Burundi + 9 more

Burundi : Rapport de situation (19 novembre 2021)

Format
Situation Report
Source
Posted
Originally published
Origin
View original

Attachments

FAITS SAILLANTS

Les retours de réfugiés burundais au pays s’accélèrent en 2021

La vigilance reste de mise sur la situation épidémiologique du Burundi

Cycle de programmation humanitaire 2022

Les retours de réfugiés burundais au pays s’accélèrent en 2021

Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), avec le concours de ses partenaires, facilite le retour volontaire de réfugiés burundais vivant dans les pays voisins du Burundi depuis septembre 2017 et à la date du 31 octobre 2021, un total de 181 315 personnes sont rentrées au Burundi. Parmi elles, 60 821 personnes sont rentrées entre janvier et octobre 2021, soit une augmentation de 126 pour cent par rapport à la même période en 2020, où 26 868 personnes ont été rapatriées. Selon le HCR, des évaluations sont menées afin de s’assurer que la décision de rentrer est volontaire, libre et informée et que les rapatriements se déroulent dans la sécurité et la dignité. En 2021, environ 1 500 personnes arrivent en moyenne chaque semaine par convoi au Burundi. Le plan conjoint de rapatriement et réintégration des réfugiés (JRRRP) projetait de rapatrier près de 143 000 personnes en 2021. Au 31 octobre, 43 pour cent des retours planifiés ont été menés à bien. Au 31 octobre 2021, il reste encore 320 340 réfugiés burundais dans les pays de la région, dont 266 840 (83 pour cent) dans les pays voisins du Burundi, à savoir la Tanzanie (126 534 personnes), la RDC (40 601), le Rwanda (47 806), et l’Ouganda (51 899). Ces derniers sont pris en compte par le plan de réponse régional pour les réfugiés burundais (RRP) qui a été lancé en février 2021. Au total, 53 500 autres réfugiés et demandeurs d’asile se trouvent au Kenya, au Mozambique, au Malawi, en Afrique du Sud et en Zambie. À leur arrivée dans l’un des cinq centres de transit, les rapatriés reçoivent des articles ménagers et une aide en espèces pour les aider à entamer une nouvelle vie. La subvention en espèces est utilisée à 35 pour cent pour acheter des biens domestiques, à 21 pour cent pour les abris et à 19 pour cent pour la location de terrains. Pour soutenir les communautés, le HCR a également inauguré récemment le premier centre national de prévention et de traitement de la Covid-19 au Burundi, situé dans la province de Cankuzo, dans l’est du pays, où de nombreux rapatriés arrivent.

Davantage de financements sont nécessaires pour soutenir les retours et la réintégration des rapatriés

En raison du nombre croissant de retours observé cette année comparé à l’année précédente, plus de fonds sont requis. Les partenaires humanitaires estiment qu’ils font face à un faible financement. Le JRRRP requiert un financement d’un peu plus de 104,3 millions de dollars américains. À la fin octobre, le taux de financement du plan était de seulement 10 pour cent. Ce plan sera mis à jour pour l’année 2022. Le contexte lié à la pandémie de Covid-19 augmente les besoins de financement afin de garantir un accueil se conformant au respect des mesures barrières contre la Covid-19. Selon les évaluations effectuées par le HCR dans le cadre du monitoring de protection dans les zones de retour, 30 pour cent des rapatriés ne sont pas satisfait du niveau de leur réintégration. Selon le suivi de protection du HCR, en 2021, 92 pour cent des ménages déclarent être retournés dans leurs zones d’origine au Burundi.
Néanmoins, on note actuellement une augmentation significative du nombre de rapatriés qui ne sont pas retrouvés dans leurs zones de retour d’origine (9 pour cent en 2019, 34 pour cent en 2020 et 31 pour cent en 2021). Au total, 66 pour cent des ménages rapatriés n’ont pas accès à un abri pendant les six premiers mois après leur retour au Burundi. Environ 27 pour cent des adultes rapatriés ne possèdent pas de documents d’identité et moins de la moitié des enfants rapatriés disposent de leurs extraits d’acte de naissance (48 pour cent). Seulement 50 pour cent des enfants rapatriés sont scolarisés. La nonscolarisation des enfants rapatriés les expose à la négligence, à l’exploitation et à d’autres formes de violence et d’abus sexuels. Si 95 pour cent des rapatriés indiquent avoir accès à l’eau potable, plus de 53 pour cent d’entre eux ont recours aux fontaines publiques pour pouvoir accéder à l’eau. Au total, 19 pour cent des ménages rapatriés indiquent ne pas avoir accès aux services de santé primaires dans les zones de retour. Un soutien financier plus important est nécessaire pour parvenir à une réintégration durable, tant pour les personnes qui rentrent que pour les communautés d’accueil au Burundi. Selon le HCR, il y a actuellement de nombreuses situations de déplacement international prolongé dans le monde. Le Burundi est un rare exemple où un nombre important de réfugiés rentrent chez eux. Cependant, sans mesures d’accompagnement et des services sociaux de base dans les zones de retour pour soutenir la réintégration, le déplacement en sens inverse pourrait s’observer.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
To learn more about OCHA's activities, please visit https://www.unocha.org/.