Côte d'Ivoire

Côte d'Ivoire: En visite à Bouaké avec le comité de suivi, le chef de l'ONUCI, Pierre Schori, a invité mardi les ivoiriens à prendre des risques pour la paix

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ONUCI- 159

Abidjan, le 15 juin 2005 - « Il faut prendre des risques pour la paix, » a déclaré hier le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la Côte d'Ivoire, Pierre Schori, au cours d'un entretien avec les dirigeants des Forces Nouvelles. M. Schori était arrivé à Bouaké dans la matinée accompagné des membres du Comité de suivi de l'accord de Linas-Marcoussis, de son Représentant spécial adjoint en charge des affaires humanitaires, Abdoulaye Mar Dieye, du Commandant de la force de l'ONUCI, le Général Abdoulaye Fall, et de plusieurs proches collaborateurs.

Au cours d'un entretien au Ranhotel de Bouake entre les membres du Comité de suivi et des responsables des Forces Nouvelles, parmi lesquels le Secrétaire général adjoint, Louis Dacoury-Tabley, et le Directeur de cabinet du Secrétaire général, Ahmadou Koné, auquel assistaient les représentants du médiateur sud-africain, les colonels Madjola et Mathebula, les Forces Nouvelles ont fait part de leur scepticisme quant à la tenue possible des élections au 30 octobre 2005. Ahmadou Koné a également fait valoir « qu'aucune date butoir n'avait été prévue pour les élections dans l'Accord de Linas-Marcoussis et que cette date du 30 octobre 2005 avait été unilatéralement décrétée par le Président Laurent Gbagbo. » Pour sa part, le Secrétaire général adjoint des Forces Nouvelles a estimé « qu'en dépit d'une implication accrue des Nations Unies dans l'organisation des élections, les véritables raisons de la crise ivoirienne, à savoir le problème de l'identification, persistaient. »

Face au scepticisme des Forces Nouvelles, le Représentant spécial a rappelé que le processus électoral bénéficiait désormais de garanties fournies par la dernière résolution 1603 du Conseil de sécurité, que la sécurité des personnalités politiques avait été prise en compte, avant d'insister sur le fait que le processus de désarmement, démobilisation et réinsertion devait à présent aller de l'avant. M. Schori a indiqué que le Secrétaire général des Nations Unies ferait rapport au Conseil de sécurité le 22 juin prochain sur les derniers développements de la crise ivoirienne et qu'une nouvelle résolution devrait ?tre adoptée quatre jours plus tard. Par ailleurs, une délégation sud-africaine devait séjourner à Bouaké à compter de ce mercredi 15 juin pour prendre connaissance du bilan dressé par les Forces Nouvelles sur l'évolution de la situation depuis le sommet de Pretoria.

Le Représentant spécial et sa délégation s'étaient rendus auparavant sur le site de regroupement en cours de réhabilitation au camp du troisième bataillon d'infanterie des Forces Nouvelles (FAFN) prévu pour accueillir les combattants qui seront désarmés, démobilisés, puis réinsérés dans le cadre du processus de DDR. De farouches combats avaient opposé dans ce camp les FAFN et les Forces armées de Côte d'Ivoire (FANCI) le 19 septembre 2002 et plus récemment, lors des événements des 4, 5 et 6 novembre 2004. Au cours de cette visite, les membres du Comité de suivi ont pu s'entretenir avec le Commandant militaire des Forces Nouvelles pour la région Centre, Chérif Ousmane, qui a fait valoir que la question du respect de la date prévue pour le démarrage du processus de DDR était étroitement lié au parachèvement de la réhabilitation des sites et que cette responsabilité incombait en premier lieu à la Commission nationale en charge du processus de désarmement, démobilisation et réinsertion.

M. Schori et sa délégation avaient visité plus tôt dans la matinée le Lycée classique et moderne I de Bouaké, où ils ont pu constater par eux-mêmes les problèmes rencontrés dans le domaine de l'éducation, puis le Centre hospitalier universitaire (CHU) de Bouaké, où ils ont fait le tour du service pédiatrie et du bloc néo-natal.

Dans l'après-midi, le Représentant spécial et les membres du Comité de suivi ont ensuite effectué une brève visite sur le site de cantonnement et de démobilisation de Bondoukou. Au cours de cette deuxième étape, Megabou Soumahoro, Coordonnateur régional du PNDDR et Jean-Luc Stalon, Chef de la division DDR de l'ONUCI ont rappelé au Comité de suivi que le désarmement devrait démarrer par l'est de la Côte d'Ivoire. Ils ont indiqué que si le site de Bouna prévu pour la partie des Forces Nouvelles n'était malheureusement pas encore accessible, celui de Bondoukou était fin pr?t pour accueillir les ex-combattants des forces gouvernementales. M. Schori et sa délégation ont regagné Abidjan dans la soirée.

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