Côte d'Ivoire

Côte d'Ivoire/Fin des travaux de la table ronde à Linas-Marcoussis

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Déclaration du porte-parole du Quai d'Orsay
(Paris, le 24 janvier 2003)

Nous nous félicitons de la signature de l'accord de Linas-Marcoussis par l'ensemble des forces politiques représentatives ivoiriennes. Hier soir, dans la nuit, cet accord a été signé et il sera naturellement examiné cet après-midi, lors de l'entretien que le président de la République aura avec son homologue ivoirien, M. Laurent Gbagbo.

Par ailleurs, c'est la première étape d'un processus qui devra être consolidé par la conférence des chefs d'état de samedi et dimanche qui examinera également cet accord.

Aujourd'hui, le ministre reçoit, pour un déjeuner de travail, les participants de la table ronde ivoirienne.

A quelle heure l'entretien est-il prévu avec le président de la République ?

A 16h30.

Et, vous n'avez pas de commentaire concernant cet accord ?

Pas de commentaire à ce stade sur l'accord dont les détails vous seront présentés à l'issue de ce processus.

Quels sont les horaires pour demain ?

Pour la presse, le rendez-vous est demain matin à partir de 8h30 au Centre de Conférences Internationales avenue Kléber.

Et vous ne faites aucun commentaire concernant cet accord ? Vous réjouissez-vous ? Quelle est la position française ?

Nous nous félicitons de la signature de cet accord. C'est, certes, une première étape importante, mais nous sommes dans le cadre d'un processus, c'est mon message aujourd'hui.

Nous avons un accord de l'ensemble des forces politiques ivoiriennes, c'est important. Ils ont signé cet accord. Maintenant, il doit être examiné par le président de la République français et le président de la République de la Côte d'Ivoire cet après-midi. Je rappelle également que le Secrétaire général des Nations unies est actuellement à Paris, M de Villepin assiste d'ailleurs en ce moment même à l'entretien du président de la République avec M. Kofi Annan.

Demain et dimanche, cet accord sera examiné par la conférence des chefs d'états africains concernés. Je vous rappelle l'importance que nous avons toujours donnée à la CEDEAO à l'Afrique. La solution de la crise ivoirienne doit être donnée par les Ivoiriens eux-mêmes, par les Africains eux-mêmes, nous sommes seulement là pour aider.

Nous sommes dans un processus qui se termine dimanche. Ensuite, viendra la mise en oeuvre.

Etes-vous optimiste concernant cette mise en oeuvre ?

C'est un sujet sur lequel nous avons travaillé, c'est une dimension que nous prenons pleinement en compte, mais nous vous en dirons un peu plus, plus tard.

Comment expliquez-vous l'absence de Eyadema à cette importante réunion de la CEDEAO à Paris ?

Le Togo est représenté à cette réunion.

La Côte d'Ivoire a-t-elle demandé officiellement à la France l'application des accords de défense?

Le ministre de la Défense ivoirien l'a demandé hier dans la presse. Je crois que c'est clair en effet.

Que va faire la France ?

Je n'ai pas de commentaire actuellement.

En outre, je vous rappelle que le président de la République reçoit son homologue ivoirien cet après-midi et qu'ils examineront l'accord de Marcoussis, à cette occasion.

D'après cet accord, et en prenant en compte ce qui se passe sur le terrain, que va-t-il se passer ?

Il y a un accord d'ensemble. Toutes les questions ont fait l'objet d'un examen dans le cadre de la table ronde ivoirienne de Marcoussis. Elles vont être examinées entre les chefs d'Etats, d'abord bilatéralement entre le président de la République et son homologue ivoirien, puis, samedi et dimanche, par les chefs d'Etats africains concernés.

Pourrons-nous avoir des éclaircissements sur l'accord, lorsqu'il aura été examiné par le président Chirac et le président Gbagbo ?

Pas de commentaire sur ce point.

En sait-on un peu plus sur la composition du prochain gouvernement ivoirien ?

Pas de commentaire non plus sur ce point. Nous sommes toujours, et c'est ce sur quoi j'insiste aujourd'hui, nous sommes toujours dans un processus. Nous avons passé la première étape qui est importante. Nous avons un accord des forces politiques ivoiriennes, nous sommes dans le processus et il faudra attendre dimanche pour avoir toutes les réponses et juger de l'ensemble du résultat.

Que pensez-vous des problèmes posés par les Libériens dans le Nord ?

Le général Beth qui surveille le cessez-le-feu, en tant que chef de l'opération 'Licorne', s'est exprimé hier très clairement à ce sujet. Il a donné à la fois l'analyse de la situation et les conséquences qu'il en tirait. Je ne reviens pas sur ce qu'il a déclaré. C'était clair et je vous renvoie à son communiqué.

Il semble qu'avant de quitter Ouagadougou, le président du Burkina ait dit qu'il allait saisir les tribunaux à cause des exactions subies par ses compatriotes en Côte d'Ivoire ?

Vous savez que je ne fais pas de commentaire, depuis le début de ce processus, concernant les déclarations des uns et des autres, qu'ils participent à la table ronde de Marcoussis ou qu'ils soient invités et participent à la conférence des chefs d'Etat. Je m'en tiendrai à cette règle, si vous le voulez bien.

La France se satisfait-elle de l'évolution du processus ?

C'est un premier résultat. Nous nous félicitons de cette évolution. Mais, nous ne sommes pas au bout du chemin.

Concernant la réunion des bailleurs de fonds, la France a-t-elle déjà idée d'une possibilité de réunion les concernant ?

Les bailleurs de fonds sont présents, c'est une dimension importante, à la réunion de cette fin de semaine. Ils sont présents, ils sont invités à la réunion des chefs d'Etats et ils seront donc là aussi.

Y a-t-il des estimations qui ont déjà été données du coût de la reconstruction ?

Nous n'avons pas encore fait connaître de telles estimations, mais nous cherchons à mobiliser les bailleurs de fonds.

Vous ne commentez donc pas l'absence de Charles Taylor ce week-end à Paris ?

Je vous invite vivement à vérifier vos informations.

Confirmez-vous sa présence ?

Tant qu'il n'est pas arrivé, il n'est pas arrivé. Mais, à ma connaissance, il est en chemin. Je vous invite à vérifier vos informations et à ne pas croire nécessairement les rumeurs de presse y compris lorsqu'elles figurent dans des journaux d'habitude extrêmement bien informés et respectables. Mais tout le monde peut se tromper.

Avez-vous un moyen de vérifier de la bonne marche, dans le futur, du processus, notamment au niveau des bailleurs de fonds ?

Vous évoquez le suivi de l'application et j'ai eu l'occasion de dire que c'est une dimension que nous prenons en compte et nous vous informerons sur les mesures arrêtées dans ce domaine. Mais soyez certains que nous nous soucions de l'application et de la mise en oeuvre des ces accords dans la pratique et vis-à-vis des bailleurs de fonds.

Quand allez-vous nous en informer ?

Ce sera la tâche de la présidence de la République à l'issue du processus.

Le président Chirac va-t-il rencontrer uniquement le président Gbagbo ou d'autres personnes du côté rebelle ?

Cet après-midi, il a prévu de rencontrer le président Gbagbo, c'est tout à ma connaissance.

Que signifie l'invitation des chefs d'Etat d'Afrique centrale ?

Cela ne se limite pas uniquement à l'Afrique centrale - même si c'est une dimension très importante - il y a aussi d'autres participants. L'Afrique du sud, en tant que présidente en exercice de l'Union africaine, est également invitée. En fait, l'objectif est de réunir autour de la table ronde ivoirienne tous ceux qui peuvent contribuer utilement et dont l'autorité constituera en soi un appui et une garantie pour le succès du processus en cours.

Le Conseil de Sécurité évoquera la Côte d'Ivoire le 28 janvier prochain. Qu'attend la France maintenant des Nations unies ? Déploiement d'une force ? Aide ?

Actuellement le président de la République s'entretient avec le Secrétaire général des Nations unies, M. Kofi Annan. Vous comprendrez donc que je ne peux pas répondre à ce point actuellement. C'est une question qu'il faudra poser à la présidence de la République à l'issue de la rencontre du président avec le Secrétaire général des Nations unies. Je rappelle que M. de Villepin assiste à l'entretien.

Qui sont les bailleurs de fonds ? Le FMI ?

Il y a l'Union européenne. Ce sont les bailleurs de fonds classiques. Je crois que les Etats-Unis sont également représentés, ainsi que des institutions financières. Il faudrait vérifier la liste exacte. Tous ne sont peut-être pas nécessairement présents à ce stade mais en tout cas les principaux bailleurs de fonds sont là et le processus de mobilisation est lancé à cette occasion.

Confirmez-vous l'absence des présidents du Niger et du Nigéria ? Pouvez-vous nous dire quels sont les autres présidents qui ne viennent pas ou qui seront simplement représentés ?

Je comprends que les présidents du Niger et du Nigéria ne viennent pas. Pour le reste, je ne souhaite pas faire de commentaire individuel.

Quelle était l'ambiance au moment de la signature de l'accord ?

Il n'y a rien de secret. L'ambiance était à l'émotion devant un moment important, et vous savez que les délégués ont chanté l'hymne national ivoirien. Tous, main dans la main.

Le général Beth a accepté que les loyalistes utilisent les MI 24. Est-ce vrai ou faux ?

Je vous renvoie au communiqué du général Beth par lequel il indiquait qu'il a autorisé, mais non pas dans l'ensemble de l'Ouest comme votre question l'implique, mais uniquement à Toulepleu et dans le cadre d'une opération sans ambiguïté, uniquement contre une bande d'éléments incontrôlés.

Les soldats de l'armée dite loyaliste sont des gens que l'on doit encadrer et qui doivent se battre contre des éléments incontrôlés. Ne trouvez-vous pas la situation un peu étonnante ? Pourquoi la France donne-t-elle l'autorisation aux militaires dits loyalistes d'avoir des hélicoptères pour se battre contre des éléments incontrôlés et pourquoi ce n'est pas l'armée ivoirienne qui décide elle-même si elle peut utiliser des hélicoptères, oui ou non ?

C'est évidemment l'armée ivoirienne qui prend les décisions qu'elle estime appropriées dans le respect de ses engagements concernant le cessez-le-feu et le respect des Droits de l'Homme. Maintenant, s'agissant d'opérations conduites par les hélicoptères à proximité, comme je l'ai indiqué hier, de la ligne de cessez-le-feu, je vous rappelle qu'il y a des engagements pris par les autorités ivoiriennes elles-mêmes et que pour éviter toute ambiguïté, il est prévu des procédures d'informations et de contrôle.