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Burundi: Allocutions du Nouvel An

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BURUNDI - NOUVEL AN

Présentation des voeux du Nouvel An 2003 au Président de la République par les Corps Constitués.

(Bujumbura, le 08 janvier 2003). A l'occasion des cérémonies de présentation des voeux de Nouvel An à S E M. le Président de la République par les Corps Constitués, ce 07 janvier 2003 au Palais des congrès de Kigobe, des discours ont été prononcés. Nous vous présentons ici les discours prononcés respectivement par le Président de la République, le Président de l'Assemblée Nationale et le Vice-Président de la République.

Excellence Monsieur le Président de l'Assemblée Nationale et Madame,

Excellence Monsieur le Président du Sénat et Madame,

Monsieur le Vice-Président de la République et Madame,

Monsieur le Président de la Cour Suprême,

Messieurs les Anciens Premiers Ministres,

Mesdames, Messieurs les Membres du Bureau de l'Assemblée Nationale et du Sénat,

Mesdames, Messieurs les Ministres,

Mesdames, Messieurs les Députés,

Mesdames, Messieurs les Sénateurs,

Madame le Président de la Cour Constitutionnelle,

Monsieur le Procureur Général de la République,

Messieurs les Membres de la Commission de Suivi de l'Application de l'Accord d'Arusha pour la paix et la réconciliation,

Messieurs les Chefs des Partis Politiques agréés,

Mesdames, Messieurs les Représentants des Confessions Religieuses,

Monsieur le Représentant Spécial du Secrétaire Général de l'ONU,

Monsieur le Représentant Spécial du Secrétaire Général du l'Union Africaine,

Mesdames, Messieurs les Chefs des Missions Diplomatiques et Consulaires,

Mesdames, Messieurs les Représentants des Organisations Internationales,

Distingués Invités,

Mesdames, Messieurs,

Comme la coutume Nous le recommande à une circonstance pareille de début de l'année, Nous nous sommes retrouvés dans ce Palais de l'Assemblée Nationale pour échanger les voeux du Nouvel an.

Il Me revient alors d'entrée de jeu, de remercier les différents orateurs qui, au nom des corps qu'ils représentent en l'occurrence le Gouvernement, le Parlement et le Corps Diplomatique, viennent de prendre la parole à cette tribune, pour adresser à Nous, à Notre famille et au peuple burundais tout entier, leurs voeux de paix, de bonheur et de prospérité.

A Notre tour, Nous saisissons cette opportunité pour exprimer à l'Assemblée Nationale, au Sénat, au Gouvernement, à la Magistrature, aux Représentants des Missions Diplomatiques et des Organismes Internationaux, à vous tous présents à ces cérémonies ainsi qu'à vos familles respectives, les mêmes voeux de bonheur, de paix et de prospérité.

Notre souhait intime est que le spectre de la guerre dans le monde soit conjuré à jamais au fil de l'année 2003, et que la paix s'installe dans les coeurs et les esprits de tous, dans les familles et jusqu'aux confins de notre chère patrie tant meurtrie. Que l'année 2003 soit aussi pour tous Nos compatriotes et tous les étrangers établis sur Notre sol, une année de quiétude, de bonne santé et de prospérité.

Aux membres des Corps Diplomatiques et Consulaires ainsi qu'aux Représentants des Organisations Internationales, Nous nous faisons l'agréable devoir de leur demander de bien vouloir transmettre de Notre part, les meilleurs voeux de l'an 2003 aux Souverains, aux Chefs d'Etat et aux Dirigeants des Institutions qu'ils représentent ici chez Nous.

Excellences, Mesdames, Messieurs,

En cette solennelle circonstance, Nous voudrions par ailleurs dresser sommairement d'abord, le bilan des réalisations de l'année écoulée, projeter ensuite les perspectives de cette année qui débute et enfin renouveler Notre engagement pour l'année 2003. Nous n'allons pas nous y appesantir outre mesure dès lors que Nous l'avons déjà fait dans Notre message à la Nation du 31 décembre dernier.

Qu'il Nous suffise simplement de rappeler, que Nos priorités pour l'année 2002 étaient bien claires sur les plans politique, économique et socioculturel.

Nous retiendrons pour mémoire que sur le plan politique, Notre attention s'est davantage focalisée sur la sécurité, le processus de paix et la mise en application de l'Accord d'Arusha pour la paix et la réconciliation au Burundi.

En cette période d'évaluation des actions enregistrées à l'actif de l'année 2002, Nous renouvelons les remerciements aux Forces de l'ordre, à l'Administration et à la Population que Nous leur avons exprimés avec force dans Notre message du 31 décembre.

En outre, le processus de paix vient de connaître une avancée significative à la fin de l'année 2002. En témoignent les accords de cessez-le-feu récemment signés avec les deux ailes du CNDD-FDD et une aile du PALIPEHUTU-FNL.

Enfin, sur le terrain de la mise en application de l'Accord d'Arusha pour la paix, Nous avons tracé le programme triennal de la Transition, finalisé les programmes sectoriels et promulgué un certain nombre de lois. Nous avons déposé sur la table de l'Assemblée Nationale beaucoup d'autres qui attendent d'être votées. Nous avons opéré certaines réformes au sein des ministères, dans l'Administration territoriale, dans les services extérieurs et dans les Entreprises Publiques.

Les bilans positifs affichés ne signifient pas que les programmes qui étaient arrêtés au départ ont été parfaitement réalisés. Car, Nous avons rencontré des contraintes majeures qui sont la poursuite de la guerre, l'insuffisance de moyens matériels et financiers, ainsi que la jeunesse des institutions comme le Parlement qui pouvait certainement faire un peu plus que ce qu'il a atteint comme performances cette année. Aussi est-il que l'Administration devrait améliorer ses performances.

Sur le plan économique,

D'aucuns se rappellent encore que les priorités de l'année 2002 étaient l'augmentation de la production, la relance de l'économie et la lutte contre la corruption.

La clémence du ciel et l'application de la population au travail ont couronné Nos efforts inlassables de la mobiliser en faveur de l'augmentation de la production vivrière et d'exportation. Enfin, la production agricole a été globalement satisfaisante.

En ce début d'année, Nous estimons que les bases de la relance économique ont été jetées. En témoignent l'accord signé avec le Fonds Monétaire et le crédit obtenu auprès de la Banque Mondiale. Au niveau interne et dans le cadre de cette relance économique, Nous avons amorcé la réhabilitation des infrastructures économiques et ouvert le vaste chantier de lutte contre la corruption.

Enfin, sur le plan socioculturel, Nous avons accéléré les actions dirigées vers la réhabilitation de l'éducation et de la santé, avec un accent particulier sur la lutte contre la pandémie du Sida. Mais aussi, l'attention a été portée aux populations sinistrées et des efforts de rapatrier les réfugiés ont été déployés.

Au regard des réalisations de l'année 2002 sur les plans politique, économique et socioculturel, Nous sommes en droit d'espérer faire plus et mieux au cours de l'année 2003.

Excellences, Mesdames, Messieurs,

A l'aube de cette année 2003, l'espoir d'un avenir plus radieux pour Notre pays est donc permise. De bonnes bases pour une paix durable, une relance économique et une réhabilitation sociale ont été posées.

Les acquis de l'année écoulée constituent, à n'en pas douter, le background des perspectives d'avenir de cette année nouvelle. Nous souhaitons en ce moment en exprimer les grandes priorités.

Sur le plan politique,

Les grands axes de l'action à mener s'orienteront dans trois directions, à savoir la sécurité, la négociation du cessez-le-feu et la poursuite des réformes.

Primo, la sécurité.

Des actions contre les bandes armées, la criminalité et tous les phénomènes qui déstabilisent la quiétude de la population vont être engagées sérieusement.

Secundo, la négociation du cessez-le-feu.

La poursuite des négociations en vue du cessez-le-feu permanent signé par tous les groupes armés sera une des grandes priorités. En plus de la ferme volonté d'asseoir le cessez-le-feu en vertu des accords déjà signés dans ce sens, Nous entreprendrons tous les efforts pour que l'aile du PALIPEHUTU-FNL encore réfractaire au dialogue adhère aussi au noble idéal de la paix.

Nous profitons de cette circonstance de présentation des voeux, pour lancer encore une fois un vibrant appel aux membres de cette aile, pour qu'ils fléchissent et prêtent une oreille attentive aux voix de la paix. Ils devraient comprendre que le moment est venu d'embarquer dans le bateau de la paix. Demain pourrait être trop tard pour eux.

Tertio, la mise en application de l'Accord.

L'application de l'Accord d'Arusha pour la paix et la réconciliation au Burundi privilégiera l'opération de réorganiser les corps de défense et de sécurité, en l'occurrence l'armée, les polices et les services des renseignements. Cette tâche délicate sera accomplie avec doigté dans l'intérêt de tous et de la paix. Que tous soient donc rassurés.

Dans le même ordre, la réforme de la justice se poursuivra dans le sens de la mise en place des législations nécessaires, relatives aux structures et leur application effective sera de mise.

Enfin, les efforts pour réformer l'Administration aux niveaux central et territorial seront également poursuivis.

Sur le plan économique,

L'année 2003 commence sous de meilleurs auspices que ceux de l'année qui vient de s'écouler. En effet, les horizons de relance économique se sont éclairci avec l'accord de financement signé avec le Fonds Monétaire International pour mettre en place le programme post-conflit et le crédit de relance économique accordé par la Banque Mondiale.

Outre que ces accords créent des conditions de stabilisation de l'économie, ils qualifient de nouveau le Burundi comme partenaire de beaucoup de bailleurs de fonds. Le plus grand défi sera de mettre en application ce dont Nous avons convenu avec la Communauté Internationale.

Et pour que cette relance économique soit une réalité, des stratégies seront arrêtées pour créer des mécanismes opérationnels de lutte contre la corruption et les autres crimes contre la chose publique. Ils viendront accompagner, sans nul doute, le renforcement nécessaire de l'Inspection Générale des Finances et la mise en route du fonctionnement de la Cour des Comptes.

Nous croyons fermement qu'il est plus que temps qu'en matière d'éradication de la corruption et d'autres crimes économiques les actes soient joints à la parole.

Sur ce même registre économique, des efforts seront également consentis dans le sens de réhabiliter les infrastructures publiques. Elles concernent l'adduction d'eau en milieux urbain et rural, la promotion des télécommunications et le développement du réseau national routier.

Sur le plan social,

La réhabilitation multiforme de ce secteur va se poursuivre. Les domaines de l'éducation, de l'enseignement des métiers, de la santé et du rapatriement viendront en priorité.

En matière de l'éducation, les progrès enregistrés l'année dernière dans l'augmentation des effectifs seraient vains s'ils n'étaient pas accompagnés cette année de l'amélioration de la qualité des enseignements. Cette amélioration passera par l'augmentation du nombre d'enseignants, les efforts pour rendre disponible plus de matériel didactique et l'amélioration de la discipline.

Dans ce domaine éducatif, une catégorie particulière d'enfants et de jeunes va requérir une action concertée et soutenue. Nous avons nommé les enfants indigents au sein desquels se comptent également les enfants de la rue. Aujourd'hui plus qu'hier, l'ampleur du phénomène Nous interpelle et Nous y oblige.

A cause des réformes envisagées au niveau particulièrement des forces de défense et de sécurité ainsi que la démobilisation conséquente des membres des groupes armés, l'enseignement des métiers appellera un essor singulier. Car ce secteur devra être à même de pourvoir au besoin d'encadrement des éléments de cette nouvelle catégorie, en sus des bénéficiaires traditionnels.

Les perspectives d'action du domaine de la santé devront concerner davantage la réhabilitation des infrastructures sanitaires et la construction de nouvelles, en cas de besoin. Mais, elles toucheront également l'amélioration des prestations dans ce domaine, sans oublier que le souci de rendre disponible les médicaments restera au coeur de Nos préoccupations.

Cela est d'autant plus particulièrement fondé que Nous devons mener une guerre sans merci contre le fléau du Sida. L'occasion est propice pour réaffirmer tout haut que les efforts entrepris déjà pour faire de la lutte contre le Sida un programme d'envergure nationale seront poursuivis.

Ce souci d'améliorer la santé physique de la population en général s'accompagnera par l'amélioration des conditions de travail des travailleurs du secteur public.

Deux actions sont à l'agenda dans cette perspective : la révision du statut des fonctionnaires et la mise en place progressive de la mutuelle des travailleurs du secteur privé grâce au concours des premiers concernés.

Enfin, l'action sociale à renforcer concernera le rapatriement de tous les réfugiés désireux de rentrer. Seule une action coordonnée au niveau de tous les partenaires concernés par le règlement de cette question doit être recherchée. Sinon, tout le dispositif nécessaire est en place.

Réussir le pari de la réhabilitation sociale au cours de cette année constituera, Nous en sommes persuadé, un bon tremplin pour une bonne relance économique dont les grandes lignes ont été brossées plus haut.

Excellences, Mesdames, Messieurs,

Vous conviendrez avec Nous que ce programme d'action dont Nous venons de présenter la trame ne pourra être réalisé que si nous en faisons un objectif commun à atteindre à tout prix. Autant sa conduite doit être l'oeuvre de toutes les institutions de la République que vous représentez dignement à ces présentes cérémonies, autant elle requiert l'implication de la Société Civile et celle de toute la population.

Il faut que 2003 soit une année de sortie de la crise, de rétablissement de la paix durable, de relance économique et de réhabilitation sociale dans tous les secteurs de la vie nationale.

Je lance un appel à tous les Burundais, en l'occurrence les institutions nationales, l'Administration, la Société Civile et la population, pour que cet objectif soit commun à tous.

Et Je lance également un appel à la Communauté Internationale pour qu'elle accompagne cette sortie de la crise. Nous lui demandons instamment de rendre enfin disponibles les moyens trop longtemps promis mais différés à plusieurs reprises.

Nous sommes dès lors convaincus que la détermination des Burundais à recouvrer la paix, quoi qu'il en coûte encore, et le consentement de la Communauté Internationale à les accompagner dans cette voie, sont les garants du triomphe de la paix, de la sécurité, de l'Etat de droit et du bien-être de Nos populations.

Pour clore Notre allocution, Nous voudrions une fois de plus souhaiter à tous les membres des Corps Constitués présents à ces cérémonies ainsi qu'à tout le peuple burundais Nos meilleurs voeux de paix, de bonheur et de prospérité pour cette année 2003.

Je vous remercie.

* * *


PROJET D'ALLOCUTION DE SON EXCELLENCE L'HONORABLE PRESIDENT DE L'ASSEMBLEE NATIONALE DE TRANSITION DR JEAN MINANI A L'OCCASION DE LA PRESENTATION DE VoeUX DE NOUVEL AN PAR LES CORPS CONSTITUES A SON EXCELLENCE LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE.

Excellence Monsieur le Président de la République ;

Excellence Monsieur le Président du Sénat ;

Excellence Monsieur le Vice-Président de la République ;

Honorables membres du Bureau de l'Assemblée Nationale et du Sénat ;

Honorables Députés ;

Honorables Sénateurs ;

Messieurs, Mesdames les Ministres ;

Monsieur le Maire de la ville de Bujumbura ;

Mesdames, Messieurs les membres de la Commission de Suivi de l'Application de l'Accord d'ARUSHA ;

Excellences et Messieurs les Représentants Spéciaux des Secrétaires Généraux de l'OUA et de l'ONU ;

Excellences Mesdames, Messieurs les Membres du Corps Diplomatique et Consulaire ;

Mesdames et Messieurs les Représentants des Organisations Internationales ;

Messieurs les Représentants des Partis politiques ;

Messieurs les Représentants des Confessions Religieuses ;

Mesdames Messieurs les Représentants de la Société Civile ;

Mesdames, Messieurs.

1. En ce début du Nouvel an 2003, permettez-nous, Excellence Monsieur le Président de la République, de vous présenter à vous, à Madame votre épouse, à toute votre famille et au Peuple burundais tout entier, nos voeux les plus sincères pour une année de paix, de bonheur, de bonne santé, de prospérité et de stabilité politique, bref de bonne réussite sur les plans individuel et collectif. Nous émettons ces voeux au nom de l'Assemblée Nationale et en notre nom propre.

2. Excellence Monsieur le Président, les jours s'assemblent mais ne se ressemblent pas.

Nous nous retrouvons aujourd'hui dans ce même palais de Kigobe où il y a un an nous étions tous réunis à l'occasion de la cérémonie solennelle de présentation des voeux à vous-même, à votre famille et à votre gouvernement. Nous formulions des voeux pour le rétablissement rapide de la paix et de la sécurité, qui aurait dû découler d'une façon quasi automatique de la signature de l'Accord d'Arusha en date du 28 août 2000, par 17 partis politiques associés à l'Assemblée Nationale et au Gouvernement.

Certes, l'Accord connaissait un début d'application, une Assemblée Nationale de transition était en place, un gouvernement de transition était à l'oeuvre et bien d'autres volets de l'Accord étaient en chantier, qui, attendant une fondation solide pour être érigés, qui, attendant une consolidation pour devenir des piliers véritables pour une paix réelle.

3. Cependant, des doutes subsistaient. Au vu de la fréquence des violences qui ensanglantaient et endeuillaient le pays, certains ne croyaient plus que des bouts des lèvres à cette paix, aspiration de la majorité du peuple burundais, tout en étant une monnaie de chantage pour certains autres, dont les groupes armés. La situation, aujourd'hui, se présente tout autrement.

L'année 2002 s'est close sur la signature de l'Accord de Cessez-le-feu entre le gouvernement de Transition et les Mouvements armés d'Alain MUGABARABONA, de Jean Bosco NDAYIKENGURUKIYE et de Pierre NKURUNZIZA.

Le Cessez-le-feu qui a toujours été notre cheval de bataille est en train de prendre corps. La trajectoire tracée est en train de nous conduire tout droit au but, réellement nous voyons le bout du tunnel. N'en doutons pas, si nous ressentons les douleurs de l'enfantement, c'est que nous sommes en train d'accoucher de la Paix. C'est pour nous l'occasion de féliciter vivement ces mouvements qui au bout du compte ont choisi le camp de la paix, qui se sont fait violence pour consolider la réconciliation et forcent leur raison pour servir la concorde nationale.

La grandeur ne consiste pas tant à se battre, même pour une raison juste, qu'à diluer les raisons de son ressentiment dans la négociation et la compréhension de l'autre, avec l'autre.

Dès lors nous lançons un appel pressant au mouvement PALIPEHUTU-FNL d'Agathon RWASA pour rejoindre immédiatement, mais avec bonne volonté, la table de négociation. Aujourd'hui, il est encore temps de prendre le train en marche, demain ce sera trop tard. Le Burundi se construira avec ou sans ce mouvement, il vaut mieux que ce soit avec, que sans.

Nous déplorons cependant que des tentatives de violation du Cessez-le-feu soient signalées par ici, par là, au risque de justifier et de légitimer les atermoiements, les hésitations de ce mouvement à faire une marche résolue en avant pour construire avec nous le pays. Ceux qui s'adonnent, ces derniers jours, à la provocation des militaires attentent certainement à la viabilité du Cessez-le-feu. Cependant ces provocations ne peuvent en aucun cas justifier une répression sans commune mesure des pillages systématiques de la part de certains éléments des forces de l'ordre et de sécurité comme cela vient d'être le cas hier dans les quartiers de Taba et de Gasenyi. Nous condamnons ces actes et demandons instamment des enquêtes conséquentes pour déterminer les responsables ces actes et les punir à la mesure de leurs forfaits. Que toutes les familles éprouvées trouvent ici l'expression de notre sympathie.

4. L'année 2003 sera impérativement l'année de la sécurité pour tous. L'Assemblée Nationale, fidèle à la mission lui dévolue, mettra à la disposition du gouvernement les instruments juridiques et constitutionnels nécessaires pour créer et promouvoir les conditions propices à l'application des différents Accords de Cessez-le-feu. Leur mise en oeuvre viendra étoffer et enrichir notre société qui se veut un Etat de droit. C'est ce que ont exprimé clairement les politiciens burundais en pourparlers à Arusha, en inscrivant dans l'Accord les différentes réformes y afférentes en matière des corps de défense et de sécurité et dans le secteur juridique et administratif. Il va sans dire que ces réformes ont le soutien entier et sans faille de l'Assemblée Nationale.

Excellence Monsieur le Président ;

Honorables Députés et Sénateurs ;

Mesdames et Messieurs les Ministres ;

Mesdames et Messieurs.

5. Si les volontés politiques semblent converger pour réunir et protéger les conditions pour l'éclosion de la paix, un ennemi, de taille, risque de tout mettre en cause et faire souffrir tout le processus.

Il s'agit de la pauvreté, véritable fléau engendré par la guerre et qui touche la nation entière. Tout en invitant le Gouvernement à élaborer une véritable stratégie de lutte contre la pauvreté, par des mesures réalistes, efficaces et adaptées à chaque cercle, couche ou entité de la République, nous nous adressons, une fois de plus, à la communauté internationale pour libérer sans retard les moyens promis aux conférences de Genève et de Paris. L'oxygène réanime un corps agonisant, passé la limite, il devient un gaspillage.

Nous nous réclamons de l'amitié longtemps entretenue avec nos partenaires pour leur demander avec insistance en ces circonstances particulières une solidarité agissante. Ceux qui nous ont accompagné dans ce long processus politique doivent comprendre que son corollaire - le développement économique - ne peut relever de la génération spontanée mais qu'il ne peut résulter que de l'injection massive de moyens propres à créer les conditions d'une véritable relance économique. Qui ne sème rien ne récolte rien. Si cela est vrai sur plan agricole, ce l'est davantage sur le plan de la gestion des sociétés étatiques.

Excellence Monsieur le Président ;

Honorables Députés et Sénateurs ;

Mesdames, Messieurs les membres du Gouvernement ;

Mesdames, Messieurs.

6. Dans la nature, les gènes inscrits dans chaque espèce déterminent un mécanisme qui préside au processus de naissance, de croissance, de vieillissement et même d'extinction des sujets de l'espèce.

L'homme est tellement admiratif de ce processus qu'en plus du mécanisme qui le régit lui-même, il cherche à imiter la nature en calquant sur sa société les lois qu'ils constate dans cet amas de choses qui n'ont pour seul maître que Dieu, car selon un auteur latin « Deus est natura » - « La nature c'est Dieu ». Les sociétés sont d'autant plus avancées ou civilisées que l'application de ces principes a acquis un caractère de spontanéité, d'automaticité tel que, à tout moment, chacun sait ce qu'il doit faire, où il doit être, quelle relation il doit entretenir avec la société, ce qu'il doit en attendre et ce qu'il doit lui donner. Une telle imbrication crée une harmonie qui favorise la croissance et l'épanouissement de la société.

S'agissant du Leadership de la transition, les négociateurs à Arusha se sont entendu que celle-ci comporterait deux parties, la 1ère allant jusqu'au 1er mai 2003 qui vous a été dévolue, la 2ème prenant effet à cette échéance revenant à votre collaborateur direct, nous avons nommé le Vice-Président de la République.

C'est dire, Excellence Monsieur le Président de la République, que l'année 2003 s'inscrit aussi dans la ligne de l'alternance politique, une alternance pacifique, une alternance automatique, qui ne doit susciter ni rumeurs, ni commentaires, ni désespoir, ni chez les uns, ni chez les autres. Ce départ, inscrit dans la Constitution de Transition dont vous avez été un artisan ardent, ne doit préjuger ni de vos mérites ni de votre popularité. Nous reconnaissons tous le pas important que vous nous avez fait franchir, nous l'apprécions à sa juste valeur et nous l'inscrirons dans l'histoire de notre pays. Nous aurons sûrement l'occasion d'y revenir en son temps mais recevez déjà les hommages et les remerciements de toute la population burundaise, qui dans ses diverses tendances, est représentée équitablement dans cette prestigieuse institution que nous avons l'honneur de conduire.

Excellence Monsieur le Président ;

Comme à chaque échéance importante, les faiseurs de rumeurs s'activent déjà. Des spéculations savamment distillées sont répandues ça et là faisant état d'une résistance possible de votre part, Excellence Monsieur le Président, de ne pas céder le fauteuil présidentiel à quelqu'un d'autre, fusse-t-il votre héritier constitutionnel. C'est mal vous connaître et c'est méconnaître, votre détermination politique à remettre sur les rails ce pays qui a été mis à mal par dix ans d'une guerre civile sans merci. C'est vouloir gommer d'un trait votre contribution si grande, vous qui avez accepté et insisté pour que cette passation de témoin ne se fasse pas par un pur hasard, mais qu'elle soit consignée dans la Constitution de Transition. Nous demandons ardemment à vos détracteurs de ne pas ajouter au crime de mensonge et de calomnie celui d'atteinte à votre crédibilité et à votre l'honorabilité.

Néanmoins ce départ annoncé dans moins de 4 mois et qui constitue une échéance très importante pour la population burundaise nécessite une bonne préparation psychologique, politique, institutionnelle et matérielle, pour que l'attachement des uns ou la reconnaissance des autres ne soit pas prétexte à d'autres dérapages semblables à ceux que nous avons connus par le passé et qui ont été cause de nos malheurs.

Toutefois aujourd'hui, nous nous réjouissons de ce que les politiciens burundais, et à leur remorque la population toute entière, aient évolué notablement en mettant en avant l'intérêt général au détriment des intérêts particuliers et sectaires, qu'ils accordent plus de valeur au respect de la loi fondamentale, de la parole donnée et engagée, qu'ils ont acquis un sens véritable du compromis politique et qu'ils en font, pour la plupart, un cheval de bataille dans leur vie quotidienne. Ces attitudes-là honorent les acteurs politiques et constituent un facteur de paix, une marque de maturité politique et la preuve face à l'opinion nationale et internationale de la viabilité d'une société politique, d'une nation.

Excellence Monsieur le Président,

Ensemble nous nous sommes engagés sur la voie de la démocratisation. Ensemble nous avons parcouru un long chemin, vu la longue distance qui nous séparait des temps où le concept « démocratie » était enfui dans l'obscurité des principes qui donnaient aux souverains le droit de vie et de mort sur les sujets. Même si vous partez vous resterez un observateur attentif de la vie politique et de la consolidation de la démocratie. Nul doute que si vous décelez des embûches vous nous avertirez et ensemble nous les lèverons

C'est donc une relance de la démocratisation qui s'amorce avec l'an 2003 puisque nous aspirons à ce que les mandataires politiques et administratifs exercent leur mandat au nom du Peuple avec l'aval de celui-ci. C'est pourquoi parmi les échéances auxquelles nous devons préparer le Peuple burundais, les plus importantes sont celles de la mise sur pied d'un code électoral, de la Constitution et d'une commission électorale en vue de permettre l'organisation des élections au niveau de la colline, au niveau de la commune et au niveau national au bout desquelles la société burundaise sera gérée de la base au sommet par des élus du Peuple. Est-ce un rêve sans lendemain ! Assurément non. En négociant la société de demain, les négociateurs l'ont voulu ainsi. Rien n'empêche donc que cela se réalise. Là où il y a volonté politique, l'action suit pour la parachever et lui donner corps.

7. Nous ne pouvons conclure cette allocution sans adresser des mots de reconnaissance à tous les acteurs, politiques et autres, nationaux et internationaux, qui nous ont été d'un secours évident pour aboutir au pas franchi dans la longue marche pour la paix.

Que tous ceux qui ont financé les négociations, ceux qui ont apporté leurs conseils, ceux qui nous ont exprimé leur sympathie, trouvent dans ces lignes des accents de sincère gratitude.

8. C'est sur ces paroles que nous réitérons, Excellence Monsieur le Président, nos voeux les meilleurs pour la réalisation de vos projets, qu'ils soient personnels, qu'ils concernent la nation. Que l'année 2003 vous soit une année qui verra couler beaucoup de lait et de miel, pour votre bonheur et celui du Peuple burundais tout entier.

Nous vous remercions.

* * *

REPUBLIQUE DU BURUNDI
CABINET DU VICE-PRESIDENT


ALLOCUTION DE SON EXCELLENCE MONSIEUR Domitien NDAYIZEYE, VICE-PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, A L'OCCASION DE LA PRESENTATION DES VOEUX DE NOUVEL AN A SON EXCELLENCE MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE.

Bujumbura, 07/01/2003

- Excellence Monsieur le Président de la République et Madame,

- Excellence Monsieur le Président de l'Assemblée Nationale de Transition et Madame,

- Excellence Monsieur le Président du Sénat de Transition et Madame,

- Honorables Parlementaires,

- Mesdames, Messieurs les Ministres,

- Mesdames, Messieurs les Chefs de Missions Diplomatiques et Consulaires,

- Monsieur le Représentant Spécial du Secrétaire Général de l'Union Africaine au Burundi,

- Monsieur le Représentant Spécial du Secrétaire Général de l'Organisation des Nations Unies au Burundi,

- Mesdames, Messieurs les Représentants des Organisations Internationales,

- Distingués Invités, Mesdames, Messieurs,

1. Une tradition séculaire profondément ancrée dans la pratique protocolaire des nations nous réunit en ce moment pour saluer ensemble la fin d'une année et le début d'une autre. Elle offre l'occasion d'une part, de faire le bilan et de se réjouir des résultats heureux qui ont marqué ce maillon de l'histoire dont nous tournons la page par la force du temps et d'autre part, de méditer sur les vicissitudes regrettables qui ont assombri les cours des humains en général et des burundais en particulier, au cours de ces mêmes douze mois. Cette tradition traduit aussi notre attachement à l'avenir, notre confiance en des lendemains meilleurs que nourrit tout un chacun, et offre une occasion de réfléchir aux perspectives pour l'année prochaine.

2. Je saisis donc, Excellence Monsieur le Président de la République, cette opportunité solennelle pour Vous exprimer, au nom de l'Equipe Gouvernementale et en mon nom propre, nos meilleurs voeux de nouvel an. Que l'année 2003 soit pour Vous Excellence, pour votre famille et tous ceux qui vous sont chers, une année de paix, de bonne santé, de bonheur, de prospérité et de joie.

3. Nous souhaitons également, Excellence Monsieur le Président de la République, que cette année soit pour tout le peuple burundais, une année de pour le recouvrement de la paix, de la stabilité politique et du progrès social.

En particulier, nous souhaitons que ce début de l'année 2003 soit marqué par le retour effectif d'une paix durable, une paix sous-tendue par la mise en place des mécanismes de mise en application de toutes les dispositions pertinentes issues des différentes négociations interburundaises, notamment sur le cessez-le-feu, sur la modernisation des corps de défense et de sécurité, sur les institutions, sur les élections démocratiques, etc.

- Excellence Monsieur le Président de la République,

- Excellences,

- Mesdames, Messieurs,

4. Lorsque, il y a une année, les Corps Constitués que vous représentez ici se sont réunis dans cette même salle pour présenter à Son excellence Le Président de la République les Voeux de Nouvel an, le Gouvernement de transition ne comptait que deux mois d'existence et d'activités. Une grande tâche l'attendait, à savoir : la mise en oeuvre des dispositions de l'Accord d'Arusha pour la paix et la réconciliation au Burundi dans un environnement de guerre contre le CNDD-FDD et le FNL-PALIPEHUTU.

Nous savions également que cet accord constitue, il faut s'en convaincre, un cahier des charges, laborieusement ficelé par des burundais issus des horizons et des tendances politico-ethniques divers, incarne les aspirations du peuple burundais lassé par une guerre fratricide dont il paye le plus lourd tribut.

5. Ainsi donc, pour remplir sa mission, le gouvernement a travaillé selon quatre axes principaux:

Le premier axe reposait sur la recherche, la restauration et le renforcement de la paix et de la sécurité dans le pays.

A cet effet, tout au long de cette année, le Gouvernement a dû faire face aux actions de guerre menées par les mouvements armés sus-indiqués et dont les retombées n'ont cessé d'affecter douloureusement l'économie du pays, les populations civiles, les agents et cadres de l'Etat et du privé , et les hommes d'affaires.

6. Le deuxième axe reposait sur la poursuite et l'accélération des négociations du cessez-le-feu dans le cadre des accords d'Arusha avec les mouvements qui combattent le pays.

A cet effet, le Gouvernement de transition s'est investi intensément dans cette voie afin de parvenir à un définitif du conflit interburundais. Avec l'aide des pays amis et de la communauté internationale, de nombreuses sessions de pourparlers ont eu lieu, non sans difficulté, entre les représentants du Gouvernement de transition et les délégations des mouvements armés. Un accord de cessez-le-feu a été élaboré et signé entre le Gouvernement et la grande partie des mouvements armés. Cet accord constitue aujourd'hui, pour le peuple burundais, une raison sérieuse d'espérer l'avènement d'une ère de paix et de sécurité pour tous, celle de la cohabitation pacifique , même s'il existe des dissonances ici et là. Nous osons espérer et exigeons que ses signataires ne trahissent et ne violent cet espoir qui pointe à l'horizon.

7. Bien entendu l'importance des résultats enregistrés sur le chemin de la paix et l'optimisme qu'ils inspirent ne peuvent pas nous faire perdre de vue que la vigilance s'impose: il y a en effet quelques éléments indisciplinés qui commettent des actes propres à décrédibiliser nos forces et le gouvernement de transition, et il reste encore le FNL-PALIPEHUTU de RWASA Agathon qui fait la sourde oreille.

8. Nous osons espérer que ce dernier ne tardera pas encore à entendre la voix de la raison et épousera sans délai l'option de la paix empruntée par l'ensemble de la classe politique burundaise et fortement soutenue par la communauté internationale.

Quant à ces éléments indisciplinés, nous croyons en la capacité du gouvernement de transition de sévir et de les neutraliser par l'application stricte de la loi.

9. Le troisième axe de l'action gouvernementale reposait sur la mise en application de l'Accord d'Arusha dans les domaines où cela est possible.

Pour ce faire, le gouvernement a élaboré et adopté son programme conforme au contenu de l'accord et l'a traduit en politiques sectorielles. Ce programme a été présenté au Congrès du Parlement en début de l'année passée. Son application peut se résumer en ces termes :

10. Sur le plan institutionnel, de nombreux textes législatifs et réglementaires ont été élaborés et adoptés dans l'esprit des dispositions de l'Accord d'Arusha par les institutions habilitées. L'objectif visé ici était de mettre en place l'Institution législative d'abord, puis de répondre à l'impératif de "la relance de la démocratisation de la vie politique et la promotion de la bonne gouvernance", en dotant le pays d'un cadre juridique indispensable à l'instauration d'une société burundaise démocratique, équitable, rationnelle et respectueuse des droits humains et de la loi, conformément à l'esprit de l'Accord.

Dans ce cadre, le gouvernement de transition a déjà élaboré, adopté et transmis à l'Institution parlementaire beaucoup de lois pour analyse et adoption. Certaines ont déjà été promulguées.

11. Sur le plan administratif, des mesures ont été progressivement prises par les autorités et les institutions compétentes, afin de répondre aux dispositions de l'accord dans certains secteurs socioprofessionnels en ce sui concerne le partage du pouvoir. Il s'agit notamment du gouvernement, de la diplomatie, de l'administration territoriale, des sociétés publiques et parapubliques, etc.

12. Sur le plan judiciaire, les dispositions pertinentes de l'accord ont été mises à contribution pour résoudre au stade actuel la question des prisonniers politiques, tandis que la requête de la commission internationale d'enquête judiciaire a été transmise au Secrétaire Général de l'ONU. Nous en attendons la mise en place.

Quant aux réformes préconisées par l'accord dans le secteur judiciaire, des dispositions ont été prises pour les mettre en application selon les moyens humains, financiers et matériels disponibles.

13. Sur le plan social, le gouvernement a, dans les limites de ses moyens, donné des réponses satisfaisantes aux questions liées notamment : au secours des sinistrés, déplacés et rapatriés, aux élèves indigents et à l'accroissement de l'effectif des élèves et étudiants, à la sauvegarde de l'état de santé acceptable de la population, à la promotion de la femme, aux enfants de la rue et à la lutte contre le VIH/SIDA, etc.

14. Le quatrième axe enfin reposait sur le problème de la relance économique de notre pays.

A cet effet, le gouvernement a organisé des tables rondes des bailleurs de fonds sur le Burundi et des visites ont été effectuées dans certains pays et chez certains organismes internationaux pour requérir le financement de nos programmes de relance économique et de développement social, à l'appui budgétaire et à la balance des payements. A l'issue de longues négociations avec les Institutions de Bretton Woods, nous nous sommes accordés sur le Programme post-conflit. Ce qui nous ouvre la porte aux bailleurs de fonds et à la possibilité de reprise de la coopération internationale.

15. En conclusion, s'il est vrai que l'année 2002 qui vient de s'écouler aura été caractérisée par la paupérisation des populations consécutive à une conjoncture économique singulièrement défavorable et à la dépréciation de notre monnaie, elle ouvre certaines horizons à la reprise de la coopération pour une relance économique de notre pays.

16. De même, si l'insécurité a perduré dans certains coins du pays, nous reconnaissons qu'aujourd'hui elle s'est améliorée dans son ensemble et le sera davantage au cours de cette année qui commence.

- Excellence Monsieur le Président de la République,

- Excellences,

- Distingués Invités, Mesdames, Messieurs,

17. Après ce panorama sommaire de l'action du gouvernement de transition au cours de l'année qui vient de s'achever, il sied de noter que pour l'année que nous entamons, la mission du gouvernement de transition reste encore la mise en application de l'Accord d'Arusha et des accords de cessez-le-feu signés avec les mouvements armés, dans le contexte, avec les défis et les espoirs hérités de l'exercice passé tels que décrits précédemment. Pour ce faire, le gouvernement mènera ses actions selon trois directions principales :

18. La première direction est celle de la sécurité. A cet égard, le gouvernement veillera notamment à la sauvegarde de la sécurité nationale, à être toujours prêt aux négociations du cessez-le-feu avec le PALIPEHUTU-FNL, à s'impliquer dans la concrétisation du cessez-le-feu signé avec le CNDD-FDD, à l'intégration et la démobilisation d'éléments combattants de toutes les parties signataires du cessez-le-feu, dans l'intérêt bien compris du pays et de ces derniers.

19. La deuxième direction est celle de la mise en application de l'Accord. A cet égard, la mise en application de l'Accord d'Arusha pour la paix et la réconciliation au Burundi se poursuivra dans tous domaines institutionnel, judiciaire, administratif et social sans tergiversation, ainsi que des autres Accords de cessez-le-feu conclus avec les différents mouvements politiques armés.

20. La troisième direction est celle de la relance économique et le progrès social. A cet égard, le gouvernement continuera à effectuer des démarches auprès des pays et organismes internationaux pour une reprise réelle de la coopération bilatérale et multilatérale. Il veillera à mobiliser les bailleurs de fonds pour qu'ils libèrent les fonds promis à Paris en 2000 et Genève en 2002. Il continuera aussi ses requêtes auprès des pays amis développés, pour l'appui budgétaire et à la balance des payements, le soutien au fond fiduciaire et l'acceptation de notre pays au titre des PPTE, afin de résoudre la question d'endettement de notre pays.

- Excellence Monsieur le Président de la République

- Excellences,

- Distingués Invités,

- Mesdames, Messieurs,

21. Notre pays se trouve maintenant dans un virage particulièrement éprouvant et délicat. Cela exige non seulement de la sérénité mais aussi et surtout la perspicacité, la pertinence et la bonne coordination des actions. Nous profitons de cette occasion qui nous est offerte pour lancer un appel ardent à la classe politique burundaise pour qu'elle s'investisse dans la recherche de la paix et de la reconstruction morale, sociale et économique du pays.

22. Notre classe politique doit accepter et s'engager résolument sur la voie qui sauve, c'est-à-dire celle qui met en avant l'intérêt de tous et de chacun. Elle doit se convaincre que son intérêt est de s'éloigner de la politique qui tue, celle qui se bâtit et s'alimente de la haine et des divisions de tous genres. Le Gouvernement s'emploiera à promouvoir une culture politique positive basée sur des préoccupations fondamentalement républicaines et la volonté réelle de rechercher le bien-être de tous les citoyens Hutu, Tutsi et Twa sans exclusion aucune.

23. Un réel ressaisissement de la classe politique burundaise, auréolé d'une meilleure adaptation aux réalités nouvelles et basé sur des orientations vers un idéal commun et communautaire burundais, contribuerait énormément à refléter une image plus positive du politicien, du cadre civil ou militaire à l'égard de la population.

24. Cette interpellation s'adresse également aux organisations de la société civile qui se recherchent encore. Elles ne doivent pas oublier que leur crédibilité et leur efficacité dépendent de l'objectivité avec laquelle elles appréhendent les réalités du pays et s'investissent pour la sauvegarde et la promotion de l'intérêt général. Dans cette philosophie, elles ne sauraient souffrir la moindre complicité ou la moindre complaisance à l'égard de ceux qui, manifestement, nourrissent des desseins préjudiciables à l'évolution du pays vers la concorde nationale, vers une société burundaise moderne.

- Excellence Monsieur le Président de la République,

- Excellences,

- Distingués Invités,

- Mesdames, Messieurs,

Avant de terminer notre propos, Nous voudrions exprimer notre optimisme pour l'année 2003.

25. Sur le plan politique, le ralliement de la plupart des acteurs politiques burundais autour d'un même projet de société et sa mise en application, les accords de cessez-le-feu qui ont été signés récemment et qui sont en voie d'être mis en application, augurent la fin des confrontations meurtrières qui ont endeuillé notre pays depuis plusieurs années, le renouveau social et la concorde nationale tant recherchés.

26. Sur le plan diplomatique, Nous nous réjouissons de la compréhension et du soutien des pays amis et de la communauté internationale qui sont tout à fait perceptibles à travers notamment les mesures encourageantes à caractère politique et financier prises ces derniers jours. Nous souhaitons que cette bonne disposition puisse s'amplifier cette année par la reprise de la coopération bilatérale et multilatérale dans sa forme habituelle. Cela permettra de relancer notre économie au plus vite et de remettre notre pays sur la voie du développement social et économique.

27. Le programme d'action du Gouvernement pour l'exercice qui commence quant à lui, se veut être un outil de nature à sortir la société burundaise du marasme socio-économique qui l'a marquée pendant ces dernières années et à la placer dans une situation de stabilité et de paix sociales en vue d'un sursaut économique.

28. Nous ne pourrions terminer notre propos sans remercier la population Burundaise pour son courage et sa patience. Nous remercions également tous les auteurs politiques, les membres des corps chargés de le sécurité et de l'ordre les fonctionnaires, les opérateurs économiques et la société civile qui, par leur attitude positive et constructive, ont contribué à recréer l'espoir au BURUNDI. Avec leurs concours actif, nous avons la ferme conviction que l'année 2003 sera bien meilleure que 2002 pour tous et à tout point de vue : politique, sécuritaire, économique et social. Les différentes réformes et les échéances attendues quant à elles, ne doivent inquiéter personne. Elles se dérouleront en tenant compte des intérêts généraux et particuliers, ainsi que de l'avenir politique et socio-professionnel des personnes concernées.

29. Par ces mots, Nous voudrions, Excellence Monsieur le Président de la République, Vous réitérer nos meilleurs Voeux pour cette année qui vient de commencer. Que Dieu Nous accompagne Tous et Nous donne la force et la sagesse nécessaires à la réussite du grand pari que nous partageons, celui de réconcilier le peuple burundais avec lui-même pour qu'il s'attelle à son développement.

Que Vive la Paix, l'Unité et la réconciliation entre les Burundais !

Que Vive la Solidarité Internationale !

Je vous remercie.