos équipes ont constaté 73 cas de malnutrition aiguë.

Les populations non-ivoiriennes sans protection

Selon le HCR , plus de 90 000 personnes ont trouvé refuge au Liberia depuis le début de la crise ivoirienne. 12 000 d'entre elles, majoritairement d'origine burkinabé mais aussi malienne, guinéenne et ghanéenne, doivent aujourd'hui survivre dans un pays o=F9 il leur est impossible de s'intégrer. Considérées comme des migrants économiques et non comme des réfugiés, ces populations ne bénéficient pas de la protection du HCR2. De plus, refoulées à la frontière guinéenne, elles ne peuvent pas regagner leur pays d'origine.

Des camps trop près de la frontière et exposés à l'insécurité

La localisation des camps pose problème. Trop près de la frontière et d'une capacité d'accueil très limitée, ces camps exposent les réfugiés aux débordements militaires de la crise ivoirienne, au harcèlement et aux exactions des différents combattants.

Action contre la Faim appelle donc la communauté internationale à :

  • apporter une réponse globale aux besoins des populations fuyant la Côte d'Ivoire notamment par l'installation de camps de réfugiés loin des frontières ;

  • établir une stratégie appropriée d'assistance et de protection des populations non-ivoiriennes réfugiées au Libéria.
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