Burundi

Burundi : L'ONU "s'inquiète énormément" de la situation

L'ONU "s'inquiète énormément" de la situation au Burundi, a déclaré vendredi le représentant exécutif du secrétaire général des Nations Unies dans le pays, Charles Pétrie, en estimant que "le retour à la violence n'est pas à sous-estimer" après 13 ans de guerre civile.

"La situation (au Burundi) nous inquiète énormément (...) et je crois que ça nous confirme à quel point la stabilité est encore fragile dans la région des Grands lacs et à quel point le démon de la violence n'a pas quitté la région", a déclaré M. Petrie à la presse à Bujumbura.

"Le risque est toujours là et ça serait naïf de dire le contraire, même si il y a une réelle volonté de ne pas retourner à la violence", a-t-il poursuivi.

M. Petrie, un Franco-britannique, a fait cette déclaration lors d'une rencontre avec la presse en vue de clarifier "les raisons de (son) départ du Burundi", après l'annonce de sa démission début octobre.

"Le retour à la violence n'est pas à sous-estimer (...) mais si des acteurs politiques décident d'avoir recours à la violence, il n'y aura plus alors de possibilité de recourir au dialogue", a-t-il prévenu.

De nouvelles violences au Burundi ont fait plus d'une trentaine de tués ces dernières semaines et semblent confirmer les rumeurs sur la présence de nouvelles poches de rébellion dans le pays.

Plusieurs opposants sont rentrés dans la clandestinité, ou ont fui le pays à la suite des dernières élections générales remportées par le régime du président Pierre Nkurunziza, alors que l'opposition dénonce l'arrestation de plusieurs centaines de ses membres, ainsi que des exécutions sommaires.

"Mon plus grand regret (au moment de quitter le Burundi) c'est celui de voir que l'opposition s'est retirée du processus électoral", a regretté Charles Petrie.

"C'était un pari, mais un pari qui a échoué et par conséquent ils (les opposants) ont failli à la population dont une partie ne se reconnaît pas dans le gouvernement actuel", a-t-il jugé.

Le Burundi sort de 13 ans d'une guerre civile qui a fait plus de 300.000 morts.