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Côte d'Ivoire: Le sommet de Pretoria pour accélérer le processus de désarmement

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PRETORIA, le 30 juin (IRIN) - Les principaux protagonistes de la crise ivoirienne ont accepté mercredi d'accélérer le processus de désarmement maintes fois retardé et ont réaffirmé leur engagement à organiser les élections présidentielles le 30 octobre prochain.

Ces décisions ont été annoncées dans un communiqué conjoint publié à Pretroria à l'issue d'un sommet de deux jours présidé par le chef d'Etat sud-africain, Thabo Mbeki, en tant que médiateur dans la crise ivoirienne qui a éclaté il y a trois ans.

Signé par le président Laurent Gbagbo, le chef de file des forces rebelles, Guillaume Soro, et les leaders des principaux partis de l'opposition, le communiqué stipule que le désarmement des milices pro-Gbago présentes dans le sud sous contrôle du gouvernement doit commencer immédiatement et s'achever le 20 août.

Bien qu'une cérémonie a eu lieu le 25 mai dernier à Guilo, une ville du Grand ouest, pour marquer le début du processus de désarmement de ces supposés groupes de miliciens, le communiqué final note que "le désarmement et le démantèlement de la milice n'ont pas encore commencé", les rebelles ayant refusé de restituer leurs armes tant que les milices n'auront pas commencé à désarmer.

Une nouvelle rencontre entre les responsables militaires du mouvement rebelle des Forces nouvelles et de l'armée nationale est prévue le 7 juillet prochain pour finaliser le chronogramme du désarmement des 42 000 combattants des forces nouvelles qui contrôlent le nord de la Côte d'Ivoire. D'ici à la fin juillet, ils devraient commencer à restituer leurs armes aux forces de maintien de la paix de l'ONU dans des sites de cantonnement spécifiques, précise le communiqué.

Les ministres issus du mouvement des Forces nouvelles devront entre temps réintégrer immédiatement le gouvernement de réconciliation de la Côte d'Ivoire.

Mbeki a décrit l'accord comme étant une « occasion historique » d'insuffler une nouvelle bouffée d'air au processus de paix chancelant.

« L'accord traduit la détermination de tous les leaders présents ici », a-t-il précisé.

Le communiqué a noté que les forces rebelles n'ont pas respecté les dates fixées initialement pour le début du désarmement en raison du retard pris dans l'application des réformes politiques convenues. Ces deux processus doivent aller de pair, a conclu le communiqué.

« Il est convenu que l'accueil des combattants devrait commencer à partir de fin juillet 2005, sachant le lien existant avec la décision d'amender les lois sur la nationalité et l'identification », indique le document.

L'Assemblée nationale devra également adopter d'ici le 15 juillet tous les amendements aux sept lois proposées par la médiation sud-africaine.

Ces lois portent sur la réforme de la Commission électorale indépendante, le financement des partis politiques, la nationalité, l'établissement de pièces d'identité et la création d'une commission des droits de l'homme, ainsi que sur la presse écrite et la communication audiovisuelle.

Le Front populaire ivoirien (FPI), le parti de Gbagbo, avait retardé jusqu'ici l'adoption de plusieurs projets de loi à l'Assemblée nationale. Le communiqué indique que si ces amendements ne sont pas adoptés par l'Assemblée nationale dans les deux semaines à venir, Mbeki, en tant que médiateur, sera autorisé à prendre une décision sur les mesures exceptionnelles telles que les ordonnances et les décrets à prendre par le président Gbagbo pour assurer que ces amendements soient votés.

Bien que certains diplomates s'interrogent de plus en plus sur la possibilité de réunifier ce pays d'Afrique de l'ouest et d'organiser des élections présidentielles crédibles à quatre mois seulement des échéances, toutes les parties présentes au sommet de Pretoria ont réaffirmé que les élections devront se tenir à l'échéance prévue.

« Ils ont réaffirmé l'importance de supprimer rapidement tous les obstacles à la tenue des élections présidentielles en octobre 2005 », note le communiqué.

Dans le cadre de la préparation des élections, Gbagbo avait provoqué l'ire des forces rebelles et de leurs alliés à l'Assemblée nationale en indiquant qu'il comptait confier la mise à jour du fichier électoral à l'Institut national de la statistique, plutôt qu'à la Commission électorale nationale.

Au sommet de Pretoria, il a été confirmé que l'Institut national de la statistique, contrôlé par l'Etat, effectuera la mise à jour du fichier électoral, mais ce processus se déroulera sous le contrôle de la Commission électorale nationale où des membres de l'opposition et des forces rebelles seront également représentés.

Le sommet qui s'est tenu dans la capitale sud-africaine a été appelé "Pretoria II" par la presse ivoirienne.

Il a été convoqué à l'initiative de Mbeki pour accélérer le processus de désarmement, de réunification nationale et électoral après les retards observés dans l'application de plusieurs mesures importantes prises lors du premier sommet de Pretoria qui s'est terminé le 6 avril dernier.

Etaient également présents au sommet, outre Gbagbo et Soro, le Premier ministre Seydou Diarra, l'ancien président de la république et chef de file du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), le plus important parti d'opposition à l'Assemblée nationale, et l'ancien Premier ministre et leader du parti d'opposition, le Rassemblement des républicains (RDR) qui dispose d'une forte base électorale dans le nord contrôlé par les forces rebelles.

Ouattara, qui envisage de se présenter aux élections présidentielles contre Gbagbo, a affirmé que la tenue du scrutin en octobre sera certes « difficile, mais pas impossible ».

« Je crois que cette fois-ci l'application des réformes ne posera pas de problème », a-t-il déclaré à la presse. « Je pense que ce sommet permettra de relancer le processus de paix. Nous avons tous accepté l'imposition de sanctions, ce qui prouve notre engagement au processus de paix ».

En conclusion, le communiqué final de Pretoria II recommande à l'Union africaine et au Conseil de sécurité « d'imposer des sanctions appropriées à toutes parties qui manqueraient de mettre en œuvre l'Accord de Pretoria et bloqueraient le processus de paix ».

La résolution 1572 du 15 novembre 2004 du Conseil de sécurité autorise le secrétaire général à imposer une interdiction de voyage et un gel des avoirs de tous individus qui entraveraient le processus de paix. Les Nations unies ont par la suite dressé une liste confidentielle de cibles potentielles pouvant faire l'objet de telles sanctions, même si celles-ci n'ont pas encore été appliquées.

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