Burundi

Burundi : Plan des opérations pays 2007

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1. Introduction

A neuf mois du début de l'année 2007, la qualité voire la pertinence de ce travail de planification des activités dépendra en grande partie du comportement de l'environnement national burundais.

L'approche sur laquelle est construite notre vision à l'horizon 2007 se veut résolument optimiste. En effet, les grands défis politiques auxquels le Burundi fut confronté peuvent être considérés aujourd'hui quasiment surmontés. A cet égard, on citera tout le bilan accompli pendant les périodes de transition (organisation des différents scrutins, la mise en place des nouvelles institutions) et de post-transition (élaboration et adoption d'un programme d'urgence intérimaire largement plébiscité par une pléiade de donateurs, le 28 février dernier ; conférence des donateurs en septembre prochain en vue de mobiliser des ressources pour le programme de lutte contre la pauvreté).

Le crédit politique dont jouit aujourd'hui le Burundi sur la scène internationale est considérable. Les annonces de contribution de fonds pour l'année 2006 qui ont été faites à cette occasion ont été au-delà des attentes des initiateurs de la conférence, et préfigurent de la détermination et de la volonté de la communauté internationale à accompagner ce pays dans sa quête pour le développement. Nul doute que les retombées de ces efforts auront des répercussions favorables sur les opérations du HCR, et plus particulièrement le rapatriement des réfugiés burundais et leur réinsertion socio-économique. Néanmoins, il ne faudrait pas sous-estimer l'immensité des besoins du Burundi au lendemain de plus d'une décennie de conflit dont les conséquences socio-économiques ont été très lourdes.

Pour 2007, les opérations du HCR au Burundi répondront à 3 soucis majeurs : 1/ le rapatriement et la réinsertion des réfugiés burundais dont 400,000 sont établis principalement en Tanzanie ; 2/ la protection et l'assistance aux réfugiés et demandeurs d'asiles vivant au Burundi par la coordination de l'action d'ONG locales ou internationales ; 3/ l'appui au Gouvernement burundais dans sa politique de gestion des réfugiés à travers la mise en place d'une Commission Nationale d'Eligibilité et d'un secrétariat permanent. Les réfugiés congolais habitant dans les camps de Gihinga à Mwaro et de Gasorwe à Muyinga bénéficieront de l'assistance matérielle, alimentaire, financière (soins de santé, éducation) et juridique alors que les réfugiés urbains ne bénéficieront que de l'assistance juridique et des soins de santé.

Aujourd'hui, l'environnement national burundais parait beaucoup plus favorable aux opérations de retour. La volonté politique réaffirmée des nouvelles autorités, l'annonce d'initier la promotion du rapatriement à la fin du premier semestre de l'année 2006 et le retour de la sécurité dans les provinces d'origine des réfugiés, joints à l'engouement des donateurs, constituent des facteurs encourageants susceptibles d'influer positivement sur le rapatriement volontaire des réfugiés burundais en 2007. A l'inverse, la sécheresse récurrente aux effets incalculables, l'absence d'intervenants actifs dans le domaine de la réintégration, la pression foncière, et l'absence de consensus national (retrait du FRODEBU du Gouvernement, incertitudes sur les négociations avec le FNL ou poursuite des combats qui opposent le Gouvernement au FNL) seraient de nature à affecter de manière négative le rapatriement en 2007.

Compte tenu de ces incertitudes, l'objectif chiffré que s'est fixé la Représentation qui a opté pour une approche prudente, porte sur 80,000 réfugiés burundais à rapatrier en 2007, soit 75,000 en provenance de la Tanzanie et 5,000 autres en provenance du reste du monde. Par mesure conservatrice, le programme prévoit le retour sous diverses formes (spontanés, facilités et autres) des réfugiés burundais de longue date dont le nombre est compris dans le chiffre de planification, et anticipe des besoins spécifiques pour ceux d'entre eux qui ne possèdent plus de terres. S'agissant des personnes déplacées à l'intérieur du Burundi, la Représentation leur apportera comme par le passé son assistance dans le domaine du logement. Les autres formes d'intervention dépendront, d'une part de la politique du Gouvernement et, d'autre part, des directives convenues conjointement dans le cadre de l'Equipe Pays (UN).

Le niveau des ressources nécessaires demandées pour la couverture de cette opération, y compris les besoins en soins et entretien des réfugiés congolais et la réinstallation des survivants de Gatumba, est évaluée à USD 21.5 millions (1), soit 14% inférieur au montant budgétaire de l'année 2006. De même, malgré l'afflux des demandeurs d'asile rwandais dont la gestion a induit la révision à la hausse des effectifs du personnel au niveau du seul bureau de Muyinga, les prévisions des effectifs du personnel du HCR toutes catégories confondues ont globalement régressé de 34 fonctionnaires (les VNU et le personnel Surge non compris) en chiffres absolus sur un total de 190, soit une réduction de plus de 18%.

Ces ajustements ont été dictés par le désengagement volontaire du HCR de certaines activités de réintégration, qui constituaient une part non négligeable du budget des années précédentes. Certes, il n'existera plus une section en charge de la réintégration, les services connexes liés à cette activité devront être délivrés par le personnel de la section Programme dont le profil devra en tenir compte. Cependant, le HCR continuera à assurer un rôle de plaidoyer renforcé dans ce domaine en participant à toute activité de coordination au niveau de l'équipe pays.

Pour 2007, le HCR disposera toujours de 4 bureaux (Bujumbura, Muyinga, Ruyigi et Makamba), avec néanmoins les propositions de réaménagements ci-après :

1. La classification du Field Office Muyinga à Sub-Office Muyinga, et la classification du poste de chef de bureau au grade de P5.

2. La reconversion de Sub-Office Ruyigi à Field Office Ruyigi, et la classification du poste de chef de bureau au grade de P4.

Note:

(1) Ce chiffre n'inclut pas USD 315,000 du programme spécial 'Rapatriement des réfugiés congolais'.