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Burundi

Burundi: Aperçu de la situation humanitaire janvier - mai 2001


Au cours du 1er trimestre 2001, la communauté humanitaire du Burundi a principalement fait face à trois grandes crises :

  • Une crise nutritionnelle grave qui a particulièrement touché les provinces situées au Nord et au Nord-Est du pays;
  • Une épidémie de paludisme sans précédent, essentiellement dans le milieu rural;
  • Un important mouvement de population dans les périphéries de la capitale Bujumbura et dans les provinces situées au sud et au centre, tels que Rutana, Ruyigi, Gitega, Mwaro et Muramvya. Ces déplacements de population sont les conséquences d'une offensive lancée par les rebelles du FNL (Front National de Libération) et du CNDD (Conseil Nation pour la Défense de la Démocratie).

Le climat politique général reste incertain, alors que le processus de paix d'Arusha évolue très lentement. Pendant ce temps, l'intensité des violences au Burundi soulève des préoccupations et empêche la communauté humanitaire d'atteindre les populations les plus vulnérables.

C O N T E X T E

SITUATION POLITIQUE

Facilité par Nelson Mandela, un accord de paix pour le Burundi a été signé le 28 août 2000 à Arusha. Malgré les réserves et le peu d'engagement de certains partis et la non-inclusion de deux principales factions de la rébellion armée (CNDD-FDD et Palipehutu-FNL), cet accord a été accueilli comme un succès et une voie vers une paix durable. Toutefois, durant les mois qui ont suivi cet accord, le processus a très peu avancé vers cette voie. En effet, la situation sécuritaire au Burundi s'est considérablement détériorée. La tentative de Coup d'Etat contre le Président BUYOYA le 18 avril dernier par un groupe de jeunes officiers militaires et la spéculation qui l'a entourée, a montré de façon extrême la complexité et la fragilité de la situation actuelle. Aussi bien avant qu'après la tentative de coup d'Etat, la communauté internationale a intensifié ses efforts dans le but de "recentrer" l'accord sur les points clés non résolus, tels que le cessez-le-feu, la nomination du président et du vice-président pour la période de transition de trois ans et la finalisation des structures de transition.

Le gouvernement actuel et plusieurs partis politiques représentés dans l'Assemblée Nationale continuent d'exprimer leur objection. Et il reste incertain comment ou si une décision majoritaire plutôt qu'un consensus devrait être appliquée. Ces préoccupations ont été débattues lors des multiples réunions tenues en Afrique du Sud, dans l'espoir que la prise de décision puisse être possible durant le prochain Sommet Régional. Toutefois, de sérieux doutes quant à l'avenir réel des accords d'Arusha et les négociations ont été exprimés. En parallèle aux négociations politiques, le Comité de Suivi de la mise en application de l'accord s'est réuni et quelques progrès ont été faits sur les points relatifs à l'aspect technique de la mise en application.

SITUATION SECURITAIRE

L'intensité des combats au Burundi soulève de grandes préoccupations quant à l'évolution des négociations sur le cessez-le-feu. Plusieurs tentatives d'amener les représentants des parties en conflit sur la table de négociation se sont avérées stériles et l'on craint que les forces rebelles soient déterminées à poursuivre une lutte armée et forgent de nouvelles alliances pour atteindre cet objectif. En décembre 2000, un avion de la compagnie Sabena a été la cible de tirs et certaines compagnies ont encore une fois suspendu leurs vols. En début 2001, des affrontements entre les rebelles et les forces gouvernementales ont forcé le déplacement de plusieurs populations aussi bien à l'intérieur du pays que vers les frontières.

Le 24 février 2001, des combats ont éclaté à Kinama, dans les banlieues situées au Nord de Bujumbura Mairie, et se sont vite répandus dans les quartiers voisins pendant les deux semaines qui ont suivi. Par conséquent, quelques 54 000 personnes se sont déplacées vers d'autres zones de la ville et vers les provinces voisines et sont retournées plus tard dans leurs maisons. Durant les mois de mars et avril, le Burundi a connu une vague de combats violents entre les forces gouvernementales et les bandes armées d'opposition, se déplaçant de la province de Rutana située au sud est vers les provinces de Gitega, Mwaro et Muramvya situées au centre et au Nord du pays. Ces combats ont entraîné de vastes mouvements de déplacements de population temporaires de plus de 40 000 personnes et la destruction de propriétés et d'infrastructures publiques. Quelques jours plus tard, la situation sécuritaire s'étant améliorée, la plupart des déplacés sont retournés dans leurs zones d'origine. Toutefois, la situation sécuritaire dans ces régions reste incertaine.

Après une étude de la situation sécuritaire en avril 2000, 11 provinces sur 17, soit environ 2/3 du pays, sont passées de la phase IV à la phase III. Cette situation a accru l'intervention humanitaire et a même ouvert la voie a certaines opérations de développement. Toutefois, il est encore nécessaire de planifier et de faire appel à des escortes armées pour se déplacer sur la plupart des routes principales du pays, alors que certaines parties des zones les plus instables, tels que Bujumbura Rural, Makamba et Rutana, restent inaccessibles en raison de l'insécurité.

Le problème de l'insécurité permanent est exacerbé par l'attaque subie en avril par le convoi de camions portant le logo PAM et transportant des vivres. Quatre personnel humanitaire ont été blessés au cours de cette attaque. Six mois plus tard, six agents humanitaires ont été enlevés à Bukeye, province Makamba, et tenus en otage pendant 5 jours par les FDD.

APERÇU DE LA SITUATION HUMANITAIRE

Sur une population totale de 6 847 006 quelques 379 779 sont enregistrés comme des déplacées internes dans 210 sites dans le territoire. De plus, suite au démantèlement de presque tous les sites de regroupement par le gouvernement en juillet 2000, plus de 200 000 personnes déplacées internes ont été dispersées dans d'autres zones éloignées du pays, au-delà de l'accès à l'assistance humanitaire et sont incapables de rentrer chez elles par crainte de l'insécurité qui sévit au Burundi. Les préoccupations de la communauté internationale sur la situation des déplacées internes ont encouragé la signature d'un Cadre de Concertation sur la Protection des Personnes Déplacées Internes le 7 février 2001 par le Ministre des Droits de l'Homme et du Coordonnateur Humanitaire des nations unies. Ce cadre a créé un forum ouvert pour discuter des problèmes relatifs aux déplacées internes, particulièrement à l'accès et à l'aide humanitaire la protection, pour faciliter l'évaluation et des mécanismes d'intervention rapide et pour soutenir la mise en application des Principes Directeurs des nations unies en matière de déplacement interne.

DÉPLACEMENT TEMPORAIRE

Le 24 février 2001, des combats entre les forces gouvernementales et les groupes armés ont éclaté à Kinama, quartier de Bujumbura Mairie. Durant les heures qui ont suivi, ces combats se sont répandus dans les quartiers voisins de Carama, Cibitoke, Kamenge et Mutakura et se sont poursuivis durant les deux semaines qui ont suivi. Pour éviter d'être pris dans cet échange de tirs, les résidents de ces quartiers ont fui et se sont réfugiés principalement vers les zones situées plus au centre de la ville ou vers le quartier plus sécurisé de Buterere. Quelques 54 000 individus se sont déplacés et regroupés dans 11 sites de la ville, alors que d'autres ont trouvé refuge chez des parents ou amis.

Durant les mois de mars et avril, le Burundi a connu une vague de combats violents entre les forces gouvernementales et les bandes armées d'opposition. Ces dernières se déplacent de la province de Rutana située au Sud-Est vers les provinces de Gitega, Mwaro et Muramvya situées au centre et au Nord du pays. Les combats ont entraîné de vastes mouvements de population temporaires de plus de 40 000 personnes et la destruction de propriétés et d'infrastructures publiques. Les combats ont commencé dans la province de Rutana située au Sud-Est du pays durant la dernière semaine de mars, entraînant le déplacement provisoire d'au moins 15 000 personnes. Le 7 avril, des combats internes ont éclaté dans les zones situées au sud de la province de Gitega, entraînant le déplacement de 17 000 personnes vers la province voisine de Mwaro, tel que signalé par les autorités locales. Après la province de Mwaro, les groupes armés se sont déplacés vers le Nord jusqu'à la province de Muramvya. Plus de 20 000 personnes ont dû se déplacer de façon temporaire, soit à l'intérieur de la province, soit vers le Sud à Mwaro.

Quelques jours plus tard, la grande majorité d'entre ceux qui ont fui leurs maisons, est retournée dans leurs zones d'origine pour protéger leurs biens contre le pillage, lorsque ces zones étaient considérées en sécurité. Toutefois, la situation sécuritaire dans ces zones reste incertaine. Le gouvernement du Burundi et la communauté humanitaire ont fourni de l'aide dans les zones où l'accès était possible. En réponse à la crise, OCHA Burundi a organisé des missions d'évaluation rapide inter-agences dans les provinces de Rutana et de Mwaro. La situation à Gitega et à Muramvya reste extrêmement fragile et elle est suivie étroitement par tous les partenaires engagés dans ces provinces.

LES REFUGIES

Les conséquences du conflit en cours dans tout le territoire burundais, particulièrement à Bujumbura Rural, Gitega, Ruyigi et le long de la frontière Tanzanienne, font que d'autres populations continuent à se réfugier dans les pays voisins, avec quelques 378 141 personnes assistées par le HCR en Tanzanie et 19 990 en RDC ainsi que 1 207 au Rwanda. Quelques 200 000 autres réfugiés burundais issus du conflit des années 70 sont aussi présents à Tabora, Tanzanie, mais sont presque intégrés et ne reçoivent aucune assistance du HCR.

Durant l'année 2000, on assistait à un mouvement de rapatriement spontané englobant 6 830 rapatriés et environ 8 418 autres personnes rapatriées à la fin du mois d'avril 2001. Le Burundi abrite actuellement 28 277 réfugiés dont la plupart ( 22 500 ) en provenance de la RDC.

Au courant du mois de mai 2000, la Tanzanie, le Burundi et le bureau du Haut Commissariat des nations unies pour les Réfugiés (HCR) ont signé un accord à Dar-Es-Salam, capitale de la Tanzanie, pour l'établissement d'une commission chargée du rappatriement des 378 141 réfugiés burundais vivant en Tanzanie, dès que les conditions le permettraient. Malgré cette situation, et à moins que des progrès importants soient effectifs dans le processus de paix, il reste peu probable que, dans un proche avenir, les conditions s'améliorent suffisamment pour que le rapatriement des burundais qui vivent à l'extérieur de leur pays d'origine soit encouragé ou promu. En effet, le Comité Exécutif des Affaires Humanitaires qui s'est réuni le 4 avril a décidé de la nécessité de mettre à jour les plans de contingence dans le cas où la situation humanitaire au Burundi se détériorerait davantage. Des financements sont recherchés pour soutenir les opérations d'urgence. Si, toutefois la situation s'améliorait, le Plan d'Urgence du système des nations unies établit le moyen de riposte nécessaire pour aider les communautés à absorber un rapatriement possible. Dans cette hypothèse, l'engagement des bailleurs de fonds à octroyer une aide de plus de 440 000 000 USD lors de la Conférence de Paris en décembre 2000 pourrait alors être libéré pour la reconstruction économique et sociale du Burundi.

SÉCURITÉ ALIMENTAIRE/ AGRICULTURE

Quatre vingt dix pour cent des Burundais subsistent grâce à la pratique des activités agricoles. Des années de sécheresse consécutives et les récoltes insuffisantes qui en résultent, avec une production agricole qui a chuté en 2000 à moins de 5 % des niveaux de production avant la crise, ont eu un impact considérable sur la sécurité alimentaire et la santé générale de la population, exigeant une importante aide humanitaire. Les provinces situées au Nord du Burundi ont connu une forte sécheresse au cours de trois dernières années. Les provinces les plus touchées sont Karuzi, Kayanza, Muramvya, Muyinga, Mwaro et Ngozi.

Pour éviter la famine et aider les populations rurales à atteindre la sécurité alimentaire, des semences et des rations de protection des semences ont été distribuées en février et en mars pour la saison 2001B, soit de février à juin. La FAO a signalé qu'elle a distribué 3 488 Tonnes de semences de haricot et 1,7 Tonnes de semences de légumes pour cultiver à 329 170 familles vulnérables. Pour s'assurer que ces semences de culture ne soient pas consommées, le PAM a distribué des rations de semences de protection. Sur 327 500 ménages ciblés dans cette campagne, seuls 224 917 ont reçu les rations. Le reste n'a pas pu en bénéficier, en raison de l'insécurité et des problèmes relatifs à la coordination locale quant à l'enregistrement des bénéficiaires.

Tout en restant préoccupante, la situation nutritionnelle semble se stabiliser. Les sécheresses consécutives, la malnutrition et une épidémie de paludisme sans précédent ont entraîné une détérioration de la sécurité alimentaire dans cinq provinces à savoir Karuzi, Kirundo, Ngozi, Muyinga et Cankuzo. Dans ces provinces, Le PAM procèdent, en collaboration avec le CICR, à des distributions ciblées de 4 373 Tonnes de vivres à 106 000 familles.

SANTÉ ET NUTRITION

Malnutrition

La hausse spectaculaire du nombre de cas admis dans les centres de nutrition thérapeutique et supplémentaire entre septembre 2000 et janvier 2001 a montré les taux de malnutrition alarmants. Face à cette situation, les agences ont accru leur soutien aux centres de nutrition. Le PAM, en collaboration avec d'autres agences, a intensifié ses efforts pour faire face aux difficultés logistiques, protéger les convois de vivres et augmenter la couverture de la distribution.

Mois
sept-00
oct-00
nov-00
déc-00
jan-01
fév-01
mars-01
Admissions dans les CNS
46 500
55 944
65 716
78 450
93 432
95 944
98 141
Admissions dans les CNT
1 800
2 178
2 733
2 836
4 052
4 993
4 298

Bien que la situation nutritionnelle générale n'ait pas changé en mars, elle a toutefois connu une légère amélioration en avril due à une bonne récolté de la Saison 2001A (décembre à mars). Toutefois, une étude menée en mars 2001 par MSF France a indiqué que la situation nutritionnelle est encore extrêmement alarmante dans la province de Ngozi avec un taux de malnutrition aigu global de 17,5% et un taux de malnutrition aigu sévère de 4,1%. Un taux de malnutrition aigu global se situant au-dessus de 10% est considéré alarmant et un taux au-dessus de 15% est très extrême. Le taux de mortalité chez les enfants de moins de 5 ans a atteint 5 sur 10 000 par jour. Pendant ce temps, l'ONG française Action Contre la Faim (ACF) rapporte qu'elle n'a pas été en mesure de mener une enquête nutritionnelle dans la province de Ruyigi pour des raisons d'insécurité.

Seules trois communes de Ruyigi étaient partiellement accessibles. Parallèlement à cette situation, les Centres de Nutrition Supplémentaire (CNS) dans les provinces de Gitega, Mwaro, Muramvya, Rutana et Bujumbura rural n'ont pas pu fonctionner pour des raisons d'insécurité.

Crise épidémiologique

Une épidémie de paludisme sans précédent a également eu un impact négatif sur l'état de la santé de la population depuis octobre 2000. Non seulement les populations vivant dans le régions de basses altitudes, qui sont les zones habituelles d'infection, mais aussi celles des hauts plateaux, ont été touchées.

Avec le début de la saison sèche, le nombre de cas du paludisme a continué à baisser en avril 2001, avec seulement 246 743 cas enregistrés par le Ministère burundais de la santé, l'OMS et l'UNICEF. En mars 2001, il y avait encore 343 593 cas de paludisme. Ce nombre a fortement baissé par rapport au nombre enregistré en novembre, soit 732 309 cas, mais il est toujours supérieur à ceux enregistrés en mars 2000, soit 238 714 et en 1999, soit 128,613 cas.

Les mauvaise conditions de vie et la chute des taux de couverture de la vaccination (de 83% en 1993 à 48% en 1998 et plus bas depuis) ont conduit à une hausse du nombre de cas de rougeole : passant de 2 981 en 1999 à 22 517 en 2000. Suite aux vastes campagnes de vaccination menées par le Ministère de la santé, l'UNICEF, l'OMS et les ONGs partenaires au mois de mars et d'avril, le nombre total de cas de rougeole enregistrés a baissé à 88 cas en avril, par rapport au nombre élevé de 3 317 en octobre 2000.

ENFANTS NECESSITANT UNE PROTECTION PARTICULIERE

La crise en cours au Burundi continue de séparer les enfants de leurs parents ou familles tutrices et de ronger les mécanismes de "survie" traditionnels. En octobre 2000, l'UNICEF a signalé 25 000 enfants enregistrés comme orphelins de guerre, 193 000 enfants déplacés et 5 000 enfants chefs de famille. Alors que le SIDA continue à ravager le pays, 230 000 orphelins du Sida ont été identifiés. Plus de 7 000 ont été enregistrés comme enfants non accompagnés, 5 000 enfants de la rue et 200 mineurs incarcérés. Ces chiffres ne prends en considération ni les enfants traumatisés, ni les handicapés, ni les enfants en conflit avec la loi et nécessitant un soutien psychosocial, ni les 10 000 enfants burundais non accompagnés que l'UNICEF Tanzanie a identifié parmi les populations réfugiées.

Des fonds suffisants n'ont pas encore été obtenus pour réunir les enfants séparés de leurs familles ou familles tutrices ; pour fournir un soutien psychosocial aux enfants traumatisés et une aide juridique aux enfants en situation de conflit avec la loi ainsi que ceux nécessitant un soutien juridique ; sensibiliser les autorités et les communautés sur les droits de l'enfant ; améliorer la qualité des soins offerts aux enfants vulnérables par les partenaires ; et améliorer les chances d'intégration des enfants dans des familles ou communautés par la fourniture de matériel de soutien et la création d'activités génératrices de revenus ; mener des enquêtes nationales sur la situation des enfants nécessitant une protection particulière et, enfin, entretenir une base de données centralisée sur les informations recueillies.

BATWA

La FAO a rapporté que la communauté minoritaire BATWA démontre le niveau le plus élevé de pauvreté dans tous les domaines. Selon cette même agence, une grande partie de la population Batwa n'a pas accès à l'agriculture. Celles qui en ont accès ont un besoin urgent de semences pour cultiver. Près de 60% des semences reçues pour cultiver ont été consommées. Travaillant comme ouvriers agricoles et gagnant entre 250 et 300 francs bu ; soit à environ 0,50 dollar américain/jour, les Batwa se trouvent souvent obligés de voler des récoltes pour se nourrir. Extrêmement pauvres, les Batwa sont incapables de payer ls frais de scolarisation de leurs enfants (Education) ni payer les soins de santé ni s'offrir des vêtements. Une proportion exceptionnellement élevée de familles dirigées par de jeunes veuves aggrave davantage la marginalisation des Batwa à travers le pays.

CONTRAINTES À LA FOURNITURE DE L'ASSISTANCE HUMANITAIRE

ACCES

Le problème d'accès pour toutes les populations vulnérables, ainsi que les déplacés internes, reste préoccupant. Alors que l'accès est sporadiquement possible jusqu'à 70% du pays, il est donc requis de planifier et de faire escorter pour la plupart des déplacements du personnel des Nations Unies. Six sur dix-sept provinces restent dans la phase IV, conformément à la classification de la sécurité des Nations Unies, les 11 provinces restantes sont à la phase III. Le problème de l'accès a été considérablement marqué par l'attaque d'un convoi de vivres du PAM le 2 avril à Muriza blessant quatre personnes. Un mois plus tard, le 11 mai, six employés de l'aide humanitaire ont été kidnappés et gardés en otage pendant cinq jours par les Forces pour la défense de la démocratie ( FDD) à Bukeye dans la province de Makamba. Ces employés de l'ONG Memisa-Coped mettaient en place un dispensaire mobile au moment de leur enlèvement.

La communauté humanitaire internationale condamne ces actes et interpelle encore une fois toutes les parties en conflit de respecter les principes humanitaires et les droits de l'homme. Il a été recommandé que davantage d'efforts soient fournis pour reprendre le dialogue avec les groupes rebelles pour faire face aux préoccupations humanitaires, y compris les problèmes relatifs à l'accès et la sécurité.

FINANCEMENT

L'Appel Consolidé Inter-Agences 2000 pour le Burundi demandant 70 642 513 $ US a été faiblement financé. Seulement 9,9 millions sur les 36,6 millions ont été reçus jusqu'à ce jour, soit 25 % des besoins couverts. Au cours de l'année 2000, la communauté internationale n'a toutefois épargné aucun effort pour tenter de mobiliser des fonds afin de surmonter cette combinaison complexe de besoins en humanitaire, réhabilitation et développement au Burundi. Un faible financement a retardé une réponse efficace aux diverses crises sanitaires qu'a connu le Burundi.

En novembre 2000, l'Appel Consolidé pour le Burundi requérant 102 millions $ a été lancé. Par cet Appel, l'Equipe de Pays du Système des Nations Unies a réitéré sa double stratégie:

  • Veiller à ce que tous les groupes de population vulnérables à travers le pays reçoivent une aide, incluant celles vivant dans des zones d'insécurité;
  • Soutenir le processus de paix afin de combler l'écart entre l'aide humanitaire d'urgence et le développement. La réponse n'a pas encore été comblée avec seulement 15,1 % des besoins couverts jusqu'au 28 mai 2001.

La revue à mi-parcours du CAP2001 a pris en considération les récentes crises vécues au Burundi dans les domaines de la santé, de la nutrition et de l'agriculture. Pour faire face aux besoins additionnels, les nations unies font appel à 9 685 043 USD supplémentaires.

En décembre 2000, le PNUD et la Banque mondiale ont conjointement présidé une conférence internationale des bailleurs de fonds pour le Burundi qui s'est tenue à Paris. A la fin de la réunion, les participants ont exprimé leur soutien évalué à près de 440 millions $ pour la période 2001-2003. Cette aide couvrirait les besoins du Burundi en réhabilitation, reconstruction et développement sur le long terme.

OCHA Burundi, 31 mai 2001

Disclaimer

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