Burundi

Enquête Nationale sur la Situation Nutritionnelle et la Mortalité (ENSNMB, 2018)

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RESUME

Cette enquête basée sur la méthodologie SMART est la première du genre d’envergure nationale réalisée au Burundi. Elle a été menée par l’ISTEEBU en collaboration avec le Ministère de la Santé Publique et de la Lutte contre le Sida (MSPLS) via le Programme National Intégré d’Alimentation et de Nutrition (PRONIANUT) avec l’appui technique et financier de l’UNICEF, le PAM et l’USAID. L’enquête a été menée dans les 46 districts sanitaires du pays (strates) couvrant 1147 zones de dénombrement. La collecte des données s’est déroulée du 19 février 2018 au 21 mars 2018 dans 27 660 ménages pour atteindre 22 414 enfants de 0 à 59 mois.

Malnutrition aigue

Au Burundi, le taux de prévalence de la malnutrition aigüe est de 4,5% (4,2-4,8. La forme sévère est extrêmement rare à 0,5% (0,3-0,5) au niveau national.
Les franges les plus affectées sont celles de 6 à 11 mois et de 12 à 23 mois. Elles sont plus touchées que les enfants plus grands de 24 à 59 mois. Un total de 17 cas d’oedèmes nutritionnels ont été détectés soit 0,1%. Le taux est très différent entre les filles et les garçons avec 4,1% (3,7-4,5%) contre 5,0% (4,5-5,4%). Treize districts sanitaires sur les 46 présentent des taux se situant entre 5% et 9,5%.

Malnutrition chronique

La prévalence de la malnutrition chronique est de 57,0% (56,1-57,9) avec 25,6% (24,8-26,4), sous sa forme sévère. Ce taux de près de 6 enfants sur 10, est de loin supérieur au seuil d’alerte de 40% fixé par l’OMS. Les garçons sont plus affectés que les filles quelle que soit la forme avec 60,6% (59,5-61,7) contre 53,4% (52,3-54,6) pour la malnutrition globale et 28,8% (27,8–29,9) contre 22,3% (21,4–23,3). Les enfants de 24 à 59 mois et de 12 à 23 mois sont les plus affectées avec respectivement 61,4% et 60,7%. La tranche de 0 à 11 mois qui est la moins touchée atteint 37,9%. A l’exception de la ville de Bujumbura (20,7%), toutes les autres provinces ont franchi le seuil de 50%. Les taux varient de 20,7% à 63,1% respectivement pour Bujumbura et Ngozi.

Insuffisance pondérale

Le taux national de prévalence de l’insuffisance selon le rapport Poids-pour-âge est de 30%. Les provinces les plus affectées sont Ruyigi (37,7%), Karusi (33,0%),
Kayanza (33,7%), Ngozi (32,5%), Mwaro (31,5%),
Muramvya (30,6%) et Kirundo (30,8%), qui sont audessus du seuil de 30%. A l’exception de Bujumbura Mairie (9,9%), toutes les autres provinces sont audessus de 20%. Il existe une nette différence entre les filles 28,1 % (27,1-29,2) et les garçons 31,8 % (30,8-32,9).

Allaitement maternel

L’allaitement maternel est très répandu avec 98,6% (98,4-98,8) des enfants qui ont été allaités, 88,8% (88,1-89,5) des mères qui disent avoir mis l’enfant au sein dans l’heure qui a suivi sa naissance et que, 83,6% des enfants de moins de 6 mois ont été allaités exclusivement au sein la veille. Cependant, seuls 68,9% (65,2-72,6) des enfants de 4 à 5 mois ont été allaités au sein les 24 heures qui ont précédé l’enquête La fréquence de l’allaitement exclusif jusqu’à 6 mois varie de 62,4% (52,6-72,2) à Bujumbura Mairie à 95,7% (91,6-99,8) à Rumonge. L’allaitement se poursuit pour 96,6% (95,7-97,5) des enfants à l’âge d’un an et pour 83,8% (81,9-85,7) jusqu’à l’âge de 2 ans.

Alimentation du nourrisson et du jeune enfant

Selon les recommandations de l’OMS, l’alimentation de complément doit débuter entre 6 et 8 mois. Au Burundi, 77,4% (74,9-79,9) des enfants ont reçu le complément d’alimentation à l’âge approprié. Cette proportion était de 30% selon EDSB-2010. On note une progression considérable de l’amélioration de cet indicateur mais, il reste vrai que pour près d’un quart des enfants, le démarage de complémentation alimentaire est intervenu plus tard que recommandé pour un meilleur bénéfice pour le nourrisson.

Le nombre minimum des repas varie selon que l’enfant soit allaité ou non et en fonction de son âge.
Les résultats montrent que moins de 4 enfants sur 10 ont reçu un nombre minimum requis de repas le jour précédant l’enquête. Cette proportion est de 38,7% au niveau national pour l’ensemble des enfants de 6 à 23 mois. Elle varie de 5,5% (2,9-8,1) (taux très faible) pour Cibitoke à 86,7% (83,6-89,8) pour Kayanza. Les taux les plus faibles sont observés notamment à Cibitoke 5,5% (2,9-8,1), Karusi 9,7% (6,1-13,3), Kirundo 15,7% (12,8-18,6), Rutana 16,3% (11,9-20,7), Cankuzo 20,3% (16,4-24,2), Bururi 20,5% (16,1-24,9), Gitega 30,2% (26,1-34,3), Bubanza 30,6% (26,3-34,9), Mwaro 33,8% (27,5-40,1), Makamba 36,2% (30,6-41,8) et Muramvya 38,5% (32,9-44,1). La ville de Bujumbura se situe à 69,4% (64,2-74,6).

Globalement, pour la diversification alimentaire, 57,3% (56,1-58,5) des enfants ont consommé au moins 4 des 7 groupes d’aliments la veille, satisfaisant aux conditions de la diversification alimentaire minimale.
L’apport alimentaire minimum acceptable, porte sur les enfants de 6 à 23 mois qui satisfassent à la combinaison de la diversification alimentaire et du nombre minimum de repas. Cette proportion de 28,5% (27,4-29,6) au niveau national couvre un large éventail de valeur allant de 2,6% (0,8-4,4) à Cibitoke à 59,3% (53,8-64,8) à Bujumbura Mairie.

Symptômes de principales maladies infantiles

Les fréquences des signes de maladies infantiles sont très élevées. La toux est le symptôme le plus souvent rapporté avec 55,5% (54,8-56,2) des enfants qui ont souffert d’un épisode pendant les 15 jours qui ont précédé l’enquête. Seuls 32,7% (32,1-33,3) n’ont présenté aucun des trois symptômes tandis que 12,6% (12,2-13,0) ont souffert de tous les trois signes au cours des 15 jours précédant l’enquête. Pour la fièvre, la fréquence nationale est de 47,6% (46,9-48,3) masque celles observées dans certains districts au-dessus de 70% comme c’est le cas à Kayanza, Vumbi et bien d’autres districts qui dépassent le seuil de 50% ayant eu un épisode fébrile.