Crise des déchets toxiques en Côte d'Ivoire (Abidjan) - Rapport de situation No 3

Report
from UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
Published on 09 Sep 2006
Le gouvernement de Côte d'Ivoire a officiellement soumis une requête d'assistance à l'occasion de la dernière réunion du Groupe de Travail International qui s'est déroulée le 08 septembre 2006 à Abidjan.

Cinq experts de la protection civile française sont arrivés à Abidjan le 08 septembre 2006. L'équipe comprend un pharmacien, un géologue, un expert dans l'analyse de l'eau et un chimiste et expert en protection civile française. Cette équipe est accompagnée d'un expert détaché par l'Union Européenne en qualité de chargé de la coordination.

La Suisse, à travers l'Unité d'Urgence Environnementale de OCHA, a envoyé un expert en déchets toxiques et chimiques qui sera à Abidjan le 12 septembre pour une période préalable de deux semaines.

Une équipe de trois experts de la Coordination de la Gestion des Désastres des Nations Unies,

(UNDAC), est attendue en début de semaine prochaine pour renforcer les capacités du gouvernement et des partenaires dans les secteurs de la coordination stratégique technique et de la gestion de l'information relative aux déchets toxiques et aux mesures de santé et de sécurité. Par ailleurs, le renforcement des capacités médicales à travers l'arrivée au bureau de l'OMS Côte d'Ivoire d'un expert toxicologue et d'un expert épidémiologique.

En réponse à la demande de soutien technique formulée par le gouvernement Ivoirien, la Direction Générale de l'ONUDI de Vienne a mobilisé rapidement une unité de crise dans la CPEMB ( Cleaner Production and Environnemental Management Branch). Une mission technique d'un expert chimiste a été organisée et l'expert attendu le 10 septembre sera en charge d'identifier les déchets toxiques, de donner un premier avis sur les moyens et actions de décontamination. Dans le cas où les substances toxiques identifiées font partie de la liste des substances sous contrôle de la Convention de Stockholm, l'expert devra rédiger un programme d'urgence et le soumettre à la Convention pour obtenir le financement nécessaire aux actions de nettoyage des sites concernés. Le gouvernement Britannique a également proposé l'appui du département de la protection civile au gouvernement Ivoirien.

Suite à une requête du gouvernement ivoirien le Programme des Nations Unies pour l'Environnement (l'UNEP) mènera une enquête sur les transports transfrontaliers des déversements des substances toxiques à travers le Secrétariat de la Convention de Bâle. Le Secrétariat vérifiera si les fonds de la convention de Bâle peuvent être utilisés pour des opérations de dépollution. Le Secrétariat essaye aussi de déterminer les responsabilités légales des différents intervenants dans la crise des déchets toxiques.

D'après la convention de Bâle chaque pays qui exporte des substances toxiques doit obtenir du pays importateur une autorisation préalable écrite ainsi. que un permis détaillant le contenu et la destination des substance. Si les substances on été transportés illégalement l'exportateur est obligé de reprendre les substances et de payer le coût de l'indemnisation et de la dépollution. L'Union Européenne, sur la base de la convention de Bâle, interdit toute exportation de substances toxiques en direction des pays en voie de développement.

Santé

- Résultats fort attendus des analyses effectuées par l'équipe d'experts français et de celui détaché par l'Union Européennes afin de savoir de quelle nature sont les déchets, ainsi que leurs effets immédiats et à long terme sur l'organisme, ceci pour déterminer les traitements et apporter une réponse sanitaire globale appropriée. D'après les premières informations, il est à craindre que les substances polluantes subissent une mutation. Une quatrième personne est officiellement décédée. Il s'agit d'un enfant qui vivait à la prison d'Abidjan, la « MACA », située à proximité d'un site de déchets.

- D'après certaines sources médicales bien informées, il est question d'environ 1000 malades par jour et par centre de traitement retenu ( 32 centres à ce jour). Ces données restent à confirmer. Cette affluence provoque déjà une rupture de stocks de la PSP ( Pharmacie de Santé Publique) qui joue le rôle de centrale d'achat pour les établissements sanitaires et pharmaceutique. Une attente de la requête officielle du Ministère de la Santé Publique adressée à l'OMS en termes de besoins pharmaceutiques pour compléter la fourniture de médicaments.

- OMS/UNICEF vont remettre, le 11 septembre 2006 au Ministère de la Santé Publique une première livraison de médicaments de première nécessité pour des actions immédiates d'une valeur de 25 millions de F.CFA Coordination OMS/UNICEF avec les partenaires du domaine médical pour l'identification des médicaments les plus utilisés actuellement pour le traitement des symptômes présentés par les malades.

Protection

- Selon les observations faites lors des visites de terrain, il ressort que la plus part des sites ne sont pas sécurisés de façon adéquate et qu'à proximité de la majorité d'entre eux aucune mesure de signalisation ou d'avertissement n'a été prise, encore moins le balisage afin de circonscrire un périmètre de sécurité. L'absence des forces de l'ordre et de la protection des civile à proximité des sites est également à souligner.

- Des témoins ont rapporté que l'accès à l'un des sites les plus importants de déversement des déchets, la décharge d'Akouédo, n'était toujours pas interdit aux riverains et la présence d'enfants jouant près des amoncellements de déchets est à déplorer.

Eau et Assainissement / Sécurité Alimentaire

- Prélèvements journaliers de la SODECI ne présentent à ce jour aucune contamination de l'eau.

- Des sources avérées indiquent que des déchets d'un volume considérable ont été déversés en mer et dans la lagune ainsi qu'à proximité des zones maraîchères, ce qui redouble les inquiétudes des populations en terme d'intoxication de la chaîne alimentaire.

Déplacement Interne

Dans le cadre d'un déplacement interne limité des riverains, le Système des Nations Unies et leurs partenaires peuvent répondre aux besoins immédiats en cas de relocalisation, en utilisant les moyens déjà disponibles (tentes, rations alimentaires, produits de première nécessité).

Communication

Un mécanisme coordination inter-agences et partenaires est mis en place pour élaborer et diffuser des messages de sensibilisation et d'information au grand public, avec le partenariat de l'ONUCI.

Moyens financiers

Les Fonds du CERF sont à nouveau disponibles pour financer des actions humanitaires d'urgence dans le cadre de la crise des déchets toxiques en Côte d' Ivoire.

Un autre mécanisme de financement d'un montant plus réduit existe, ce sont les fonds ERF ( Emergency Relief Fund) mis à disposition par le département de développement du Gouvernement Britannique et gérés par OCHA.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:
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