Côte d'Ivoire

Côte d'Ivoire : Action contre la Faim prévient l'urgence

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Aujourd'hui, compte-tenu du conflit qui frappe la Côte d'Ivoire depuis mi-Septembre, Action contre la Faim souhaite souligner la précarité de la sécurité alimentaire d'une partie de la population.
Les populations ont adopté des mécanismes de réaction à la crise ...

La crise politique ivoirienne a entraîné l'épuisement et la pénurie des moyens de paiement,

la réduction massive des revenus -voire leur absence totale pour de nombreuses familles-, et

la baisse drastique des échanges commerciaux. Fragilisée, une large partie de la population a dû s'adapter à la crise:

- Des déplacements de population : Selon l'OCHA* , environ 1,1 million de personnes se sont déplacées depuis le début du conflit, pour des raisons de sécurité : principalement au sein du pays (près d'1 million) ou vers les pays voisins (150 000). Ainsi dans le nord, nombreuses sont les familles dont une partie a migré vers le sud ou les zones rurales.

- Une réduction de la consommation alimentaire : Une partie de la population a modifié ses habitudes alimentaires en particulier dans le nord du pays, coupé de l'approvisionnement en provenance du sud. Ainsi à Bouaké, Action contre la Faim a observé, dans un premier temps, une détérioration de la qualité des repas liée à la suppression de denrées chères telles que la viande, le poisson et les condiments. La population a ensuite diminué le nombre de repas et la quantité d'aliments, réduisant au total de près de moitié leurs rations journalières.

Face à un apport énergétique moindre, des carences alimentaires sont à craindre, en particulier chez les enfants, entraînant une fragilisation de l'état immunitaire, une augmentation des risques d'infections et finalement une hausse du risque de malnutrition.

...qui hypothèquent leur sécurité alimentaire et, à terme, leur statut nutritionnel

Si le conflit perdure, face à l'épuisement des stratégies d'adaptation et au manque de structures de santé, la situation nutritionnelle des populations les plus touchées risque de se dégrader.

Action contre la Faim met donc en place un programme alimentaire destiné aux enfants entre 1 et 6 ans. Ainsi, dans le nord, à Bouaké, l'association a mené, en décembre, une distribution alimentaire massive auprès de 40 000 familles. Dès la fin du mois, des cantines dans les différents quartiers de la ville seront mises en place par Action contre la Faim afin de fournir 20 000 repas chaque jour.

En parallèle, le suivi de la sécurité alimentaire et de la situation nutritionnelle dans le nord et le sud du pays se poursuit, afin de répondre à d'éventuels besoins. Analyses disponibles

Action contre la Faim appelle également la Communauté internationale à se mobiliser plus largement pour que des réponses humanitaires globales soient apportées afin de limiter les risques de crise aiguë.

Données OCHA, Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires de Nations Unies, du 10 janvier 2003.

Informations presse :

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