Côte d'Ivoire

Côte d'Ivoire/Abidjan : Une nuit de combats, les hélicoptères français et ONU entrent en action

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"Les forces ralliées à Alassane Ouattara ont lancé leur offensive hier après-midi et les combats ont duré toute la nuit. Aujourd'hui encore on peut entendre des coups de feu et des bombardements. L'électricité a été rétablie, en tout cas dans cette partie de la ville (Vridi Canal, Ndlr), et la nature est venue pallier la pénurie d'eau : il pleut depuis hier et les gens collectent l'eau qui tombe des toits et font des provisions dans le doute", indique une source de la MISNA contactée à Abidjan et préférant garder l'anonymat pour raisons de sécurité.

"Nous avons vu les hélicoptères de la mission française Licorne bombarder pendant plusieurs heures une base militaire occupée par les soldats fidèles au président sortant Laurent Gbagbo. Ils voulaient apparemment détruire les tanks et les canons dont dispose toujours le camp de Gbagbo, dont la résidence aurait été à son tour attaquée par les hélicoptères de l'Onuci. Là aussi, il semblerait que les casques bleus s'efforçaient de neutraliser toutes les armes lourdes. On entend dire depuis quelques heures que la résidence de Gbagbo serait maintenant occupée par les forces d'Ouattara. C'est un porte-parole des Forces républicaines qui l'a déclaré mais aucune source indépendante ne l'a encore confirmé", poursuit notre interlocuteur.

Selon plusieurs sources, les affrontements se concentreraient autour de la résidence de M Gbagbo, du palais présidentiel et des locaux de la chaîne publique. Malgré le chaos des combats, différentes sources confirment l'enlèvement à leur hôtel de quatre ressortissants étrangers – deux Français, un Malaisien et un Béninois – par des hommes armés. Pour éviter d'autres épisodes analogues, les militaires français ont rassemblé des milliers de personnes – des ressortissants français et libanais pour la plupart ainsi que d'autres étrangers présents à Abidjan – dans trois secteurs de la ville.

"Le climat est devenu extrêmement délicat pour les étrangers", observe père Dario Dozio, supérieur provincial de la Société des Missions africaines à Abidjan, qui précise que "le camp Gbagbo accuse explicitement la France de préparer un coup d'État".

Pendant ce temps, les civils se sont massivement réfugiés dans les églises et lieux de culte d'Abidjan. "Les paroisses de Saint Michel, à Adjamé, San Pedro et Anyama, commencent à avoir du mal à procurer de quoi manger à tous leurs occupants", indique père Dario. D'autant plus, ajoute le religieux, que "les prix ont décuplé en l'espace de trois ou quatre jours seulement tandis que de plus en plus de magasins sont fermés".

L'insécurité en ville est aggravée par le fait que "les deux camps ont libéré et armé les prisonniers. Avant-hier, des habitants ont en trouvé trois qui pillaient une habitation et ils les ont fusillés. Leurs corps sont toujours dans la rue"