Genève : le Chef des droits de l'homme de l'ONU dénonce les violences en RCA et la persistance d'abus au Burundi

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Published on 11 Sep 2017 View Original

Devant le Conseil des droits de l'homme, le Chef des droits de l'homme de l'ONU a regretté l'hypocrisie de certains États qui défendent les droits humains sur la scène internationale tout en les bafouant ouvertement chez eux. Lors de l'ouverture de cette 36e session de cet organe onusien basé à Genève, M. Zeid a demandé au Président du Conseil et aux États membres d'envisager d'exclure du Conseil des droits de l'homme les États coupables des pires violations des droits de l'homme. Il a ensuite passé en revue les abus sur les cinq continents et concernant l'Afrique subsaharienne, la Centrafrique, le Soudan du Sud, la RD Congo et le Burundi restent les mêmes sujets de préoccupation pour l'ONU.

Le Chef des droits de l'homme de l'ONU s'est inquiété de l'aggravation depuis quelques mois de la situation sécuritaire en République centrafricaine, notamment dans le Sud-Est de ce pays. Le Haut-Commissaire Zeid fait ainsi état de rapports persistants sur des crimes atroces, qui sont en train de pousser la RCA à une rupture brutale sur des bases ethniques ou confessionnelles. Il met en cause les forces anti-Balaka et les ex-Séléka, ainsi que divers groupes dissidents. Des groupes armés responsables de cette nouvelle escalade et des tensions alimentées par des discours d'incitation à la haine proférés par des chefs religieux et d’autres personnalités de premier plan. Il a ainsi appelé le personnel politique à condamner tous les appels à la violence. Concernant le Soudan du Sud, Zeid Ra'ad Al Hussein parle d'« un pays tout simplement dévasté par la violence », avec une persistance des abus sexuels commis par toutes les parties au conflit et des détentions arbitraires visant les opposants à Djouba. Autre pays, autre source de préoccupation avec la République démocratique du Congo où la situation est marquée par des violences communautaires parfois liées à l'incertitude sur la situation politique. Dans ces conditions, il regrette le peu de progrès notés en direction de la future élection présidentielle, mais aussi des violences intercommunautaires répertoriées dans plusieurs régions du pays, notamment dans la province du Tanganyika, dans les Kasaï et au Kivu.

Disparitions forcées, meurtres, arrestations arbitraires et torture d'opposants sont monnaie courante au Burundi. Le Haut-Commissaire a indiqué que la situation des droits humains ne s'est pas améliorée à Bujumbura. La plupart des partis d’opposition, des ONG indépendantes et des médias ont été interdits ou suspendus, ne laissant pratiquement aucun espace de libertés civiles et de débat public. Il a donc appelé les autorités burundaises à appliquer les recommandations de la Commission d'enquête de l'ONU et de mettre un terme aux violences commises par les forces de sécurité et par les Imbonerakure.

Enfin s'agissant de la situation au Mali, le Haut-Commissaire Zeid juge que les retards dans la mise en œuvre de l’accord de paix et le faible niveau ou l'absence des institutions étatiques dans une grande partie du pays sont des facteurs qui ont contribué à l’activité croissante des groupes terroristes et des gangs criminels au Sahel. Selon Zeid Ra'ad Al Hussein, toute stratégie efficace visant à lutter contre l’extrémisme violent doit se pencher sur des facteurs sous-jacents tels que la pauvreté, la corruption, la marginalisation et la discrimination ainsi que ces abus des droits humains commis par des institutions censées protéger la population.

Par ailleurs, M. Zeid s'est inquiété du sort des migrants en Libye où tout accord de coopération entre Tripoli et l'Union européenne devrait respecter la dignité et les droits humains des migrants. Aucun migrant ne doit être déporté vers un pays où il risquerait d'être torturé, a averti M. Zeid.