Côte d'Ivoire

Conséquences de la crise socio-politique sur le secteur de la santé en Côte d'Ivoire

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TABLES DES MATIERES
INTRODUCTION

METHODOLOGIE

INFORMATIONS GENERALES SUR LA COTE D'IVOIRE

1. Situation géographique et administrative
2. Données socio-démographiques
3. Données économiques

PREAMBULE SUR LA SITUATION SANITAIRE

CONSEQUENCE DE LA CRISE SUR LE SYSTEME DE SANTE

1. Au niveau central
2. Aux niveaux intermédiaire et périphérique

CONSEQUENCE DE LA CRISE SUR LES PROGRAMMES DE SANTE

1. Contexte
2. Objectifs nationaux
3. Conséquences de la crise sur la mise en oeuvre des activités
4. Conséquences de la crise sur la coordination des activités
5. Illustration des conséquences de la crise sur trois programmes prioritaires

CONSEQUENCE ECONOMIQUE DE LA CRISE SUR LE SECTEUR DE LA SANTE

Situation macroéconomique
Impact de la crise sur le financement du secteur de la santé
Impact économique de la crise sur l'offre des soins
Impact sur la demande de soins

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

ABREVIATIONS

INTRODUCTION

La crise socio politique qui a secoué la Côte d'Ivoire depuis le 19 septembre 2002 a non seulement créer une zone de fracture entre le Nord et le Sud du pays mais a eu des conséquences négatives sur la croissance économique et les finances publiques, elle a été à la base d'une crise humanitaire : 1.100.000 de populations déplacées et 37.615 réfugiées ivoiriens dans les pays voisin. Les services de santé dans les zones occupées fonctionnent à minima : 85% du personnel ont quitté leur poste de travail. 31 districts sur 65 sont dans les zones assiégées. Dans la plupart de ces districts, l'accès aux services de santé pose problème du fait qu'au moins 70% des infrastructures sont fermées et que le problème du transport se pose. Les antennes du Centre National de Transfusion Sanguine, du Centre Anti-Tuberculeux, de l'Institut National d'Hygiène Publique et du Programme Elargi de Vaccination ne fonctionnent plus. Ainsi les tuberculeux et les personnes vivant avec le VIH ont très difficilement accès à leur traitement.

Plusieurs véhicules, ambulances, motos, matériels informatiques et de congélation ont été emportés.

L'approvisionnement en médicaments des structures de santé pose problème du fait de l'inaccessibilité des zones ;150 pharmacies privées sont fermées dans la zone assiégée.

On estime à peu près à 2,2 milliards le montant perdu par l'Etat du fait du non recouvrement des coûts de soins et de vente de médicaments.

L'afflux de personnes déplacées dans la zone sud du pays a entraîné une surcharge des structures de santé dans cette zone.

Cette conjoncture a entraîné une désorganisation du système de santé et une perturbation profonde de la mise en oeuvre des programmes et du système de surveillance.

Les mouvements de populations et l'instabilité sous-régionale pourraient être à la base de flambées épidémiques et de circulation du poliovirus sauvage.

Le but de la présente étude est : a) d'apprécier les conséquences de cette crise sur le secteur de la santé plus spécifiquement sur : - le système de santé - les programmes en cours - le financement du secteur b) de formuler des recommandations devant permettre de minimiser les effets négatifs de la guerre sur l'état de santé des populations.

LIMITES DE L'ETUDE

  • La présente étude a été menée en pleine période de guerre o=F9 l'accès aux zones assiégées est impossible aux consultants. Les informations recueillies sur ces zones sont probablement incomplètes car provenant d'agents de santé déplacés qui ont signalé ce dont ils se souvenaient, des rapports des organismes humanitaires et des rapports du Ministère de la santé.

  • Les informations présentées sont susceptibles d'être dépassées à ce jour compte tenu du caractère dynamique de la situation.

  • En ce qui concerne la situation épidémiologique, toutes les fiches de collectes transmises sur le terrain n'ont pas eu de suite, de sorte que nous n'avons utilisé que les données partielles qui nous sont parvenues.

  • Le bilan établi est partiel dans la mesure o=F9 un inventaire exhaustif des pertes subies par le secteur de santé ne peut être fait avant la fin de la guerre. Un bilan exhaustif ne pourra se faire qu'après la guerre.

  • Certains résultats présentés notamment sur le recouvrement des coûts et les dépenses privées de santé sont des estimations faites sur la base des informations disponibles pour les années antérieures.
METHODOLOGIE

1 - JUSTIFICATION DE L'ETUDE

Depuis le 19 septembre 2002, la Côte d'Ivoire subit une guerre qui a entraîné la partition de fait du pays avec la moitié Nord du pays sous le contrôle des forces rebelles tandis que la moitié Sud est sous le contrôle des forces régulières.

Cette situation de guerre qui dure depuis plus de quatre mois a des conséquences aussi bien sur la santé des populations que sur le fonctionnement des services et des programmes de santé. En effet, du fait de cette situation de crise, des programmes de santé sont interrompus, de nombreux agents de santé ont déserté leurs postes entraînant la fermeture de certains établissements sanitaires.

Dès le début des hostilités, les autorités ivoiriennes ont mis en place une cellule dénommée « Cellule Solidarité et Action Humanitaire » chargée de gérer la crise au plan humanitaire et de coordonner les actions visant à apporter aide et secours aux personnes déplacées.

Quant aux partenaires au développement, ils ont entrepris avec les autorités du Ministère chargé de la Santé, des réflexions stratégiques sur la gestion de l'après crise et la relance du secteur de la santé. Ces discussions ont mis en évidence un déficit d'informations relatives à l'état sanitaire des populations des zones occupées et des zones d'accueil, aux risques sanitaires liés à l'interruption des programmes de santé, et à l'état de fonctionnalité des infrastructures sanitaires.

L'objectif de la présente étude est de combler ce déficit d'informations, d'évaluer l'impact de cette crise sur le secteur de santé et de formuler des recommandations devant permettre de minimiser les effets négatifs de la guerre sur les populations et sur le système de santé.

2 - METHODE

2.1 - Phase préparatoire

Cette étude a été réalisée par une équipe de quatre consultants dont deux médecins de santé publique et deux économistes de la santé.

La phase préparatoire a consisté à la réalisation des activités suivantes :

  • Prise de contact entre les quatre consultants ;

  • Séance de clarification et d'harmonisation des points de vue sur les termes de référence ;

  • Elaboration d'une fiche de collecte des données épidémiologiques ;

  • Elaboration d'une fiche de collecte des données sur la situation des infrastructures, des matériels et équipements divers ;

  • Définition d'un calendrier de travail ;
2.2. - Outils de collecte

Les informations relatives à la réalisation de la présente étude ont été obtenues de la façon suivante:

  • Des rencontres et des entretiens téléphoniques ont été réalisés avec les autorités sanitaires nationales tant du niveau central que du niveau district. Des séances de travail ont été organisées avec des chefs de programmes.

  • Une fiche de collecte des données épidémiologiques et une fiche d'évaluation de la situation des infrastructures et des matériels (en annexe) ont été mises à la disposition des organismes humanitaires (CICR, MSF...) qui ont accès aux zones sous contrôle des insurgés.

  • Les rapports des missions d'évaluation du Ministère de la Santé, des organismes humanitaires, les comptes-rendus des comités de crise de la cellule solidarité et action humanitaire du Ministère de la Solidarité, de la Santé et de la Sécurité sociale ont été exploités pour cette analyse. Les comptes-rendus des réunions du sous groupe Eau et Assainissement de la commission d'Action Humanitaire du Système des Nations Unis ont aussi servi de support à cette étude.
INFORMATIONS GENERALES SUR LA COTE D'IVOIRE

1. SITUATION GEOGRAPHIQUE ET ADMINISTRATIVE

Située en Afrique de l'Ouest entre le tropique du cancer et le tropique du capricorne, la Côte d'Ivoire s'étend sur une superficie de 322.462 km=B2 soit 1% de la superficie totale de l'Afrique. Elle est limitée à l'Est par le Ghana, à l'Ouest par la Guinée et le Liberia, au Nord par le Burkina Faso et le Mali et au Sud par l'océan atlantique. La capitale politique est Yamoussoukro et Abidjan la capitale économique. Le pays compte 19 régions,58 départements, 204 sous-préfectures et plus de 8000 villages et quartiers.

2. DONNEES SOCIO-DEMOGRAPHIQUES

Selon le recensement général de la population de 19981 la Côte d'Ivoire abrite une population totale de 15.366.672 habitants dont 51% d'hommes et 49% de femmes. Le taux d'accroissement annuel est de 3,3% sur la période 1988-1998.

Le rapport de masculinité est de 104 hommes pour 100 femmes.

La densité moyenne est de 48 habitants au km=B2. 57% de la population vit en milieu rural contre 43% en milieu urbain. La structure par âge montre que 43% de la population a moins de 15 ans, soulignant ainsi le poids important des jeunes dans cette population.

La population adulte (15-59 ans) représente 53% de la population tandis que la population âgée (60 ans et plus) n'en constitue que 4%.

La fécondité est relativement élevée avec un indice synthétique de fécondité de 5,2 et un taux brut de natalité de 39 pour 1000.

Le taux d'alphabétisation des adultes est 56%.

3. DONNEES ECONOMIQUES

L'économie du pays repose essentiellement sur l'agriculture d'exportation (cacao, café, bois, palmier à huile, hévéa). La Côte d'Ivoire est le premier producteur mondial de cacao et troisième producteur mondial du café.

Le pays dispose également de pétrole, de gaz naturel, de diamants, de manganèse, de minéral de fer, de cobalt, de bauxite, et de ressources hydroélectriques.

Le PIB est estimé à 670 USD per capita (Banque Mondiale, 1999) et 33,6% de la population vivent en dessous du seuil de pauvreté.

  • Le niveau périphérique est composé par les districts sanitaires qui constituent le niveau opérationnel du système. Le district correspond au département administratif. Il est chargé de la mise en oeuvre des soins de santé primaires. Chaque district abrite un réseau de structures de premier niveau et un ou plusieurs hôpitaux.
4. ORGANISATION ET FONCTIONNEMENT DU SYSTEME DE SANTE

4.1. Les structures administratives

Le système sanitaire ivoirien est de type pyramidal avec trois niveaux: le niveau central, le niveau intermédiaire et le niveau périphérique.

  • Le niveau central comprend: le cabinet du Ministre, les services rattachés au cabinet, les directions centrales et les Etablissements Publics Nationaux.

  • Le niveau intermédiaire correspond aux directions régionales, chargées de coordonner les activités des services de santé implantés dans leur ressort.
Source : recensement général de la population et de l'habitat, 1998.

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