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Course contre la montre pour éviter une crise humanitaire en Côte d'Ivoire, selon Oxfam

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Oxfam demande un financement pour répondre aux besoins croissants en Côte d'Ivoire et au Libéria

Quatre mois de violence, de pillages et de déplacements ont créé une crise humanitaire qui prendra des mois, voire des années à régler, déclare Oxfam aujourd'hui.

Plus d'un million de personnes ont fui ces violences extrêmes et survivent dans la forêt, dans des villages démunis et surpeuplés, ou grâce à l’accueil de communautés locales au Libéria, le pays voisin.

Oxfam lance un appel pour recueillir des fonds pour répondre aux besoins croissants de la Côte d'Ivoire et du Libéria. L'ONU a déclaré que la crise humanitaire en Côte d'Ivoire nécessitera pas moins de 160 millions de dollars. Or, à ce jour, la communauté internationale ne s’est engagée que sur le versement de 22 millions, seulement. Pour le Libéria, l'ONU a demandé 146,5 millions de dollars afin de faire face à la crise des réfugiés, mais seul le quart de cette somme a été promis.

Selon les témoignages recueillis par Oxfam, de nombreux réfugiés ont très peur de rentrer chez eux et les communautés voisines qui ont fourni des vivres et des abris aux personnes déplacées n'ont plus rien à donner.

Le Coordonnateur régional des opérations humanitaires d’Oxfam en Côte d'Ivoire, Philippe Conraud, déclare : "Oxfam se prépare à faire face à une situation d'urgence humanitaire à long terme et un possible désastre sur le plan de la santé publique. Les effets de la crise des quatre derniers mois se feront sentir pendant bien longtemps encore. Les réfugiés ont besoin d'aide, dans l’immédiat pour survivre et au cours des prochains mois pour refaire leurs vies."

"Les gens ont fui leurs maisons et cherché refuge dans les villages. Les petites communautés ont doublé ou triplé de taille, avec 60, 70, 80 personnes vivant sous un même toit. Il n'y a tout simplement pas assez d'eau, de nourriture ou d'espace pour tous ces gens. J'ai rencontré une infirmière qui, ayant peur pour sa vie, a quitté son emploi dans un hôpital à Abidjan. Elle est inquiète, car le manque d'eau potable aura un effet dévastateur pour ses enfants qui sont déjà extrêmement fragiles."

Un homme qui a fui Abidjan, avec 83 membres de sa famille, au sens large, pour vivre avec son frère à Man, en Côte d'Ivoire a confié à Philippe Conraud : "C’est difficile ici, mais au moins nous sommes en sécurité".

Au Libéria, où plus de 100 000 Ivoriens se sont réfugiés, une mère de trois enfants et 20 membres de sa famille élargie dorment sous un abri en bambou, avec de simples feuilles en guise de toit, pour se protéger du soleil. Elle a traversé la frontière après que son mari a été tué dans l’ouest de la Côte-d’Ivoire. Dans un autre village du Libéria, 45 personnes, dont une femme enceinte de sept mois, dorment dans une maison de terre, sans accès aux services de base.

"Oxfam fournit de l'eau potable et des toilettes pour les réfugiés au Libéria, souligne Philippe Conraud, mais, cela ne suffit pas, nous avons besoin de davantage de ressources pour nous aider à soutenir les communautés déjà pauvres qui luttent pour faire face à l'afflux de réfugiés."

Oxfam a lancé une campagne pour recueillir plus de 16 millions de dollars pour la crise en Côte d'Ivoire, qui a contraint plus d'un million de personnes à quitter leurs foyers.

Oxfam a commencé à installer des réservoirs d'eau, des latrines et des douches au Libéria pour répondre aux besoins des réfugiés qui traversent la frontière. L’organisation a aussi acheminé des équipements pouvant répondre aux besoins de 70 000 personnes. Oxfam envisage également d’étendre son intervention en Côte d'Ivoire pour faire face à la crise humanitaire qui s'aggrave dans le pays.