Burundi : Bulletin Humanitaire | Publication 14 | Juillet 2018

POINTS SAILLANTS

• 57% des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition chronique ;

• 4,5% des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition aiguë globale ;

• Plus de 400 ménages déplacés de Nyanza-Lac ont bénéficié d’une aide d’urgence en abris et articles non-alimentaires ;

CHIFFRES CLES

Pop. dans le besoin : 3,6 millions
H : 0,85M, F : 0,88M , E : 1,87M

Population ciblée : 2,4 millions
H : 0,53M, F : 0,55M, E : 1,28M

PDI : 168 674
H: n/a, F: n/a

Réfugiés congolais : 71 255
H : 35k, F: 36k

Réfugiés burundais : 390 178
H : 193k, F : 197k

Pers. en insécurité alimentaire : 1,7 million
IPC 3 et 4 : 1,7 M

FINANCEMENTS

141,8 millions
requis pour le HRP 2018 (US$)

35,2 millions
contributions dans le HRP

3,8 millions
contributions hors HRP

La SMART révèle un taux acceptable de malnutrition aiguë globale mais des taux préoccupants de malnutrition chronique et d’insuffisance pondérale

Le Burundi a réalisé la première enquête nationale sur la situation nutritionnelle et la mortalité, basée sur la méthodologie SMART, dans l’ensemble des 46 districts sanitaires des 18 provinces du pays, sur la période février-mars 20181. L’objectif de l’enquête est d’évaluer la situation nutritionnelle des enfants âgés de moins de cinq ans pour contribuer à une meilleure prise en charge des problématiques nutritionnelles. Plus spécifiquement, il s’agit d’estimer la prévalence de malnutrition aiguë chez les enfants âgés de 6 à 59 mois, la prévalence de la malnutrition chronique et de l’insuffisance pondérale chez les enfants de 0 à 59 mois, la fréquence des principales maladies infantiles, le taux de mortalité rétrospective ainsi que les pratiques alimentaires du nourrisson et du jeune enfant.

Les résultats publiés ce mois de juillet révèlent un taux de malnutrition aiguë globale (MAG) 2 de 4,5 pour cent à l’échelle nationale, soit un taux légèrement inférieur au seuil d’acceptabilité de 5 pour cent selon les standards de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Certaines provinces comme Karusi, Ruyigi, Mwaro, Rutana et Ngozi affichent cependant un taux de MAG légèrement plus élevé que 5 pour cent. Il est à noter également que la MAG touche davantage les garçons (5 pour cent) que les filles (4,1 pour cent), et plus particulièrement la tranche d’âge de 6 à 23 mois. La malnutrition aiguë sévère (MAS)3 est quant à elle extrêmement rare, avec un taux national de 0,5 pour cent.

Si le taux de MAG est acceptable, la SMART révèle cependant des taux d’insuffisance pondérale4 et de malnutrition chronique5 préoccupants. En effet, le taux d’insuffisance pondérale est de 30 pour cent alors que le seuil d’acceptabilité de l’OMS est fixé à 10 pour cent. Quant à la malnutrition chronique, elle dépasse le seuil critique de 40 pour cent de l’OMS et s’élève à 57 pour cent6. Les garçons sont dans les deux cas plus touchés que les filles et hormis Bujumbura Maire, toutes les provinces dépassent les seuils respectifs d’acceptabilité.

Malgré la pratique courante de l’allaitement maternelle pendant les cinq premiers mois du nourrisson, la majorité des enfants de moins de cinq ans bénéficie tardivement d’une introduction des aliments solides, semi-solides ou mous. Par ailleurs, la diversité alimentaire et la fréquence des repas restent insuffisants et expliquent en partie la fréquence des maladies infantiles, notamment la toux et la fièvre.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:

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