Burundi

Les parties burundais saluent la désignation de Mandela

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FONDATION HIRONDELLE - AGENCE DE PRESSE HIRONDELLE A ARUSHA
POURPARLERS DE PAIX INTERBURUNDAIS
NEWS DU 1ER DECEMBRE 1999
Arusha, 1er décembre 99 (FH) - Toutes les parties présentes aux pourparlers de paix interburundais d'Arusha (Tanzanie) ont salué le choix de l'ancien Président Sud-Africain, Nelson Mandela, comme nouveau médiateur du processus de paix, a rapporté mercredi l'agence de presse indépendante Hirondelle.

Les chefs d'Etat d'Afrique de l'Est et Australe réunis à Arusha ont choisi M. Mandela en remplacement de feu Mwalimu Julius Nyerere (Tanzanie). Mandela a également le soutien des Nations Unies et de l'Organisation de l'Unité Africaine. De source sud-africaine, on apprend que Mandela a accepté le poste.

Lors d'une conférence de presse, le Président burundais, Pierre Buyoya (Tutsi) a affirmé que le choix de Mandela répondait aux voeux du gouvernement. " Nousavons clairement indiqué que le Président Mandela pouvait efficacement contribuer au processus des négociations " a déclaré Buyoya. " C'est un homme, qui comme Mwalimu, est doté d'une stature internationale, très expérimenté dans la résolution des conflits et, à mon sens, acceptable par la majorité des Burundais. Nous nous félicitons qu'il ait été choisi pour diriger le processus de paix."

Jean Minani, chef de la fraction extérieure du FRODEBU, principal parti d'opposition burundais, a exprimé des sentiments similaires. " Nous nous sommes réjouis d'apprendre que le nouveau médiateur était Nelson Mandela " a-t-il dit à l'agence Hirondelle. " Comme vous le savez, Nelson Mandela est connu de tout le monde au Burundi et de la communauté internationale, comme une personne de grande envergure et de tout premier plan. C'est quelqu'un qui toute sa vie s'est battu contre l'oppression et en faveur des droits de l'homme, de la liberté et de l'indépendance."

Dix-huit délégations ont pris part aux pourparlers de paix d'Arusha qui ont marqué le pas depuis la mort de Nyerere, le 14 octobre dernier. En dépit de la recrudescence de la violence sur le terrain, l'un des principaux groupes rebelles, le FDD, aile dissidente du CNDD, n'a jusqu'ici pas participé aux négociations.

Plusieurs délégués ont exprimé leur souhait de voir Mandela contribuer à amener tous les groupes armés à la table des négociations. Buyoya a dit que son gouvernement partageait cette vision des choses. "Nous avons depuis longtemps dit que tous les groupes burundais qui revendiquent quelque chose devraient être invités à la table des négociations et y exprimer leurs revendications. Nous avons dit que tous les groupes armés burundais devraient être invités à la table des négociations et nous espérons que ce sera le cas dans le futur."

Les délégués ont également exprimé l'espoir que Mandela pourrait les aider à trouver rapidement un accord de paix. Les pourparlers ont traîné en longueur depuis plus d'un an et certaines des parties se refusent à faire des concessions sur des points d'importance tels que le partage du pouvoir et la réforme de l'armée. Le conflit dans lequel l'armée tutsi du Burundi est enfermée avec les rebelles hutus, a coûté la vie à de nombreux civils.

En privé, certains groupes hutus disent toutefois qu'ils auraient préféré le choix de l'ancien Président du Botswana, Sir Ketumile Masire, qui aurait été le candidat de la Tanzanie. " Mandela n'est pas neutre dans le conflit burundais ou dans les conflits régionaux, " a dit un représentant du groupe rebelle hutu CNDD.

Certains partis tutsis ont également exprimé leur crainte de voir Mandela essayer d'imposer la " loi de la Majorité " au Burundi, disant qu'il était trop tôt pour y introduire le principe d' "un homme, une voix ". Le groupe ethnique des Tutsis ne représente que 15% d'une population composée à 80% de Hutus. Buyoya ne semble pas non plus en complet accord avec les leaders régionaux. Le sommet a également " rappelé ses décisions passées et exprimé sa déception du fait de la poursuite du programme d'établissement de camps de regroupement, en dépit de l'engagement du gouvernement burundais à démanteler les camps déjà existants. A cet égard, le Sommet a lancé un appel au gouvernement burundais, l'invitant au démantèlement immédiat de tous les camps de regroupement." Mais Buyoya a affirmé que cela était "un problème de gestion de la situation intérieure du pays ". " C'est l'affaire du gouvernement ", a-t-il dit " et cela n'a pas à être discuté dans le cadre du processus de paix ". Les autorités burundaises ont chassé des milliers de personnes, citoyens hutus pour l'essentiel, arguant de " raisons de sécurité " Les conditions de vie dans les camps de regroupement seraient épouvantables.

JC/KAT/FH (BU=A71201h)
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