Burundi

La Banque mondiale marque ses 30 ans de présence au Burundi

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BUJUMBURA, 16 décembre 2009-Expositions de projets, présentations de vidéos et témoignages de bénéficiaires, un débat d'experts télévisé et un forum sur le changement climatique : ce sont-là quelques-uns des points marquants de la série d'événements qui ont meublé la semaine de festivités organisée la semaine dernière en vue de célébrer les 30 ans de présence de la Banque mondiale au Burundi.

Ouvert officiellement en septembre 1979, le bureau-pays de la Banque mondiale à Bujumbura s'est agrandi et est passé d'un petit espace de deux pièces situé dans un immeuble résidentiel à un complexe relativement imposant comprenant 26 bureaux, trois salles de réunion et deux salles de vidéoconférence. Cet agrandissement du bureau a été nécessité par l'élargissement du portefeuille et par l'accroissement de l'effectif du personnel décentralisé provenant du siège.

Les célébrations, qui ont attiré un public large et divers, ont été marquées par la présence des deux vice-présidents du pays, qui ont exprimé leurs sincères remerciements au nom du peuple burundais au directeur-pays, M. John McIntire et à la Représentante résidente, Mme Mercy Tembon, qui a coordonné l'événement pendant toute la semaine du 7 au 11 décembre. La cérémonie a eu lieu en présence de 10 ministres, ainsi que de responsables d'organismes de développement, de membres du corps diplomatique et de représentants du secteur privé et de groupements de la société civile.

Le Directeur-pays a félicité le gouvernement burundais pour les résultats réalisés, notamment pour la transition vers une normalisation après de longues périodes de conflit à travers la relance de l'économie amorcée en 2006 et le processus de reconstruction destiné à conduire le pays vers un développement durable. Il a souligné, toutefois, que le chemin vers le développement est encore long et que d'immenses défis restent à relever. Afin d'atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), des efforts devront être déployés en vue de renforcer les capacités institutionnelles, en particulier dans le secteur public dans le souci de garantir une meilleure utilisation des ressources et une mise en œuvre effective du Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP), d'améliorer l'environnement des affaires, de réhabiliter les infrastructures économiques et sociales et d'améliorer l'accès aux services sociaux.

Parlant au nom du gouvernement, le deuxième vice-président, M. Gabriel Ntisezerana, a exprimé la gratitude du peuple burundais pour le soutien sans faille fourni par la Banque au pays, même au moment où le conflit faisait rage. Il a aussi loué les conseils en matière de politique prodigués par la Banque pour la prise des décisions sur les choix économiques, ainsi que son rôle de plaidoyer auprès des autres partenaires de développement. Il a réitéré la reconnaissance du gouvernement burundais envers la Banque pour l'organisation de la première réunion du Groupe consultatif qui a été marquée par des exposés ayant trait au programme du gouvernement pour une croissance accélérée et pour la consolidation de la paix à l'intention des donateurs partenaires et par des discussions franches sur les étapes suivantes à Paris au mois d'octobre dernier.

Les festivités de l'anniversaire ont été marquées par plusieurs activités importantes : deux journées portes-ouvertes, l'exposition des réalisations des projets financés par la Banque mondiale au cours des 30 dernières années et un débat entre experts sur les modes de fonctionnement de la Banque, ses domaines d'intervention au Burundi et ses grandes réalisations. La discussion a été diffusée à la radio et à la télévision.

L'assistance de la Banque a permis d'obtenir un allègement de la dette

L'anniversaire a également fourni l'occasion d'engager un débat de fond sur la voie de l'avenir à travers un forum sur le changement climatique et le lancement au niveau national du Rapport sur le développement dans le monde 2009, ouvert par le premier vice-président, M. Yves Sahinguvu.

Un documentaire a été préparé et diffusé par la télévision nationale sur les réalisations de la Banque qui donnait la parole à des bénéficiaires dans l'ensemble du pays et aux partenaires au sein de l'administration, du secteur privé, des groupements de la société civile et des bailleurs de fonds. La principale réalisation a été l'exécution réussie d'un programme de réforme grâce auquel le Burundi a atteint le point d'achèvement au titre de l'Initiative en faveur des Pays pauvres très endettés (PPTE), ce qui lui a permis de pouvoir bénéficier d'un allègement de sa dette d'environ 832 millions de dollars américains.

Membre de la Banque mondiale depuis 1963, le Burundi est un petit pays sans littoral situé entre la République démocratique du Congo, le Rwanda et la Tanzanie. Le pays a reçu en 1957 son premier crédit auprès de l'Association internationale de développement (IDA) de la Banque mondiale pour le financement d'installations portuaires à Bujumbura et la construction de la Route Nationale 1, tronçon Bujumbura-Bugarama. Depuis lors, la Banque a mis à disposition environ 1,5 milliard de dollars sous forme de crédits et de dons de l'IDA, comprenant un don de 10 millions dans le cadre du Programme d'intervention en réponse à la crise alimentaire mondiale.

Avec un des revenus par habitant les plus bas au monde (110 dollars en 2007), ce pays d'Afrique centrale fait face à d'énormes besoins en matière de développement qui ont été exacerbés par les nombreuses éruptions de conflits qu'il a connus depuis son accession à l'indépendance en 1962.

Dans le cadre de la Stratégie d'assistance-pays en cours couvrant la période allant du milieu de l'année 2008 au milieu de l'année 2012, l'engagement de la Banque mondiale au Burundi vise deux objectifs principaux : d'une part, promouvoir une croissance économique durable et à large assise ; et d'autre part, améliorer l'accès aux services sociaux et consolider la stabilité sociale. À ces fins, le portefeuille de la Banque est axé principalement sur les infrastructures, le développement urbain, l'agriculture et le développement rural, ainsi que sur la gouvernance et le développement humain.

Le pays reste confronté à des défis de taille pour la consolidation de la paix et le développement : améliorer la sécurité et la gouvernance, reconstruire une structure économique largement sinistrée, stimuler et maintenir la croissance économique et réduire la pauvreté. Pour réaliser ces objectifs, le Burundi aura besoin à long terme du soutien permanent de la communauté internationale.