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Burundi négociations: L'écart entre les négociateurs s'est retreci, selon la facilitation

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FONDATION HIRONDELLE - AGENCE DE PRESSE HIRONDELLE A ARUSHA
POURPARLERS DE PAIX INTERBURUNDAIS
NEWS DU 13 DECEMBRE 1999 - BURUNDI
Arusha, 13 décembre 99 (FH) - Les négociateurs de la paix pour le Burundi se sont séparés ce week-end à Arusha, sans pouvoir trouver de compromis sur la gestion de la transition.

Pendant une semaine de tractations, les comités ad hoc comprenant des représentants de dix-huit délégations reflétant presque toutes les sensibilités politiques burundaises, n'ont pas pu s'entendre notamment sur la constitution des services de sécurité, la durée et le gestionnaire de la transition, et le mode électoral à adopter à la fin de la transition.

Clôturant samedi les travaux de la session des comités de négociations, le chef de l'équipe de la facilitation, le juge Mark Bomani (Tanzanie), a cependant affirmé que "l'écart entre les parties en présence s'est rétréci".

"J'espère que vous utiliserez cette pause pour vous consulter et obtenir un mandat de vos responsables, afin qu'au retour à Arusha dans les trois prochains mois, nous aboutissions à la fin des pourparlers", a-t-il dit aux délégués.

Il leur a aussi demandé "davantage d'efforts pour promouvoir à tous les niveaux l'esprit de compromis". "Si Arusha doit être un succès, vous devez démontrer que vous êtes disposés aux concessions et au compromis, sinon nous n'atteindrons pas
les objectifs que nous nous sommes assignés", a ajouté le juge Bomani.

Selon des délégués, une tendance soutient que les forces de sécurité burundaises doivent être démantelées et reconstituées sur la base de quotas ethniques, alors qu'une autre tendance est plutôt favorable à une intégration progressive des Hutus, qui jusque là ont été dans une certaine mesure maintenus à l'écart des forces armées.

Par ailleurs, il est question que l'actuelle gendarmerie soit remplacée par une police à créer et à placer sous tutelle du ministère de l'intérieur, et que l'armée retourne dans les casernes et s'occupe de sa mission de sauvegarde de
l'intégrité territoriale.

"Ce que nous recherchons, c'est que chaque composante ethnique se sente sécurisée", a dit notamment un délégué du parti pour la réconciliation populaire (PRP).

Au sujet de la transition, une tendance soutient que le gouvernement actuel reste en place et s'élargisse à d'autres sensibilités, alors qu'un autre courant au sein de parties aux négociations se dit fermement attaché à la mise en place
d'un nouveau gouvernement légitime, voire à la remise du pouvoir au parti qui le détenait avant la prise de pouvoir par le président Pierre Buyoya en 1996.

La durée de la transition varie entre un, cinq et dix ans, selon les différentes tendances.

Les délégués n'ont pas pu s'entendre sur le système "un homme, une voix", auquel on oppose des élections indirectes, o=F9 l'on ferait appel à des "grands électeurs". Là encore, la représentativité ethnique reste au centre des préoccupations, surtout en ce qui concerne les minorités.

Les quatre commissions de négociations de paix pour le Burundi qui se penchent sur la nature du conflit burundais, la bonne gouvernance, la paix et la sécurité pour tous , ainsi que la reconstruction et la réintégration des réfugiés, se retrouveront à Arusha en février 2000, en présence du nouveau facilitateur, l'ancien président sud-africain Nelson Mandela.

Nelson Mandela a été désigné début décembre par les chefs d'Etats de la région des Grands lacs, en remplacement de l'ancien président tanzanien, Julius Nyerere, décédé en octobre.

Le juge Bomani s'est entre-temps rendu en Afrique du Sud pour rencontrer Mandela. "Il est déterminé à déployer toutes ses énergies pour la réalisation de succès dans ces négociations", a dit Bomani aux délégués.

"Mandela est préparé à faire le voyage d'Arusha chaque fois que nécessaire. J'espère qu'il ne sera pas obligé de venir à Arusha trop souvent , en d'autres mots, essayons de conclure ces négociations le plus vite possible", a conclu Bomani.

Mandela a lancé un appel aux bailleurs de fonds afin, qu'ils continuent à soutenir le processus de paix pour le Burundi. De même, il a décidé de maintenir la même méthodologie de négociations, ainsi que l'équipe de la facilitation, qui a jusque là opéré dans le cadre de "la fondation Nyerere", selon un communiqué de presse publié par la même fondation.

La communauté internationale a déjà investi près de huit millions de dollars US dans le processus de paix pour le Burundi depuis 1996. Les bailleurs de fonds ont manifesté leur inquiétude quant au rythme "très lent" des négociations de paix inter-burundaises.

Depuis l'assassinat en 1993 du premier président démocratiquement élu, Melchior Ndadaye, un Hutu, le Burundi est plongé dans une guerre civile qui a emporté plus de deux cent mille vies humaines.

CR/PHD/FH (BU=A71213a)

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