Côte d'Ivoire

85% des écoliers sont de retour en classe dans le nord de la Côte d’Ivoire, selon un rapport

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Abidjan, 11 mai 2011 – Plus d’un mois après la réouverture officielle des écoles dans la zone Centre, Nord et Ouest (CNO) de la Côte d’Ivoire, un rapport d’évaluation publié aujourd’hui par l’UNICEF et Save the Children montre que 85% des écoliers de cette zone sont de retour en classe. Le rapport fait aussi ressortir un manque critique de chaises, pupitres et latrines dans la vaste majorité des écoles de la région.

« Il est encourageant de voir la plupart des écoliers retourner en classe en zone CNO, mais notre travail ne s’arrête pas là, » a déclaré la Ministre de l’Education nationale Kandia Camara. « Nous devons maintenant nous occuper des 83,000 enfants inscrits à l’école et qui n’ont toujours pas repris les cours et nous assurer que tous les enfants retournent à l’école et terminent leur année scolaire. »

Le rapport souligne plusieurs défis à surmonter afin de fournir une éducation de qualité aux enfants de Côte d’Ivoire. Plus d’un mois après la réouverture officielle des écoles en zone CNO, un tiers des enseignants sont toujours absents. De plus, 80% des écoles publiques évaluées en zone CNO n’ont pas de pupitre et de chaise en bois pour les élèves et environ 75% d’entre-elles n’ont pas de latrines.

« L’éducation est un droit pour tous les enfants et est essentiel pour leur développement. Un million d’enfants n’allaient déjà pas a l’école avant la crise, et parmi ceux qui ont eu la chance de commencer l’école plusieurs n’ont pas pu terminer leur éducation de base. 800,000 enfants supplémentaires ont été privé d’école pendant plusieurs mois et ce n’est que maintenant que nous constatons les premiers signes d’un retour en classe, » a dit Guy Cave, Directeur pays pour Save the Children en Côte d’Ivoire.

« Plusieurs familles ont été forcées de fuir leur maison durant le conflit et ont perdu tous les moyens de subsistance, alors que d’autres familles ont accueilli un grand nombre de déplacés ce qui constitue une surcharge, » a expliqué Hervé Ludovic de Lys, Représentant désigné de l’UNICEF en Côte d’Ivoire. « Les parents doivent maintenant faire face au difficile choix d’envoyer leurs enfants à l’école ou de les faire travailler pour apporter un revenu à la famille, comme cultiver les champs, transporter des briques ou aider dans les marchés. Avec le retard cette année, le calendrier scolaire chevauchera la saison des récoltes.»

L’éducation est essentielle pour rebâtir un pays suite à un conflit pour créer des conditions favorables pour la stabilité en réduisant les risques de s’enfoncer dans une spirale de pauvreté et de conflit. En plus de fournir un sentiment de retour à la normal et d’espoir qui sont essentiels pour croître et devenir des adultes productifs quand la crise est terminée, l’éducation protège les enfants contre les risques de travail forcé, de trafic et d’abus sexuel.

Save the Children et l’UNICEF coordonnent la planification de la réponse humanitaire dans le secteur de l’éducation en Côte d’Ivoire. Avec les autres acteurs du secteur de l’éducation, les deux agences ont lancé la campagne Retour à l’école pour atteindre les communautés à travers le pays pour encourager les enfants et les enseignants à retourner à l’école et pour préparer la distribution de matériel scolaire aux enfants les plus vulnérables. Identifier les familles qui ont accueilli des familles déplacés, ces acteurs de la solidarité silencieuse, pour leur apporter une aide constitue un véritable défi pour les agences humanitaires.

Save the Children et l’UNICEF entreprennent aussi aujourd’hui une évaluation approfondie de la réouverture des écoles dans le Sud, notamment à Abidjan. Cette évaluation permettra de faire le point sur le nombre d’élèves retournés dans cette zone et sur l’état des écoles qui ont pu être endommagées par les combats.

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