Burundi

Burundi : Le Palipehutu-FNL n'entend pas changer de nom

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Le 06 juillet 2008, le Chef du Palipehutu-FNL (Parti pour la Libération du Peuple Hutu - Front National de Libération), Agathon RWASA, avait animé une conférence de presse à l'Hôtel Sun Safari pour dire au parterre des journalistes que son Mouvement n'entendait pas changer de nom pour se conformer aux exigences de la loi sur les partis politiques qui interdit les formations politiques à connotation ethnique.

Les observateurs avaient alors pensé qu'au cours du temps, la facilitation sud-africaine et le Directoire politique aidant, cette crise d'identité entre le Palipehutu - FNL et le pouvoir allait trouver une solution. Trois mois après, c'est le Secrétaire Général du Mouvement, Jonas Nshimirimana, qui monte au créneau et affirme sans ambages que le Palipehutu - FNL ne va pas renoncer à son appellation actuelle avant au moins les prochaines échéances électorales de 2010.

Martelant qu'il est hors de question de rebaptiser son Mouvement, Jonas Nshimirimana a simplement dit : « Allons aux élections et le peuple sera le seul et dernier juge ». Pour lui, un changement brutal d'appellation pourrait "frustrer les nombreux opprimés qui se reconnaissent dans notre lutte pour plus d'équité sociale".

En réalité, la communauté majoritaire des Hutu pèse plus de 85 pourcent de l'électorat national et le Palipehutu - FNL, fondé en avril 1980 pour revendiquer les meilleures conditions de vie aux Hutu, pressent un risque de perte des voix s'il renonçait brusquement à son identité historique.

Pour le Gouvernement, le Palipehutu-FNL doit respecter l'article 2, alinéa 2 de l'accord de cessez-le feu du 06 septembre 2006. Cette clause stipule "qu'après séparation effective de la branche politique et de la branche militaire, le Palipehutu-FNL pourra demander d'être agréé comme parti politique conformément à la loi ". La loi évoquée ici est celle qui régit les partis politiques et qui ne reconnaît pas jusqu'à ce jour les partis politiques se réclamant d'une appartenance ethnique quelconque.

Pour Agathon Rwasa, les problèmes qui minent le pays sont tellement nombreux que l'appellation de son mouvement devrait être un détail trivial.

Faisant allusion aux " Forces pour la Défense de la Démocratie (FDD) ", ce n'est pas le parti au pouvoir, le CNDD-FDD, qui doit nous demander de changer notre appellation. Le CNDD-FDD n'est-il pas aux affaires alors qu'il inclut dans sa dénomination la force et la défense, n'a-t-il pas été agréé alors que c'était contraire à la même Constitution qu'il nous oppose aujourd'hui ? " aime rappeler Agathon Rwasa.

Le 13 octobre dernier, Les membres internationaux du Directoire politique se sont réunis avec le Facilitateur du processus de paix au Burundi, le Ministre Charles Nqakula, à Pretoria en Afrique du Sud. Ils lui ont fait rapport sur l'évolution du processus de paix depuis la signature de la Déclaration de Ngozi le 29 août 2008 et ont examiné les options pour faire avancer le processus de paix. Il est prévu que le Facilitateur se rende au Burundi pour rencontrer le Chef de l'Etat, Pierre Nkurunziza, et le Chef du Palipehutu - FNL, Agathon Rwasa, le lundi 20 octobre 2008.