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Côte d'Ivoire, Liberia : L'insécurité dans l'ouest de la Côte d'Ivoire précipite le départ des réfugiés libériens

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DAKAR, le 21 juillet (IRIN) - Tandis que la situation s'améliore au Liberia et que l'insécurité est une réalité toujours plus présente dans l'ouest de la Côte d'Ivoire, une région instable, on observe une récente augmentation du nombre de Libériens réfugiés en Côte d'Ivoire qui retournent chez eux, a indiqué le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).
Au cours des quatre dernières semaines, quelque 5 100 Libériens réfugiés en Côte d'Ivoire sont retournés dans le comté de Maryland, dans le sud-est du Liberia, et dans le comté de Nimba, dans la région nord-centrale, a déclaré le HCR dans un communiqué publié mardi dernier.

De janvier à mai 2005, pourtant, seuls 700 réfugiés étaient retournés de Côte d'Ivoire, selon le communiqué.

« L'amélioration des conditions de sécurité au Liberia est la raison principale de cette recrudescence », a expliqué Fatoumata Kaba, porte-parole du HCR pour l'Afrique de l'Ouest.

La plupart de ces ressortissants libériens vivaient depuis plus de dix ans dans les sous-préfectures de Guiglo et de Tabou, situées dans l'ouest de la Côte d'Ivoire.

« Les gens ne se sont pas immédiatement rendu compte du fait que la situation au Liberia n'était pas aussi dramatique qu'ils le pensaient », a déclaré Mme Kaba. « Ils croyaient que c'était encore dangereux d'y retourner. »

Néanmoins, certains réfugiés ont également expliqué que leur départ avait été précipité par l'insécurité qui régnait dans l'ouest de la Côte d'Ivoire, selon le communiqué du HCR.

Depuis trois ans, cette région a en effet été ravagée par des affrontements intercommunautaires occasionnés par la guerre civile. Le mois dernier, plus de 100 personnes ont été massacrées au cours d'une série de représailles meurtrières près de Duékoué, une ville située à 32 km de Guiglo qui abrite un camp de réfugiés libériens dirigé par le HCR.

« La région ouest est fortement militarisée. Cela contribue à créer un sentiment d'insécurité. De plus, les derniers événements qui se sont déroulés dans la région les ont effrayés. C'est pour ça qu'ils rentrent chez eux, même si beaucoup d'entre eux préfèreraient rester s'ils le pouvaient », a déclaré un travailleur humanitaire de l'ONU à Guiglo, lors d'un entretien téléphonique accordé à IRIN.

En août 2003, lorsque la paix est enfin revenue au Liberia après 14 ans de guerre civile, quelque 350 000 réfugiés libériens se trouvaient éparpillés à travers l'Afrique de l'Ouest.

Malgré les retours spontanés et le programme de rapatriement volontaire lancé par le HCR en octobre 2004, quelque 47 000 réfugiés libériens se trouvent encore aujourd'hui en Côte d'Ivoire. La plupart vivent dans le sud-ouest, une région forestière, grande productrice de bois et de cacao.

Mais leurs conditions de vie sont devenues de plus en plus difficiles depuis que la Côte d'Ivoire a elle-même sombré dans la guerre civile en septembre 2002.

Selon certains diplomates et travailleurs humanitaires, des mercenaires libériens auraient été recrutés par le gouvernement du président Laurent Gbagbo et par les forces rebelles qui occupent le nord du pays.

« Les Libériens étaient très bien intégrés avant la guerre - ils ne vivaient même pas dans des camps », a déclaré Mme Kaba, la porte-parole du HCR.

« Les conditions de vie sont devenues particulièrement difficiles en Côte d'Ivoire. Depuis le début du conflit, les réfugiés ont perdu tous leurs mécanismes de survie...Beaucoup ont perdu leur emploi parce qu'ils étaient soupçonnés d'être des rebelles ».

En mars 2003, alors que le Liberia était sur le point de vivre le chapitre le plus sanglant de sa guerre civile et que la Côte d'Ivoire était encore le théâtre d'affrontements généralisés, le HCR estimait à quelque 100 000 le nombre de réfugiés libériens vivant en Côte d'Ivoire.

A l'époque, le HCR avait lancé un programme de réinstallation d'urgence grâce auquel 6 500 réfugiés libériens avaient été envoyés aux Etats-Unis.

Ne correspondant pas au profil requis, certains candidats au programme n'avaient pas pu obtenir leur précieux billet d'avion pour les Etats-Unis. Selon Mme Kaba, nombre d'entre eux sont restés en Côte d'Ivoire dans l'espoir que le programme serait lancé de nouveau

Toutefois, au terme d'une campagne d'information de quatre mois, beaucoup ont finalement compris que le programme de réinstallation lancé par les Etats-Unis ne serait pas réédité et qu'il n'y avait plus de risque à retourner au Liberia, a-t-elle poursuivi.

La plupart des Libériens réfugiés en Côte d'Ivoire sont originaires des comtés de Nimba, de Maryland et de Grand Gedeh. Il y a peu de temps encore, ces régions ne disposaient pas de structures d'accueil permettant de recevoir des convois très importants de rapatriés. Ce problème a été en partie résolu dans ces comtés, a expliqué Mme Kaba.

Selon le communiqué du HCR, le nombre des réfugiés libériens qui quittent la Côte d'Ivoire va diminuer de nouveau avec la tenue prochaine des élections législatives et présidentielles prévues le 11 octobre.

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