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Burundi: Humanitarian Response Plan 2018 - Janvier - Décembre 2018 (Janvier 2018)

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PREFACE PAR LE COORDONNATEUR RESIDENT

Le Plan de Réponse humanitaire 2018 pour le Burundi vise à alléger les souffrances des populations affectées. Il a été préparé par la communauté humanitaire de manière participative et exhaustive, en consultation avec le Gouvernement du Burundi et les bailleurs de fonds, sur base des informations disponibles dont la collecte a été largement améliorée cette année.

En dépit des efforts déjà menés, les évaluations conduites pour connaitre l'état des besoins humanitaires et permettre la planification laissent apparaitre une situation humanitaire toujours précaire. Si des améliorations relatives sont notées dans les domaines de la sécurité alimentaire et de la santé, nombre de besoins urgents et immédiats demeurent, comme pour la nutrition, secteur qui voit une aggravation du nombre de cas de malnutrition aigüe, ainsi que pour la protection. La détérioration des facteurs socio-économiques impacte gravement la situation des ménages et des personnes les plus vulnérables, en particulier les femmes et les enfants, les déplacés internes, les rapatriés, les retournés, et les réfugiés. Par ailleurs, les incidents et les catastrophes naturelles, sous l'influence du changement climatique, se répètent et gagnent en intensité, provoquant là aussi une vulnérabilité accrue des populations rurales comme urbaines.

Le Plan cible 2,4 millions de personnes, soit plus du double qu'en 2017, sur un total de 3,6 millions de personnes dans le besoin, et considère comme prioritaire l'aide immédiate aux personnes en situation d'urgence et l'accès aux services sociaux de base, mais aussi en ce qui concerne les personnes déplacées - en particulier celles qui vivent dans les sites dans des conditions difficiles - l'appui au retour dans leurs zones d'origine ou l'accès à une autre solution durable, le soutien aux communautés hôtes, et à la réintégration des rapatriés et retournés.

Le ciblage a été élaboré à partir de l'analyse sectorielle des besoins, suivant des indicateurs spécifiques à chaque groupe, ainsi qu'en fonction des capacités opérationnelles des partenaires et de l'accessibilité aux bénéficiaires. A cet égard, il est tout à fait crucial que les acteurs humanitaires, qui travaillent dans le respect des principes humanitaires de neutralité, impartialité, indépendance et humanité, en assurant la centralité de la protection, respectant les marqueurs genre et en pleine conscience de leur devoir de redevabilité, aient un plein et facile accès aux populations affectées partout dans le pays.

Le Plan nécessite l'apport de 141,8 millions d'USD pour fournir l'assistance à 2,4 millions de personnes dans tous les secteurs. Une augmentation substantielle des opérations et des financements devra être réalisée à court terme afin d'assurer la protection et de fournir l'assistance vitale aux personnes qui en ont besoin sur l'ensemble du territoire du Burundi.

Bien des problèmes et des faiblesses structurelles sous-tendent les vulnérabilités chroniques, que les programmes humanitaires ne peuvent couvrir. La stratégie intégrée de la résilience au Burundi qui inclut ce plan de réponse comme sa composante humanitaire, sera le cadre approprié pour adresser ces aspects, réduire les vulnérabilités et les risques, et permettre la transition vers les programmes de développement.

C'est ainsi que les divers projets rechercheront une participation active des communautés et autorités locales concernées afin d'assurer la pérennisation des actions entreprises et de contribuer au renforcement de la résilience des communautés. Dans ce même esprit, la coordination avec les autorités sera renforcée pour assurer la complémentarité avec le Plan national de développement du Gouvernement.

Pour permettre aux populations du Burundi de traverser cette période difficile, pour que nous puissions ensemble fournir une réponse appropriée, je lance un appel à toute la communauté humanitaire, au gouvernement et partenaires, aux bailleurs de fonds, à maintenir leur engagement au service des populations vulnérables, à accroitre leurs capacités, et à assurer le niveau de financements requis.
Je conclus en exprimant ma reconnaissance pour les actions engagées, pour le dévouement et la formidable mobilisation d'expertises et de ressources humaines engagées par les acteurs humanitaires en 2017. J'exprime aussi ma profonde gratitude aux bailleurs de fonds sans lesquels ces efforts n'auraient pas été possibles, ainsi qu'aux structures gouvernementales, communautés d'accueil et société civile qui sont en première ligne des actions menées et de l'assistance directe apportée aux personnes dans le besoin.

Ces engagements de la communauté internationale et des acteurs gouvernementaux et locaux doivent se renouveler et se poursuivre, pour soutenir le Plan de Réponse Humanitaire 2018 afin que nous soyons prêts à répondre aux besoins et aux défis croissants pour sauver des vies et préserver la dignité de plus de 2 millions de personnes au Burundi cette année.

Garry Conille Coordonnateur Résident

APERÇU DU CONTEXTE

La vulnérabilité des populations du Burundi s'est aggravée. Ce sont désormais 3,6 millions de personnes qui sont dans le besoin d'assistance, soit une augmentation de plus de 18% depuis 2016. Un Burundais sur quatre est touché par l'insécurité alimentaire (IPC juillet 2017), des épidémies (choléra et paludisme), la malnutrition (MAG, plus de 10% selon les régions). Ces personnes ont besoin de biens de première nécessité, d'un accès aux services sociaux de base et de protection pour améliorer immédiatement leurs conditions de vie.

Présentation du contexte Le Burundi, qui est classé au 184e rang sur 186 dans l'indice de développement humain (IDH) des pays, traverse depuis 2015 une période difficile qui voit surgir d'importants besoins liés à la dégradation des infrastructures et des services techniques dans les régions, l'effritement de la cohésion sociale et du tissu socio-économique et financier.

Cette situation a entrainé des conséquences humanitaires importantes avec des déplacements massifs de personnes à l'intérieur du pays et dans les pays voisins, une situation nutritionnelle alarmante, des besoins de protection accrus y compris la protection des droits des personnes, la protection des enfants, et la lutte contre les violences basées sur le genre.

La faiblesse structurelle et la capacité d’absorption des services et des institutions de l'Etat dans la plupart des régions sont une entrave à l'accès des personnes aux services primaires. Couplée à la pauvreté, la faible efficience des services de base aux populations accroît leurs vulnérabilités, y compris dans les régions moins impactées par les déplacements de population qui n'ont pas de capacité de réagir en cas de choc soudain.

L'inflation galopante contribue à aggraver la vulnérabilité économique des ménages. Tandis que l'agriculture est la principale source de revenus pour 90% de la population, les surfaces cultivées sont insuffisantes, peu fertiles, sujettes à l'érosion, le plus souvent réduites à une agriculture de subsistance. L'absence ou la faiblesse des récoltes ajoutée au déplacement de milliers de personnes appartenant à des communautés déjà affaiblies a eu pour effet d'accroitre leur vulnérabilité et a provoqué une insécurité alimentaire sur l'ensemble du territoire burundais.

Enfin, le risque climatique demeure élevé, et deviendra probablement un facteur incontournable d'exposition des populations aux désastres naturels. Des pluies abondantes, des glissements de terrain et des inondations ont affecté la vie de plusieurs centaines de personnes et ont laissé 188 000 personnes déplacées depuis septembre 2015. Ces événements climatiques ont coûté des vies et détruit des centaines de maisons ou écoles.

Dans l'ensemble du pays, plusieurs centaines de milliers de personnes se trouvent ainsi dans une situation de vulnérabilité importante, soit parce qu'elles sont toujours déplacées internes - la plupart en famille d'accueil ou dans des sites de déplacés où les conditions de vie sont déplorables1 , - soit parce qu'elles ont perdu leurs moyens de subsistance ou sont encore exposées à des risques de protection liés au contexte sécuritaire et la continuation des incidents de violations, y compris les violences basées sur le genre et celles qui affectent les enfants. Ces situations provoquent de surcroit un lourd impact sur les populations hôtes, les communautés ou familles d'accueil qui sont elles-mêmes fragilisées et ne reçoivent pas l'assistance adéquate, du fait du manque d'acteurs et de financement.
Dans ce contexte, les priorités pour 2018 sont d'apporter une assistance humanitaire aux populations les plus vulnérables: la protection des civils, l'accès aux services de base et en particulier la nutrition et la santé, la restauration des moyens de subsistance, le retour volontaire et la réintégration des personnes déplacées internes et des réfugiés, le soutien aux communautés hôtes.

Pour pouvoir relever ces défis, qui voient plus d'un Burundais sur trois dépendre aujourd'hui de l'assistance humanitaire pour l'un ou plusieurs de leurs besoins vitaux, la communauté internationale apporte une réponse aux besoins prioritaires dans un contexte de baisse générale du budget de l'Etat et de faiblesse de la réponse étatique dans plusieurs régions du pays.

La consolidation du déploiement humanitaire et la mise en place d'un système d'alerte précoce au niveau des communautés sont nécessaires pour améliorer les conditions de vie et la protection de la population civile. Le maintien de l'espace humanitaire y inclus l'accès aux populations bénéficiaires et le respect des principes humanitaires restent un défi majeur, en particulier avec la loi sur les ONG promulguée en janvier 2017.

Dans un contexte de vulnérabilité extrême de la population, la communauté humanitaire doit exercer sa responsabilité envers les personnes touchées et être redevable envers elles. Ainsi le respect du maintien de l'indépendance, de l'impartialité et la neutralité de l'action humanitaire est fondamental pour la mise en œuvre d'une approche éthique. La communication avec les communautés affectées informera les décisions et guidera l'action de la communauté humanitaire, et assurera l'appropriation et l'acceptation des communautés bénéficiaires.

Cette assistance humanitaire devra être en lien et synergie étroite avec le plan d'action conjoint UNDAF 2017-2018, et la stratégie du cadre intégré de résilience qui vient compléter les actions d'assistance humanitaire afin de renforcer son objectif global de lutte contre la pauvreté. Une coordination régulière est faite entre la communauté humanitaire et le Gouvernement à travers: le ministère des Relations Extérieurs et de la Coopération Internationale, le ministère de la Santé Publique et Lutte contre le SIDA, le ministère de l'Agriculture et de l'Elevage, le ministère de l'Education, de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, le ministère de l'Eau, de l'Environnement, de l'Aménagement du territoire et de l'Urbanisme, le ministère des Droits de la Personne Humaine, des Affaires Sociales et du Genre, et la Plateforme Nationale de Prévention des Risques et de Gestion des Catastrophes.

L'objectif de ces consultations est de pouvoir mieux coordonner les efforts des humanitaires et ceux des autorités, et faire le lien entre le HRP 2018 et le programme national du Gouvernement.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
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