Burundi

L'état civil burundais se trouve dans une situation de grande vulnérabilité

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L' état civil est en état de grande vulnérabilité d'une manière générale, a-t-on constaté lundi 23 février 2009 lors d'un atelier organisé sur la situation de l'état civil au Burundi par le ministère de l'intérieur et du développement communal et le BINUB/PNUD, à travers le projet d'appui à l'amélioration de la qualité des services publics locaux, à l'intention des contrôleurs provinciaux d'état civil, des conseillers sociaux des gouverneurs, des représentants des ministères de l'intérieur et du développement communal, de la

décentralisation, de la bonne gouvernance, de la mairie de Bujumbura et des représentants de l'Association burundaise des élus locaux, des media et de l'association des femmes juristes.

Cette réunion fait suite à une étude menée sur l'état des lieux de l'état civil au Burundi par le ministère de l'intérieur avec l'appui du projet d'appui à l'amélioration de la qualité des services publics locaux qui a constaté que l'état civil est en état de grande vulnérabilité d'une manière générale. En effet souligne l'étude, suite à la crise, de nombreux bureaux communaux ont été détruits, les outils de travail et documents d'état civil ont été détruits, le personnel qualifié et expérimenté a été tué ou poussé à l'exil.

Cet atelier avait pour objectif d'informer tous les acteurs de l'état civil ainsi que les partenaires sur la réelle situation de l'état civil au Burundi afin de mettre ensemble leurs contributions tant théoriques que matérielles en vue de permettre aux bureaux de l'état civil d'atteindre efficacement leur objectif qui est de délivrer des documents administratifs fiables aux usagers d'une manière diligente.

Selon cette étude, les principales lacunes et contraintes relevées en matière d'état civil au Burundi sont : le manque de bureaux appropriés de l'état civil etnque de salles d'archivage, le personnel non qualifié et non formé, le manque de registres, l'insuffisance /inexistence des tenues pour les officiers d'état civil, le système non informatisé, les salaires maigres, le manque de moyens de communication, les tarifs des extraits variables même au sein d'une même province, etc.

Pour pallier à cette situation, le projet a passé une commande pour les bureaux d'état civil des registres des naissances et des mariages, des armoires, des tenues d'officiers de l'état civil, des ordinateurs et leurs accessoires afin de redynamiser les services de l'état civil et améliorer l'efficacité et l'accessibilité des prestations des services d'état civil ce qui permet aux citoyens de ne pas perdre beaucoup de temps dans l'attente des extraits des actes et autres documents.

A l'occasion de cet atelier, le chef de cabinet au ministère de l'intérieur et du développement communal, M. Aimé Nkurunziza, a rappelé qu'en mettant en place le système d'état civil au Burundi en 1980, le gouvernement avait pour but à court terme de fournir les actes et les attestations qui accordent aux individus les droits civils et juridiques reconnus par le code des personnes et de la famille et déterminent leur statut juridique. A long terme, le gouvernement voulait disposer des données statistiques fiables pour une meilleure connaissance des mouvements naturels des populations : naissances, mariages, décès, adoptions et autres.

Il a déplore le fait qu'indépendamment des séquelles de la crise le pays ait connu des difficultés classiques telles que les lenteurs administratives, la complexité et la méconnaissance des textes qui régissent son fonctionnement tant par les officiers et agents de l'état civil que par les populations, le manque de motivation et d'intérêt de la population déclarante, le renouvellement du personnel qui ne subit ni test ni formation, etc.

La crise que vient de connaître la pays ayant entraîné une crise économique sans précédent, caractérisé par une pauvreté monétaire extrême et notoire, M. Nkurunziza et a exprimé le regret face aux agissements de certains agents communaux de l'état civil dont les salaires sont très peu élevés et qui recourent aux pots-de- vin qu'ils demandent à la population déclarante.

Ces agissements provoquent la baisse du taux de déclaration des événements d'état civil. Il a noté que même avant la crise une enquête similaire avait révélé que le taux de déclaration des naissances était de 60% contre 30% pour les décès.

Pour sa part, M. Henri Paul Bolap, expert à l'unité intégrée paix et gouvernance du BINUB/PNUD dont relève le projet, a appelé à une combinaison d'efforts dans la lutte contre la vulnérabilité des services publics post-conflit du Burundi, dont l'état civil qui est, sans doute l'oméga et l'alpha de politiques publiques conduites pour le bénéfice des populations.