Bulletin hebdomadaire d'information No. 4 pour l'Afrique de l'Ouest

Report
from IRIN
Published on 28 Jan 2000
NATIONS UNIES
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(du 22 au 28 janvier 2000)

SENEGAL: Le Sénégal lâche du lest vis à vis du MFDC

Les chances d'une paix durable au Sénégal se sont accrues mercredi lorsque le gouvernement a accepté de lever certaines des restrictions prises à l'encontre des séparatistes du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC).

Dans un communiqué conjoint publié à l'issue de trois jours d'entretiens, à Banjul, en Gambie, les séparatistes et le gouvernement ont signalé que les membres du MFDC seraient dorénavant autorisés à circuler librement, tenir des réunions publiques et détenir des documents concernant leur organisation. Toutefois, le gouvernement exigera toujours des séparatistes qu'ils obtiennent une autorisation officielle avant chaque réunion.

Les deux parties ont convenu que leurs forces se retireraient des positions qu'ils occupent et "examineraient cette question plus en détail lors de leur prochaine rencontre", prévue pour mars.

Elles ont souligné l'urgence de coopérer au déminage des zones de guerre et à l'enlèvement de toutes les pièces d'artillerie non explosées dans la riche province agricole de Casamance. Si toutes deux sont convaincues de la nécessité d'apporter une aide humanitaire aux réfugiés et personnes déplacées de Casamance, les points de vue diffèrent cependant quant à la nécessité d'enregistrer les réfugiés nommément: le gouvernement y est favorable alors que MFDC s'y oppose. La raison de l'opposition du MFDC n'était pas reprise dans le communiqué.

Le porte-parole du MFDC, Alexandre Djiba, a signalé jeudi à IRIN que le gouvernement sénégalais et son mouvement se réuniraient la semaine prochaine à Ziguinchor, première ville de Casamance, pour mettre en place un mécanisme de contrôle des accords conclus à ce jour.

Cette série de pourparlers, la seconde des réunions mensuelles prévues, a été facilitée par la Gambie. Les garants de la résolution de mercredi sont les Ministres gambien et bissau-guinéen des affaires étrangères. Le MFDC a lancé sa guerre d'indépendance en 1982.

SENEGAL: Les victimes d'Hissène Habré témoignent

Trois victimes tchadiennes de torture ont témoigné vendredi devant un tribunal de Dakar des atrocités commises sous le régime de l'ancien dirigeant tchadien, Hissène Habré, de 1982 à 1990, a indiqué vendredi à IRIN, depuis le Sénégal, Reed Brody, directeur du plaidoyer pour Human Rights Watch (HRW).

L'une des victimes, Suleymane Guengueng, 48 ans, a expliqué à la cour qu'il avait failli mourir de la fièvre dengue au cours de deux années de mauvais traitements qu'ils a subis dans les prisons tchadiennes. Une autre, Samuel Togoto, 53 ans, a raconté que ses mains et ses pieds sont restés liés derrière son dos pendant tellement de temps qu'il en était resté temporairement paralysé.

Dans la plainte au pénal introduite mardi devant la justice de Dakar, un collectif d'associations de défense des droits de l'Homme a fourni les détails concernant 97 cas d'assassinats politiques, 142 cas de torture et 100 cas de "disparitions" commis par les forces d'Hissène Habre au cours de ses huit années au pouvoir.

HRW précise que le nombre exact des victimes de M. Habré est inconnu. Toutefois, rappelle l'organisation, une Commission Vérité établie par le gouvernement Déby a accusé l'administration Habré de 40 000 meurtres politiques et 200 000 cas de torture. La plupart d'entre eux auraient été commis par les 8 000 hommes de sa police secrète, la Direction de la Documentation et de la Sécurité (DDS).

Diverses organisations se sont jointes à la plainte introduite mercredi par HRW, notamment l'ONG sénégalaise 'Rencontre africaine pour la défense des droits de l'Homme (RADDHO), l'Association tchadienne pour la Promotion et la Défense des Droits de l'Homme, la Ligue tchadienne des droits de l'Homme (LTDH), l'Organisation Nationale pour les droits de l'Homme (Sénégal), le groupe de Londres Interights, la Fédération Internationale des Ligues des droits de l'Homme (FIDH) et l'organisation française Agir Ensemble.

"C'est la première fois que des victimes africaines demandent à un Tribunal d'un autre pays d'Afrique, de poursuivre un ancien dictateur africain", a expliqué à IRIN Alioune Tine, président de la RADDHO.

SIERRA LEONE: Deux présidents s'engagent pour le processus de paix

Souhaitant consolider la paix fragile en Sierra Leone, les Présidents de Sierra Leone, Ahmad Tejan Kabbah, et du Mali, Alpha Oumar Konaré, ce dernier en tant que président en exercice de la CEDEAO, ont décidé lundi de visiter les différentes provinces de Sierra Leone au cours des prochaines semaines pour relancer les opérations de désarmement et démobilisation et donner un nouvel élan au processus de paix.

Cette décision est reprise dans un communiqué de la Communauté Economique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) publié lundi, à l'issue de la seconde réunion du Comité Mixte d'Application (CMA), qui contrôle la mise en oeuvre de l'Accord de Paix de Lomé, signé en juillet par le gouvernement et l'ancien groupe rebelle, le Front révolutionnaire uni (RUF), aujourd'hui transformé en parti politique.

Le dirigeant du Parti du RUF (RUFP), Foday Sankoh, l'ancien chef du Conseil Révolutionnaire armé (AFRC), Johnny Paul Koroma, et le Secrétaire Exécutif de la CEDEAO, Lansana Kouyate, accompagneront les deux présidents, précise le communiqué.

Présence à la réunion du CMA

Présidée par M. Konaré, la rencontre a vu la participation des ministres des affaires étrangères du Burkina Faso, de Côte d'Ivoire, du Ghana, de Guinée, du Liberia, du Mali, du Nigeria et du Togo. Etaient également présents les représentants de l'ONU, de l'OUA, du Commonwealth, de l'ECOMOG, des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de la Libye, du RUFP, et M. Koroma, qui représentait la Commission pour la Consolidation de la Paix, qu'il préside.

Le CMA a conclu que "des progrès substantiels" avaient été accomplis dans la mise en oeuvre de l'Accord de Paix de Lomé, même si "beaucoup reste à faire", selon le communiqué.

Le Comité a appelé les représentants des groupes armés, ainsi que le Groupe de contrôle du Cessez-le-feu de la CEDEAO (l'ECOMOG) et la Mission des Nations Unies en Sierra Leone (UNAMSIL), à veiller au démantèlement de tous les barrages routiers illégaux soupçonnés d'avoir été installés par d'anciens combattants.

Les activités qui empêchent la livraison sans entrave de l'aide humanitaire doivent cesser immédiatement et les enfants doivent être démobilisés dès à présent pour empêcher leur enrôlement dans des groupes armés, a indiqué le CMA.

SIERRA LEONE: 600 anciens combattants se présentent dans un camps DDR

Environ 600 anciens combattants se sont présentés le week-end dernier aux camps de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) du district de Port Loko, au nord-est de Freetown, a indiqué mardi à IRIN le secrétaire exécutif du Comité National pour le Désarmement, la Démobilisation et la Réintégration (NCDDR), Francis Kaikai. Il a expliqué que certains anciens combattants seraient transférés vers Lungi par manque de place sur les sites de Port Loko.

SIERRA LEONE: Allocations et cartes d'identité pour les anciens combattants

Plus de 1 100 anciens combattants des centres de démobilisation de Port Loko et Lungi reçoivent actuellement une allocation équivalant à 150 dollars américains, selon un bulletin d'information du Comité National pour le Désarmement, la Démobilisation et la Réintégration (NCDDR) daté du 25 janvier.

Cet argent constitue la première tranche d'une allocation que les anciens combattants reçoivent avant de quitter les centres. La seconde tranche doit leur être remise à un moment ultérieur, après leur sortie des centres; ils sont à ce moment-là censés pouvoir démontrer qu'ils se sont réadaptés à la vie civile.

Les 1 100 hommes ont terminé leur "cours d'orientation avant démobilisation" mais ne seront rendus à la vie civile que lorsqu'ils auront reçu leurs documents d'identité, selon le NCDDR. Près de 500 anciens combattants ont reçu des cartes d'identité la semaine dernière.

Par le passé, des malentendus et des litiges concernant le paiement de cette allocation ont provoqué une certaine agitation dans les camps de démobilisation.

Parallèlement, l'Equipe de Réponse aux Situations d'Urgence (ERSU), une équipe financée par les Britanniques qui s'occupe des infrastructures physiques dans les camps, prend en charge les questions de logistique.

En date du 23 janvier, à peine plus de 13 000 anciens combattants avaient déposé les armes, sur un total estimé à 45 000, selon le NCDDR. Plus de 5 200 armes et 63 000 colliers de munitions avaient également été collectés.

SIERRA LEONE: Certains réfugiés rentrent de Gueckedou

Certains réfugiés sierra-léonais des camps de Gueckedou, à l'est de la Guinée, ont commencé à rentrer vers leur région d'origine, en fin de semaine dernière, a indiqué le HCR, sur base des témoignages des ONG partenaires.

"Le nombre de personnes concernées est relativement faible", a déclaré à IRIN, Daisy Dell, directeur régional adjoint du HCR pour l'Afrique de l'Ouest et l'Afrique Centrale, à Abidjan. "Il s'agit souvent de chefs de famille qui vont examiner la situation dans leurs villages et retournent ensuite à Gueckedou."

Il y a environ 305 000 réfugiés sierra-léonais dans la région de Gueckedou. Nombre d'entre eux ont fui la Sierra Leone au début des huit années de guerre civile.

SIERRA LEONE: Sankoh suspend toute activité minière

Le dirigeant du Front révolutionnaire uni (RUF), Foday Sankoh, président d'une commission créée pour contrôler la gestion des ressources minières de Sierra Leone, a annoncé la suspension des opérations minières à dater du 24 janvier, ont rapporté des sources médiatiques et gouvernementales.

Aux termes de l'Accord de Paix de Lomé, toutes les concessions minières accordées précédemment en Sierra Leone devaient être déclarées nulles et non avenues, tandis que l'exploitation et la vente d'or et de diamants devaient être interdites, sauf celles autorisées par la Commission pour la Gestion des Ressources Stratégiques, la Reconstruction Nationale et le Développement, que préside M. Sankoh.

Un rapport publié récemment par l'organisation 'Partnership Africa Canada' présente des preuves documentées d'un trafic massif de diamants, dont une grande partie passe par le Liberia voisin. Le district diamantifère de Kono est sous contrôle du RUF depuis 1998. M. Sankoh a démenti les affirmations du rapport, selon l'AFP.

GUINEE BISSAU: Ntchama choisi comme premier ministre

Le Président élu Kumba Yala a annoncé lundi qu'il avait choisi Caetano Ntchama, pour être son premier ministre, selon les médias. Le nouveau parti au pouvoir, le 'Partido da Renovacao Social' (PRS), a voté à 46 contre 6 en faveur de M. Ntchama, a rapporté l'AFP. M. Ntchama était Ministre de l'intérieur du gouvernement intérimaire sortant de Francisco Fadul. Précédemment, il dirigeait l'unité anti-corruption du gouvernement.

GUINEE BISSAU: Le Président élu promet de lutter contre la corruption

Dans sa première déclaration publique depuis sa victoire au scrutin présidentiel, M. Yala a déclaré lundi aux diplomates et hommes politiques que son administration serait marquée par la lutte contre la corruption et l'amélioration du bilan des droits de l'Homme.

"J'oeuvrerai pour bâtir une société juste, qui est la base de la bonne gouvernance et de la démocratie", a-t-il dit.

GUINEE BISSAU: L'armée fait allégeance au nouveau gouvernement

Le dirigeant de l'ancienne junte militaire de Guinée Bissau, le général de brigade Ansumane Mané, a promis que l'armée resterait en dehors de la scène politique et serait loyale au gouvernement du Président élu, Kumba Yala, ont rapporté les agences de presse.

Cet engagement de M. Mané à "la loyauté et la subordination" constituait la première réaction de la junte à l'écrasante victoire de M. Yala au scrutin du 16 janvier dernier contre Malam Bacai Sanha, le président par intérim que la junte avait mis en place après le renversement de l'ancien président Nino Vieira, en mai 1999.

COTE D'IVOIRE: Des élections avant fin octobre

Le gouvernement militaire de Côte d'Ivoire a annoncé lundi qu'il organiserait des élections générales d'ici fin octobre. Cette annonce intervient trois jours après l'approbation par le conseil des ministres de la création d'un comité consultatif mandaté pour rédiger une nouvelle constitution et un nouveau code électoral.

La Communauté Economique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), l'organisation sous-régionale de 16 membres dont fait partie la Côte d'Ivoire, avait demandé des élections avant juin.

Saluant l'annonce du programme des élections, le Secrétaire Général de l'ONU, Kofi Annan, a déclaré que les Nations Unies étaient "prêtes à apporter aide et coopération électorale" aux autorités ivoiriennes.

COTE D'IVOIRE: Deux anciens ministres libérés

L'ancien ministre de l'intérieur, Emile Bombet, et l'ancien ministre de la construction et du logement, Albert Tiapani, et un autre proche collaborateur du président renversé, ont été libérés. Les nouvelles autorités du pays affirment que les trois hommes sont impliqués dans le détournement de 18 milliards de francs CFA (environ 30 millions de dollars) d'aide de l'UE à la Côte d'Ivoire; somme dont une partie a déjà été remboursée.

Leur libération est intervenue quelques jours après qu'Amnesty International ait exprimé sa préoccupation de voir se poursuivre, depuis le coup d'Etat du 24 décembre 1999, qui a renversé l'ancien président, Henri Konan Bédié, la détention, sans inculpation, de civils et de personnels militaires.

COTE D'IVOIRE: Gel des comptes en Suisse d'un ancien ministre

Les autorités suisses ont ordonné le gel de trois comptes bancaires appartenant à l'ancien ministre de la santé de Côte d'Ivoire, en relation avec le détournement de l'équivalent de 30 millions de dollars de fonds d'aide de l'UE, a rapporté mercredi la télévision suisse, citée par l'AFP.

Dominique Poncet, avocat représentant les nouvelles autorités militaires de Côte d'Ivoire, a indiqué que l'équivalent de cinq millions de francs suisses (3 millions de dollars) avait été déposé dans deux comptes, l'un à Genève et l'autre à Zurich, a rapporté l'AFP.

L'UE avait suspendu son aide à la Côte d'Ivoire en 1999, lorsque le détournement avait été découvert.

COTE D'IVOIRE: Une Unité de Réponse Rapide pour lutter contre le crime

Les autorités militaires de Côte d'Ivoire ont mis sur pied une unité de réponse rapide, en alerte 24 heures sur 24, pour lutter contre la criminalité dans la capitale économique du pays, Abidjan.

Dénommée Poste de Commandement Crise (PC Crise), cette unité a été établie pour "garantir le retour à la normal de la situation à Abidjan" après les pillages qui ont suivi le coup d'Etat qui a renversé le Président Henri Konan Bédié, le 24 décembre 1999, a indiqué à IRIN un officier en charge du centre opérationnel de l'unité.

Les trois zones les plus touchées par la criminalité, les vols à main armée, les braquages et les cambriolages sont Zone 4, un quartier semi-industriel et résidentiel, et les quartiers très peuplés de Yopougon et Abobo, alors que les riches quartiers résidentiels de Cocody et Deux Plateaux n'ont quasiment pas été touchés, selon un rapport de police publié le 23 janvier.

Pendant le coup d'Etat, quelque 6 500 criminels avaient été libérés de la Maison d'Arrêt et de Correction d'Abidjan (MACA) et un nombre non précisé d'entre eux courent toujours.

NIGERIA: "Effectif policier insuffisant" à Lagos, selon le préfet de police

Le préfet de police de l'Etat de Lagos, Mike Okiro, a déclaré vendredi, lors d'une conférence de presse, que la capitale économique du Nigeria souffrait d'une "présence policière insuffisante", a rapporté l'AFP.

Il a expliqué à la presse que malgré une population de plus de 10 millions d'habitants, Lagos n'a que 10 000 policiers, un chiffre de loin inférieur aux ratios internationaux recommandés, qui sont d'un policier pour 400 habitants.

Les derniers problèmes de sécurité à Lagos incluent l'enlèvement et le meurtre d'un officier de police, crimes attribués à une faction militante du 'Oodua People's Congress', un groupe de pression yoruba.

Pour lutter contre la criminalité croissante dans le pays, le Président Olusegun Obasanjo a récemment ordonné le recrutement de 40 000 policiers par an pendant quatre ans.

NIGERIA: Appel au gouvernement pour éviter l'affrontement dans le Delta

Les jeunes de la circonscription administrative d'Udu, dans l'Etat du Delta, ont invité le gouvernement nigérian à intervenir dans un différend frontalier entre eux et les jeunes du district voisin d'Urwie, a signalé 'The Guardian'. Le litige porte sur le droit de propriété d'Enerhen, une zone commerciale florissante située entre les deux communautés. Benson Karika, membre du conseil local Udu, a déclaré, selon 'The Guardian', que le sang coulerait si Enerhem n'était pas incorporée dans une zone contrôlée par Udu.

Trois personnes sont mortes en mai 1999, lorsque les jeunes udus et urwies se sont affrontés pour la même raison.

NIGERIA: L'armée ne veut plus faire la police

L'armée nigériane ne veut plus assurer les opérations de police, comme ce fut récemment le cas à Odi, dans l'Etat de Bayelsa, au sud-est du pays. Selon 'The Guardian' , le chef d'état-major de l'armée, le général major Victor Malu, a déclaré lundi qu'il fallait équiper la police de manière à ce qu'elle puisse "faire ce pour quoi elle est payée".

Les troupes fédérales, envoyées à Odi en novembre dernier pour arrêter des jeunes qui avaient enlevé et tué 12 policiers, ont été accusées par les groupes de défense des droits de l'Homme d'avoir fait d'énormes dégâts dans la ville et tué des civils au cours de leurs fouilles pour trouver les criminels.

MALI: Le banditisme en hausse dans le nord

Des bandits fortement armés ont blessé six personnes et se sont enfuis en emportant des véhicules et d'autres biens, lors de trois attaques en trois jours, au nord du Mali, selon des sources médiatiques locales et humanitaires.

Samedi, deux hommes masqués fortement armés ont attaqué trois employés d'une entreprise chinoise qui fore des puits dans le désert, et ont volé leur véhicule, indiquait mardi le quotidien officiel 'Essor'.

Deux jours plus tard, huit hommes armés ont intercepté un convoi de véhicules appartenant à l'agence allemande de coopération, au département malien des travaux publics et à deux entreprises privées, sur l'axe menant à Tombouctou, au nord-ouest du pays. Cinq personnes ont été blessées lorsque les assaillants ont tiré sur des voitures qui tentaient de s'échapper, selon 'Essor'.

Lundi, des bandits ont attaqué un convoi de l'agence américaine pour le développement international (USAID), dans la même région, blessant un chauffeur et emportant l'un des deux véhicules, a indiqué mardi à IRIN une source à USAID.

Une source humanitaire a signalé à IRIN que, plus tard, les bandits avaient volé une radio de l'agence allemande de coopération, GTZ, à Tinaisha, une ville située sur la route qui mène de Tombouctou à la Mauritanie.

NIGER: Le gouvernement suspend le service de la dette

Le Premier Ministre Hama Amadou a annoncé, le 21 janvier, la suspension du service de la dette intérieure du Niger, qui s'élève à 200 milliards de francs CFA (309 millions de dollars) afin de régler la crise financière du pays, a rapporté l'agence Reuter.

M. Amadou a expliqué aux directeurs financiers des organes gouvernementaux que le gouvernement, qui a pris ses fonctions en janvier, sépare le budget pour l'an 2000 des transactions financières précédentes. Cela signifie, a-t-il dit, que les demandes de paiement introduites auprès du gouvernement avant le 1er janvier sont "nulles et non avenues".

Le Niger a également une dette extérieure de 1,3 milliard de dollars. Ses arriérés au titre du service de la dette s'élèvent à 106 millions de dollars. L'incapacité des gouvernements précédents de payer les salaires des fonctionnaires avait engendré plusieurs grèves au cours de l'année 1999.

GUINEE: Les Ministres des finances et des mines limogés

Le Président Lansana Conté a limogé cinq ministres dont ceux en charge des finances et des mines, ont indiqué jeudi à IRIN des sources dans les médias d'Etat.

Le ministre des finances limogé, Ibrahima Fofanah, est remplacé par Sheik Amadou Camara, un haut responsable du secrétariat du Premier Ministre. Ibrahima Soumah, haut responsable du département des mines, remplace Fassine Fofanah.

Les limogeages de mardi s'inscrivent dans le cadre d'un remaniement ministériel qui a également vu le départ de trois autres ministres. Si aucune raison officielle n'a été donnée pour ces mises à l'écart, elles interviennent, relève une source, après un rapport présidentiel accusant les deux ministres de malversations financières et de vol de fonds à la Compagnie de Bauxite de Guinée et de près de deux millions de francs guinéens (1,25 millions de dollars) à la société Aluminium de FRIA.

MAURITANIE: Elections sénatoriales en avril

La Mauritanie organisera des élections pour renouveler un tiers des 56 sièges du Sénat le 7 avril, ont indiqué les agences de presse, de source officielle. La campagne se déroulera du 22 mars au 6 avril, a rapporté l'AFP.

Une source médiatique a indiqué lundi à IRIN que les élections sont organisées tous les deux ans pour les sièges vacants au sein de cette chambre, actuellement dominée par Parti pour le Renouveau démocratique et social (PRDS) du Président Maaouya Ould Taya.

Le parlement mauritanien comprend l'Assemblée Nationale et le Sénat.

Abidjan, le 28 janvier 2000

[FIN]

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