Côte d'Ivoire

Côte d'Ivoire: Accords de Paris - Le discours du Président de la République à la Nation

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(07 février 2003)
Ivoiriennes,

Ivoiriens,

chers compatriotes,

vous qui nous faites l'honneur d'habiter la Côte d'Ivoire,

Je m'adresse à vous aujourd'hui une fois de plus pour vous parler de la guerre et j'espère que cette fois ce sera pour parler de la fin de la guerre. Depuis le 19 Septembre 2002, comme vous le savez, la Côte d'Ivoire a été agressée de façon injuste. C'était pour faire un coup d'Etat. Ce coup d'Etat a échoué. Ils sont allés s'installer à Bouaké où ils ont fait un Kyste. Et ce coup d'Etat manqué s'est transformé en rébellion armée. Depuis, pour obtenir la paix pour mon pays, je vais de pays en pays, de capitale en capitale. Accra, Dakar, Bamako, Lomé puis Paris récemment. Au moment où j'étais à Paris après que les partis politiques et les mouvements rebelles fêtaient les accords de Linas-Marcoussis, vous vous êtes soulevés de colère. Je n'ai pas attendu une seule seconde, je suis venu aussitôt parce que ma place est aux côtés de mon peuple. Quand je suis arrivé j'ai vu cette colère , j'ai entendu cette colère. J'ai donc décidé de vous parler, mais avant de vous parler, j'ai décidé de vous écouter. Je pense qu'il faut d'abord écouter, comprendre, analyser avant de parler. C'est pourquoi tour à tour, j'ai réuni tous ceux qui constituent la force vive de la Nation. J'ai écouté presque tout le monde pendant plusieurs jours. J'ai analysé et aujourd'hui le temps est venu pour moi de dire la parole de la Côte d'Ivoire. Je voudrais commencé par remercier la Communauté Internationale, nos voisins, nos amis. Ceux qui sont condamné avec nous à vivre sur cette proportion de terre qu'on appelle l'Ouest Africain. Dès les premiers moments de cette crise, ils se sont portés à notre secours. Je les remercie pour leur engagement à nos côtés. Je les remercie pour toutes les dispositions qu'ils nous ont faites pour régler pacifiquement cette crise. Je remercie particulièrement celui qui était le président de la CEDEAO quand la crise a éclaté, le président Abdoulaye Wade. Je remercie celui qui nous a accueilli le premier pour discuter de la crise ivoirienne, notre amis, notre voisin, le président John Kuffour qui est aujourd'hui président en exercice de la CEDEAO. Je remercie le général Gnassingbé Eyadéma qui pendant plus de deux mois a abrité les pour parlers entre les forces gouvernementales et les forces rebelles. Je remercie l'Union Européenne qui à travers les Chefs d'Etat successifs qui la dirigent nous a apporté un soutien. Récemment, à la conférence de Paris le Président de la commission européenne, M. Romano Prodi nous a proposé une aide financière importante si tôt la paix est revenue. Je remercie en même temps que l'Union Européenne la France qui au sein de l'Union Européenne a joué un rôle capitale. Un rôle de sécurisation en Côte d'Ivoire et un rôle d'agitation à l'intérieur de l'Europe et du monde pour attirer l'attention des autres nations industrialisées sur le cas de la Côte d'Ivoire. Je remercie enfin tout naturellement l'Organisation des Nations Unies avec son secrétaire général Kofi Annan , notre frère, notre voisin. Depuis le début de " cette crise, il m'appelle autant de fois qu'il le peut pour m'apporter son soutien. Il soutient notre cause . Partout où nous sommes il est présent où à tout le moins il envoie des délégués. Je lui suis reconnaissant d'avoir attiré l'attention des Nations Unies sur le sort injuste qui nous est fait. Les Nations Unies ont déjà voté deux résolutions et je leur en suis reconnaissant. Maintenant je voudrais parler au peuple de Côte d'Ivoire, mon peuple. Que vous dire sinon que nous sommes ensemble. Nous sommes ensemble depuis toujours donc je vous connais et vous me connaissez. Je crois que c'est cela que certains ne perçoivent pas. Je vous connais et vous me connaissez. Jamais je ne vous ai trahi et jamais je ne vous trahirai et je me rends compte que vous même jamais vous ne m'avez trahis. Vous m'avez accompagné à Paris dans une escorte émouvante. Les cris de joie le discutait aux larmes. Depuis Cocody jusqu'à l'Aéroport, vous étiez massés le long de la route. Quand je suis venu précipitamment de Paris jusqu'à 23 heures vous étiez encore présents le long de la route m'encourageant à résister, m'encourageant à tenir. Depuis l'aéroport jusqu'à cocody vous étiez encore là. Je vous suis reconnaissant car cela est le prix du travail que nous faisons ensemble. Ce prix là est au dessus de tous les autres. Depuis 1990 vous n'avez cessé de m'apporter votre chaleur et votre soutien. C'est Dieu seul qui pourra vous remercier. En tout cas moi en tant qu' homme je ferai toujours ce que je peux pour mériter votre confiance. Quand je dis que je salue le peuple je parle du peuple dans sa globalité. Je salue les jeunes mobilisés comme jamais, les femmes, les travailleurs. Tout ce monde qui vient de démontrer une fois encore la légitimité que j'ai à exercer ce pouvoir. La première fois que le peuple ce Côte d'Ivoire m'a donné une légitimité, c'était le 22 octobre 2000 en votant massivement pour moi avec plus de 59% des voix. C'est un score très large. La deuxième fois qu'il m'a donné la légitimité, c'est quand on a voulu détourner ce vote le peuple est descendu massivement dans les rues pour aller chercher dans la rue ce qu'il m'avait donné dans les urnes, c'est-à-dire le pouvoir d'Etat. Aujourd'hui depuis que cette guerre a éclaté le peuple me donne une légitimité en répondant présent quotidiennement dans la rue pour expliquer qu'ils ont voté un homme et qu'il soutienne cet homme là. Ils ont mis en place un pouvoir et ils soutiennent ce pouvoir. Tel est le message que vous me faites parvenir et tel est le message que vous faites parvenir au monde. Je suis avec vous. Je ne vous trahirai pas. Nous sommes engagés ensemble dans une révolution démocratique. Souvent les gens ne perçoivent pas bien ce qui se passe en Afrique et en Côte d'Ivoire. Mais c'est une révolution démocratique. La partie visible de cette révolution a commencé en 1990. Mais cela a été une gestation longue, difficile, douloureuse où certains de nos camarades de combat ont perdu la vie. Certains ont été gagnés par le découragement et ont abandonné la lutte. Nous autres qui sommes là devant vous aujourd'hui nous sommes les survivants de ces combats. Et c'est à juste titre que vous me rendez honneur pour toutes les privations que nous avons subies, pour toutes les humiliations que nous avons subies et pour tout le parcours épineux que nous avons fait. Je suis avec vous. Nous sommes ensemble et jamais je ne vous trahirai. Des réactions apparaissent ici et là. Ce que je vous demande, c'est de ne pas vous en prendre aux hommes politiques présents à Marcoussis. Eux tous, quelque soit leur parti et leur position, étaient animés d'un seul désir qui est de faire revenir la paix. Aucun d'entre nous n'a trahi. Chacun a cru bien faire. C'est à nous aujourd'hui, à moi plus particulièrement Chef d'Etat d'assumer ce qui a été fait par les partis politiques à Marcoussis. Et je demande aux partis politiques de ne pas se tirer dessus eux- mêmes. L'heure est au rassemblement pour sauver la Côte d'Ivoire et retrouver le chemin de la paix. Le chemin de la paix, il est difficile à trouver. Ce n'est pas un chemin aisé. Ce n'est pas une route bitumée large avec six couloirs . C'est une piste qu'on ne perçoit pas et qui est quelques fois rocailleuse, sablonneuse, pleine d'épines. C'est cela le chemin de la paix. Que partout chaque homme politique fasse son travail pour trouver le chemin de la paix pour toute la Côte d'Ivoire. Ceux qui ont trébuché , qui se sont trompés et qui sont tombés, donnons leur la main pour qu'ils se relèvent. Mais ne leur tirons pas dessus. Parce qu'en politique il y a deux voies. Il y a la trahison qui est un acte volontaire et l'erreur qui est involontaire. Si quelqu'un trahi alors tirez lui dessus. Mais si quelqu'un n'a pas trahis et qu'il s'est trompé et même de bonne fois tendons-lui la main pour le relever.

Chers amis , chers Compatriotes ne tirez pas sur vos leaders qui étaient à Marcoussis car je suis convaincu que chacun en ce qui le concerne a voulu faire un bon travail. A ce niveau du discours, il nous faut marquer une solidarité avec toutes les victimes de la guerre. Aux forces de Défense et de Sécurité. La BAE notamment a joué le rôle de combat comme une force militaire. Les douanes, oh les douanes qui nous ont fait tellement honneur en cette période de crise en faisant des entrées supérieures à celles réalisées en période de paix. Les Agents des Eaux et Forêts et les sapeurs pompiers. Je les salue d'abord parce que ils ont subi les agressions de plein fouet. Le chef d'Etat Major a été attaqué dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002. Ces hommes ont fait front alors que des colonnes rebelles tentaient de couper la route de Bingerville pour les empêcher de venir, ils ont fait sauté le bouchon pour venir en aide aux gendarmes enfermés au camp de Gendarmerie. La gendarmerie, elle, a subi le plus grand choc cette nuit là. Nuit noire, nuit de tristesse. Nuit de larmes. La gendarmerie a été attaquée sur plusieurs fronts. Le domicile du commandant supérieur de la gendarmerie a été attaquée et mitraillée à l'arme lourde. Le célèbre camp de la gendarmerie d'Agban a été encerclé et mitraillé. Et les rebelles sont même entrés jusqu'à l'intérieur où ils ont essayé de s'emparer de la poudrière et neutraliser ce corps d'élite. Mais ceux ci ont réussi à se défaire de leurs agresseurs. L'école de gendarmerie a été attaquée à l'arme lourde. Lance roquette antichar. Mais nos hommes ont néanmoins eu le dessus. La police, la BAE de Yopougon a été encerclée et attaquée à l'arme lourde ; Et ces derniers se sont battus vaillament. Ils ont repoussé l'ennemi et ont réussi à le chasser d'Abidjan. Honneur, Honneur et Gloire à nos forces armées. Aujourd'hui les rebelles occupent une partie du territoire ivoirien. Ils se répandent dans toute les radios et ils disent qu'il occupent 60% du territoire. Je ne vais pas faire de calcul pour savoir exactement le pourcentage de territoire qu'ils occupent. Mai ce qui est certain, nos Forces armées, notre armée, notre gendarmerie et notre police ont réussi à sécuriser 90% de l'outil de production économique. Les 90% de l'outil économique se trouvent dans les zones sous contrôle des forces gouvernementales. C'est pourquoi la Côte d'Ivoire continuent de vivre normalement. Ce qui est certain, c'est que nos forces ont réussi à sécuriser 82% de la population. Voilà la vérité. C'est ça la vérité. Et c'est pour cela aussi que le coup d'état a échoué. Voilà pourquoi chers amis je dis gloire et honneur à nos forces de Défense et de sécurité. A présent nous allons parler de l'objet de votre colère. Quand je suis rentré chez moi, il y a un de mes amis qui m'a demandé est ce que le peuple qui est dans la rue à tort d'y être ? Je lui ai répondu non et que si je n'étais pas président de la république je serai avec eux sur la place de la République. Je comprends votre colère. Parce qu'au moment où les discussions n'étaient pas achevées, il était insoutenable de voir à la télévision un rebelle apparaître et dire qu'il est ministre de la Défense et que son ami est ministre de l'Intérieur. C'est cela qui a mis le feu aux poudres. A partir de ce moment, plus personne n'a cherché à regarder réellement ce qui se passe et à Marcoussis et à Paris. C'est pourquoi j'ai dis que si je n'étais pas président de la République je serais dans la rue avec vous. Car vous avez raison. C'est pourquoi avant d'entreprendre toute analyse je voudrais préciser deux point. L'armée de Côte d'Ivoire, la gendarmerie de Cote d'Ivoire et la Police de Côte d'Ivoire ne seront pas désarmées. Cet aspect qui se trouve dans les textes de Marcoussis et qui a été nuancé dans les annexes a fait l'objet de plusieurs coups de fil et de plusieurs démarches de la part du président français. IL m'a rassuré que c'était une mauvaise lecture et qu'il n'a jamais été dans l'intention de ceux qui ont rédigé ce document que nos forces de Défense et de Sécurité soient désarmées ;, Je vous rassure que les FANCI, la Gendarmerie et la Police ne seront pas désarmées. Que cela soit claire pour tout le monde. Le deuxième point, c'est que je n'ai pas encore formé de gouvernement. Donc, il n'est pas question de dire que tel ministère appartient à tel et tel autre appartient à tel autre. Les ministères sont attribués que lorsque le président de la République de par les pouvoirs que vous lui avez donnés en l'élisant, pouvoirs confirmés par la constitution, signe le décret nommant le gouvernement de la République. Je n'ai nommé aucun gouvernement. A partir de ce moment, je peux reprendre le texte de Marcoussis et en parler. Le texte de Marcoussis nous pouvons en parler à l'aise. Je voudrais d'abord vous dire qu'il y a une grande différence entre les pourparlers de Lomé et ceux de Marcoussis. Les pourparlers de Lomé ont été organisés par le président Eyadéma coordonateur du groupe de contact de la CEDEAO sur la Côte d'Ivoire. Il m'a demandé de lui dépêcher une délégation de l'Etat qui discuterait avec le groupe rebelle. J'ai donc désigné une délégation équilibrée composée par les membres de tous les partis formant le gouvernement comprenant un officier de l'armée, un autre de la gendarmerie et un autre encore de la Police. Les discussions ont eu lieu pendant deux mois. Mais l'essentiel c'est que c'était l'Etat discutait directement avec les rebelles. Pour Linas Marcoussis, la France à invité directement des partis politiques et trois mouvements rebelles. En droit, je peux donc affirmer que c'est une discussion entre des entités privées. Mais je suis le Chef de l'Etat et l'objectif de la discussion était de rechercher la paix en Côte d'Ivoire. Je ne peux donc pas dire que je rejette ces textes même si l'Etat n'était directement partie prenante dans la discussion. Le texte qui est sorti de Marcoussis est un texte de compromis. J'ai dis à Paris qu'aucun texte de compromis n'est bon. Tous les textes de compromis que je connais sont tous de mauvais textes avec lesquels il faut faire. Ce sont tous des textes mal taillés avec lesquels il faut travailler. Les aspects les plus saillants dans les accords de Marcoussis ce sont les parties du textes qui sont en contradictions avec la constitution de Côte d'Ivoire. Je peux citer dans le texte de Marcoussis le premier ministre nommé est inamovible jusqu'à 2005 ; Ce qui est contraire à la constitution qui dit que le président nomme le premier ministre et met fin à ses fonctions. Il y a comme cela des points où on a essayé de faire glisser notre régime présidentiel vers un régime parlementaire. Mais nous ne sommes pas dans un régime parlementaire, nous sommes dans un régime présidentiel et la clé de voûte de toutes les institutions c'est le président de la République. J'entends conserver toutes les prérogatives que la constitution met à ma disposition. J'entends prendre toutes les responsabilités qui sont contenues dans la constitution. C'est pourquoi je vous dis que le texte de Marcoussis ne sera pas considéré comme une constitution bis. Chaque fois qu'il y aura une contradiction entre le texte de Marcoussis et la constitution, j'appliquerai la constitution. C'est pourquoi j'ai déjà dit que tout ce qui est dans le texte de Marcoussis pour la transformation de tel article de la constitution ou de telle loi ne peuvent être considérés que comme des propositions, parce que nous n'allons pas desservir le peuple de ses prérogatives en matière de référendum et des prérogatives de l'assemblée nationale en matière de vote des lois. Ceci dit, le texte de Marcoussis a été écrit dans l'esprit de trouver une solution pacifique à notre crise actuelle. Donc il faut remercier ceux qui ont travaillé à Marcoussis, car leur objectif c'est de trouver la paix et nous les Ivoiriens aujourd'hui nous cherchons la paix. Ce texte affirme d'emblée le respect de l'intégrité territoriale de la Côte d'Ivoire. Il affirme le respect de l'intégrité de la République. Il affirme la restauration de l'intégrité de l'Etat sur l'ensemble du territoire nationale et il affirme la condamnation des corps d'Etat et prévoit la voix des urnes comme voix unique pour accéder au pouvoir. C'est pourquoi, je vous invite chers compatriotes à accepter l'esprit des accords de Marcoussis et donc les accords de Marcoussis comme base de travail. Il ne faut pas craindre. Toute la communauté internationale nous regarde. La CEDEAO, l'Union Africaine, l'Union Européenne et l'ONU nous appellent pour nous dire ce n'est pas grave appliquez les accords et après on fera des aménagements indispensables. Sinon nous sommes avec vous. On ne peut pas vivre comme si nous étions seuls. Je voudrais dire à tous ceux qui nous ont apporté leur soutien et qui sont intervenus auprès de moi durant ces dix derniers jours que j'accepte et que je m'engage dans l'esprit du texte de Marcoussis. Je ne sais pas tricher et je ne suis pas un tricheur. Et donc je m 'inscris dans le cadre général des accords de Marcoussis c'est pourquoi d'ailleurs j'ai signé un décret pour nommer un premier ministre, Seydou Diarra, après avoir consulté ceux qui était présents à Paris. Je sais que sa nomination irrite beaucoup d'entre vous et vous êtes fâchés pour ce que j'ai fait. Je vous comprends. Vous êtes fâchés pour deux raisons. D'abord parce que je l'ai fait à Paris même si c'était à notre ambassade et ensuite parce que j'ai remplacé votre gouvernement qui faisait du si bon travail. Je vous comprends. Pour l'instant, gardons le soutien de la communauté internationale. Elle me pousse à aller vers un compromis. Ce compromis, si je l'ai fait c'est pour vous. J'ai dis que la constitution s'appliquera. Laissez Seydou Diarra faire ses consultations et me proposer un gouvernement. Votre rempart est la dernière signature. C'est cela votre rempart. Un document que je n'ai pas signé n'est pas valable. Donc vous avez l'assurance que votre homme, votre frère est là et il veille sur vos intérêts. Laissez Seydou Diarra travailler, laissez-le me proposer un gouvernement qui ne divise pas les ivoiriens pour qu'ils puissent travailler et qui ramène la paix en Côte d'Ivoire. Si la nomination de Seydou Diarra peut nous emmener la paix, je ne regrette pas de l'avoir nommé. Mais si sa nomination doit susciter des contradictions et nous éloigner de la paix, nous le saurons bientôt. Tant qu'on ne l'a pas laissé travailler nous ne saurons rien. C'est moi qui vous demande pardon. Je vous demande pardon au nom de toutes les erreurs que j'ai commises à Marcoussis et Paris. Je vous demande pardon pour tout ce qui a pu vous heurter. Mais sachez que tout ce que j'ai fait ; je l'ai fait en pensant à vous. Moi je n'ai aucun intérêt propre. Je vous l'ai déjà dit je ne suis ni planteur, ni industriel ni commerçant. Mon seul intérêt c'est que ce mandat que vous m'avez donné qu'il réussisse et que vous ayez ce que vous n'avez jamais eu. C'est ça qui est mon seul intérêt. Je veux donc travailler en application aux accords de Marcoussis tant que cet accord n'est pas en contradiction avec notre constitution. Sur ce plan il faut vous tranquilliser. On ne fera rien de contraire à ce que vous avez décidé. Au contraire tout ce que nous avons tenté de faire c'est une nouvelle tentative de recherche de la paix. On a déjà essayé Accra, Bamako, Lomé, Dakar. Mais essayons encore. C'est nous qui cherchons la paix. C'est nous qui sommes demandeurs. C'est notre pays qui est divisé. Nous cherchons, nous cherchons, nous cherchons. Essayons cela. Et si ça ne marche pas on verra bien. Mais si ça marche et je souhaite que ça marche parce que nous sommes fatigués de la guerre. Si ça marche, nous aurions tous retrouvé le sourire.

Chers compatriotes , faisons preuve de patience, de beaucoup de patience. Faisons preuve de tolérance. J'ai appelé au rassemblement et il n'y a pas de rassemblement sans tolérance. Essayons ce nouveau remède. On nous a proposé beaucoup de remèdes. Celui de Dakar, d'Accra , de Bamako, de Lomé. On a pas été guéri c'est pourquoi on encore là. Et j'aime bien l'expression qu'a utilisé Thabo M'béki à Paris. Il dit nous les africains nous sommes venus à Paris parce que nous n'avons pas trouvé de solution en Afrique. Cela est notre drame. Donc essayons ce médicament. S'il nous guéri c'est tant mieux. Mais s'il ne nous guéri pas, nous essayerons un autre médicament. Pour le moment, faisons confiance à ce médicament et faisons tout pour qu'il nous guérisse et il nous sorte des retards de guerre. Je suis déterminé à faire en sorte que l'autorité de l'Etat s'étende sur la totalité du pays. Je suis déterminé à laisser à mon successeur la totalité du pays tel que je l'ai reçu. Allez au travail. Allons tous au travail. Vous savez que ce qui fait la Côte d'Ivoire c'est sa capacité à produire des richesses. Si nous sommes enviés , c'est parce que nous travaillons. Je vous rappelle quand même que nous les premiers producteurs de Cacao et que nous avons 40% des richesses de l'UEMOA. Nous n'allons pas perdre cela. Elèves et étudiants, allez à l'école. S'il faut que je vous appelle pour défendre la Patrie, je vous appellerai. Faisons preuve de confiance les uns dans les autres. Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire Je vous remercie.