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La Commission de consolidation de la paix élit Kenzo Oshima du Japon à la présidence de sa deuxième session

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CCP/17

Commission de la consolidation de la paix
Comité d'organisation
10e séance - matin

L'appropriation nationale et le partenariat sont la clef du succès des efforts de consolidation de la paix et du développement, affirme Ban Ki-moon

La Commission de consolidation de la paix a conclu ce matin sa première année d'existence et a ouvert sa deuxième session en élisant par acclamation son Président, l'Ambassadeur du Japon, Kenzo Oshima, lequel a souligné l'importance d'une étroite collaboration avec le reste du système des Nations Unies. Le Secrétaire général, Ban Ki-moon, a estimé de son côté que l'alliance de l'appropriation nationale et du partenariat constituait la clef du succès du travail de ce nouvel organe créé à l'initiative des dirigeants du monde.

M. Oshima succède ainsi à Ismael Abraão Gaspar Martins de l'Angola. María Gallardo Hernández d'El Salvador et Leslie Kojo Christian du Ghana ont été élus par acclamation à la vice-présidence du Comité d'organisation de la Commission de la consolidation de la paix.

Malgré des progrès encourageants, la Commission de consolidation de la paix est confrontée à des défis immenses, a affirmé le nouveau Président, précisant qu'il restait beaucoup à faire pour mener à bien les tâches qui lui ont été confiées par les dirigeants des États Membres dans le document final du Sommet mondial de 2005.

La Commission de consolidation de la paix a été créée par l'Assemblée générale le 20 décembre 2005. Elle est la concrétisation de l'engagement pris par les dirigeants de la planète lors du Sommet mondial de 2005 de « rassembler toutes les parties intéressées aux fins de la mobilisation de ressources, et de formuler des conseils sur des propositions concernant des stratégies intégrées de consolidation de la paix et de relèvement après les conflits ».

Lors de sa première année de travail, la Commission a porté son attention sur deux pays, le Burundi et la Sierra Leone, renforçant les efforts des gouvernements nationaux et des parties prenantes locales en vue de consolider la paix. Elle a notamment défini un « Cadre stratégique pour la consolidation de la paix au Burundi », dans lequel l'importance de l'appropriation nationale et la responsabilité première du Gouvernement et du peuple burundais sont dûment reconnus.

L'appropriation nationale et le partenariat sont la clef du succès des efforts de consolidation de la paix et du développement, a ainsi déclaré le Secrétaire général, lors de la cérémonie de clôture de la première session de la Commission. La Commission de consolidation de la paix a compris que les efforts en vue de consolider la paix et le développement étaient fondés sur les besoins et les perspectives des pays eux-mêmes, a expliqué M. Ban. En établissant la Commission de consolidation de la paix, les États Membres et les Nations Unies ont créé, a-t-il rappelé, une nouvelle structure importante pour appuyer des sociétés fragiles qui sortent de guerres dévastatrices. Un tel soutien est essentiel afin d'aider ces pays à ne pas retomber dans la guerre, a-t-il ajouté.

La Commission de consolidation de la paix a fidèlement rempli son mandat en rassemblant les acteurs pertinents, a par ailleurs estimé le Secrétaire général, précisant qu'elle avait déjà développé des outils importants pour des stratégies intégrées de consolidation de la paix et de redressement. Il lui a enfin promis un long et important avenir grâce au soutien du Bureau d'appui à la Commission de consolidation de la paix et à la contribution généreuse de nombreux États au Fonds de consolidation de la paix.

Dressant le bilan d'une année de travail, le Président sortant de la Commission de consolidation de la paix, Gaspar Martins (Angola) a indiqué que celle-ci avait abordé l'appropriation nationale comme principe pour défendre la consolidation de la paix au Burundi et en Sierra Leone. Elle a établi, a-t-il dit, un équilibre délicat entre la gestion des besoins de procédure et des besoins opérationnels et a œuvré dans un cadre souple, transparent et inclusif. La Commission de consolidation de la paix est ainsi, selon lui, au centre de la nouvelle architecture créée par le Sommet mondial de 2005. Néanmoins, elle doit, à ses yeux, aller au-delà de ses préoccupations institutionnelles et de procédures de fonctionnement et passer à un partenariat efficace entre ses membres, les pays concernés et la communauté internationale.

Pour Sheikha Haya Rashed Al Khalifa (Bahreïn), Présidente de l'Assemblée générale, l'appropriation nationale doit être la base de l'engagement de la Commission en faveur des pays partenaires. Mettre en place un nouvel organe intergouvernemental n'est pas évident, a-t-elle poursuivi, mais la Commission peut se féliciter d'avoir achevé les travaux de sa première session avec des résultats tangibles qui bénéficieront aux peuples de la Sierra Leone et du Burundi. La Présidente a tout particulièrement félicité la Commission pour avoir su établir des partenariats très forts sur le terrain afin de réaliser la paix durable. Sheikha Haya a en outre estimé que la Commission devait continuer à développer une relation dynamique et équilibrée avec tous les organes pertinents des Nations Unies, en particulier avec l'Assemblée générale.

Il est ainsi essentiel de veiller au financement du Fonds de consolidation de la paix, pour atteindre l'objectif de 250 millions de dollars initialement fixé. Dans ce contexte, la Présidente s'est dite encouragée par la réponse donnée à sa lettre en date du 12 février dernier, dans laquelle elle invitait les États Membres à y contribuer. Jusqu'à présent, six États Membres ont fait des promesses de contributions d'un montant total de 3,1 millions de dollars.

Le Président du Conseil de sécurité, Johan Verbeke (Belgique), a pour sa part expliqué que le Conseil s'était efforcé d'intégrer le rôle de la Commission de consolidation de la paix dans ses propres travaux. Il l'a fait notamment en adoptant la résolution 1734 (2006) sur la Sierra Leone et la résolution 1719 (2006) sur le Burundi. En outre, les présidents des réunions spécifiques de pays ont été invités à participer aux séances du Conseil sur le Burundi et la Sierra Leone au cours des derniers mois. Un débat annuel sera consacré également à la Commission par le Conseil de sécurité, a ajouté son Président. Il a ensuite souligné que l'un des défis qui attendait la Commission serait l'ajout éventuel de nouveaux pays à son ordre du jour, ce qui, a-t-il précisé, ne devrait pas se faire au détriment des deux pays retenus à l'heure actuelle.

Le Vice-Président du Conseil économique et social (ECOSOC), Hjálmar W. Hannesson (Islande), qui s'exprimait au nom du Président, Dalius Cekuolis, a affirmé que le Conseil demeurait prêt à étudier les modalités pratiques d'interaction entre la Commission de consolidation de la paix et l'ECOSOC, conformément aux résolutions de l'Assemblée générale sur la création de la Commission et la réforme du Conseil. Les résultats d'une relation de travail étroite pourraient aider à enrichir la Commission de consolidation sur la situation de pays, et, en retour, à informer des activités de l'ECOSOC, y compris les leçons d'évaluation apprises dans les domaines économique, social, humanitaire, environnemental de consolidation de la paix, le but étant d'intégrer tout cela dans des orientations de politiques pour les fonds, programmes et institutions spécialisées des Nations Unies. L'ECOSOC est prêt à agir et à mettre en œuvre les recommandations de la Commission de consolidation de la paix en tant que de besoin lorsqu'elles seront disponibles, a-t-il dit.

Le représentant du Burundi a indiqué que son pays avait appris beaucoup au cours de cette année. Il est devenu riche d'informations, de travaux partagés avec les délégations de cette Commission, a-t-il déclaré. Il a ajouté que le Burundi ressentait de la confiance et éprouvait une sérénité dans son programme d'activités, une détermination à avancer parce qu'il se sait protégé par la Commission. Le représentant a réitéré la disponibilité et la flexibilité de son pays à l'égard du travail de la Commission pour l'année à venir, afin d'assurer son succès.

Le représentant de la Sierra Leone a exprimé lui aussi la confiance que plaçait son pays dans la Commission de la consolidation de la paix, laquelle, a-t-il précisé, s'attache à transformer rapidement les objectifs et les stratégies, les documents et les plans en actions concrètes, tout en donnant effet au principe de l'appropriation nationale. Le succès se reflètera dans la vie des populations de la Sierra Leone et du Burundi, a-t-il observé.

Le Vice-Président sortant de la Commission de consolidation de la paix, Johan L. Lovald (Norvège), a proposé que les rapports à venir soient beaucoup plus centrés sur une thématique unique et que tous les organes principaux des Nations Unies aient connaissance du programme de travail afin d'en maintenir l'élan. Il s'est également félicité de la conclusion du Cadre stratégique pour la consolidation de la paix au Burundi, jugeant nécessaire d'établir, en coopération avec le Gouvernement et tous les partenaires concernés, un mécanisme de veille et d'examen visant à définir les activités à mener, identifier les failles et déterminer les besoins. Il a par ailleurs souhaité que le Bureau d'appui à la Commission de consolidation de la paix ne soit plus simplement un secrétariat mais devienne un véritable centre de ressources pour la consolidation de la paix. Enfin, il est selon lui essentiel de faire participer les donateurs institutionnels et les acteurs non étatiques aux efforts de consolidation de la paix et de consacrer plus de temps aux activités de sensibilisation au cours de cette deuxième année.

Les membres de la Commission de consolidation de la paix ont également approuvé, ce matin, le texte final en anglais de son premier rapport à l'Assemblée générale, tel qu'il a été accepté au cours d'une série de consultations, en vue de sa traduction immédiate dans toutes les langues officielles de l'Organisation. Le rapport sera officiellement soumis à l'adoption des membres de la Commission, le 13 juillet prochain.

Ce rapport représente la base de travail de la Commission pour les prochains mois et illustre les efforts entrepris par les Nations Unies en vue de renforcer la paix et assurer la reconstruction et la reprise économique des pays sortant de conflits.

Le Comité d'organisation de la Commission de consolidation de la paix a par ailleurs adopté son projet de calendrier de travail de juillet à décembre 2007.

Les représentants des pays suivants ont pris la parole: Croatie, Guinée-Bissau, Égypte, Jamaïque, Burundi, Norvège, Royaume-Uni, Ghana, El Salvador, Pays-Bas, Brésil et Sierra Leone.

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