Côte d'Ivoire

Côte d'Ivoire: Le Premier ministre doit former son nouveau gouvernement

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Réponse de M. de Villepin à une question d'actualité au Sénat
(Paris, 30 janvier 2003)

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Sénateurs,

Monsieur le Sénateur,

Vous l'avez dit, la Côte d'Ivoire est aujourd'hui devant une alternative grave. La paix, la réconciliation, la reconstruction, c'est le choix que nous avons fait pour permettre de sortir de la catastrophe annoncée, du piège annoncé qui était tendu à la Côte d'Ivoire. La guerre civile, c'est l'autre partie de l'alternative, l'embrasement régional, c'est ce qui se serait déjà passé si la France n'avait pas décidé d'assurer ses responsabilités devant la communauté internationale et devant tous les Ivoiriens.

Un choix clair a été fait à Paris, le choix d'abord de réformes de fond différé depuis trop d'années. La question de l'identité, de la nationalité, de la loi foncière, du statut des étrangers qui ont gangrené littéralement la Côte d'Ivoire depuis une dizaine d'années.

Le choix d'un Premier ministre d'union nationale fait à Paris par l'ensemble des forces politiques ivoiriennes, Premier ministre choisi par le président Gbagbo. Le choix d'une répartition des portefeuilles effectué par l'ensemble des forces politiques ivoiriennes réunies à Paris, avec l'accord du président ivoirien.

Choix, enfin, d'une garantie, et c'est pour cela que nous avons demandé aux plus grands représentants de la communauté internationale, communauté régionale, Union Africaine, Secrétaire général de l'ONU, de venir à Paris pour garantir ce processus.

Chacun le voit, nous sommes dans une phase de transition difficile, on ne passe pas de la guerre à la paix sans efforts et il faut pour cela, l'appui de tous. En côte d'ivoire, que chacun prennent ses responsabilités, en France que chacun soutienne les efforts de la diplomatie française au service de nos amis africains.

Vous avez raison, il faut répondre à l'inquiétude de l'ensemble de la communauté française et c'est pour cela que nous avons activé les dispositifs d'urgence, que nous avons mis en place les plans de sécurité, que nous avons renforcé des moyens de gendarmerie pour répondre à toute éventualité sur place.

D'ores et déjà, des messages sont transmis, chaque jour, plusieurs fois par jour et diffusés par l'ensemble des chefs d'îlots qui ont été sensibilisés à la nécessité de renforcer les communications. L'évacuation n'est pas à l'ordre du jour mais toutes les dispositions sont prises pour faire face à cette éventualité si elle devait s'imposer.

Les résultats, c'est la mobilisation de la diplomatie française, c'est l'effort fait par la France qui honore, je crois, notre pays et tous ceux qui, militaires, civils, communauté française réagissent aujourd'hui avec courage que nous souhaitons partagé par tous./.

Réponses du porte-parole aux questions du point de presse

(Paris, le 30 janvier 2003) - La France envisage-t-elle une autre initiative diplomatique après les critiques formulées par plusieurs factions ivoiriennes contre l'accord de Linas-Marcoussis, notamment la répartition des ministères ?

L'accord de Linas-Marcoussis, unanimement adopté par toutes les forces politiques ivoiriennes, prévoit la formation d'un gouvernement de réconciliation nationale. C'est à présent au nouveau Premier ministre qu'il revient de former son nouveau gouvernement, en consultation avec le président Gbagbo et les forces politiques. M. Seydou Diarra arrivera à Abidjan demain.

Je rappelle qu'un comité de suivi international doit également se mettre en place dans les prochains jours.

Le président Wade affirme que la composition du gouvernement ivoirien de transition a été imposée aux chefs d'Etat africains lors du sommet de Paris. Est-ce que vous confirmez ? et dans ce cas, comment a été prise la décision de céder le portefeuille de la défense au MPCI ?

J'ai déjà répondu hier. Il revient au nouveau Premier ministre de former son gouvernement.

Comment réagit Paris à l'annonce d'un protocole additionnel à Marcoussis, portant sur la gestion de la défense par le Premier ministre et remis hier au président Gbagbo par le ministre sénégalais des affaires étrangères ?

Je n'ai pas de réaction sur ce point. Il faut que je m'informe.

Je reviens sur l'attribution des portefeuilles de la Défense et de l'Intérieur. Soro dit que c'est Gbagbo qui en a convenu, Wade dit le contraire, pouvez-vous préciser votre réponse d'hier ?

Je crois avoir dit tout ce qu'il y avait à en dire. Le point a été effectivement évoqué au cours de la Conférence de Paris.

Réponses du porte-parole aux questions du point de presse

(Paris, le 29 janvier 2003) - Quelles mesures ont été prises pour regrouper les Français et les étrangers menacés par les manifestants hostiles aux accords de Linas-Marcoussis ? Quel sera le signal pour un rapatriement des ressortissants français ? Quelles dispositions techniques (avions, bateaux) ont été prises pour une telle évacuation ?

Comme l'a dit le Ministre, nous suivons la situation de très près et nous prenons les mesures nécessaires pour faire face à tous les types de situation. Mais la situation n'est pas celle d'une évacuation.

Je signale que les établissements scolaires ont été fermés à Abidjan à la suite des déprédations des derniers jours. Les vacances scolaires de février sont en conséquence avancées de quinze jours.

Certaines familles françaises veulent accélérer leur départ en vacances, nous prenons les dispositions nécessaires pour les aider.

Dans ces conditions, nous n'avons pris aucune mesure de regroupement des Français et des étrangers. Le signal, s'il devait jamais être donné, le serait par tous les moyens prévus et appropriés. Les dispositions techniques adéquates seraient activées.

Seydou Diarra doit il quitter Paris pour Abidjan aujourd'hui ?

Je dois vous inviter à l'interroger lui-même.

Pouvez-vous confirmer que les rebelles auront bien les postes de la défense et de l'intérieur selon l'accord de Marcoussis ?

Il est vrai que cette question a été évoquée à l'occasion de la Conférence de Paris.

Je vous invite à attendre les décisions qui vont être annoncées prochainement par les autorités ivoiriennes dans ce domaine.

Certains éléments en côte d'ivoire veulent faire appel aux Etats Unis pour les aider à sortir le la crise, avez vous un commentaire?

Je n'ai pas de commentaire particulier. En ce qui concerne une sortie politique de la crise, toutes les bonnes volontés sont les bienvenues.