Burundi + 3 more

Bulletin quotidien no 532 d'information sur l'Afrique Centrale et de l'Est

Format
News and Press Release
Source
Posted
Originally published
NATIONS UNIES
Bureau de la coordination des affaires humanitaires
IRIN - Afrique Centrale et de l'Est
Tel: +254 2 622 147
Fax: +254 2 622 129
e-mail: irin@ocha.unon.org

NOTE AUX ABONNES

Nous envoyons aujourd'hui le bulletin en français avec les accents en utilisant une autre technique informatique. Si vous rencontrez toujours des difficultés à le lire correctement, n'hésitez pas à nous le faire savoir. Nous vous prions de bien vouloir nous excuser pour les problèmes causés.

RWANDA

D'autres détenus du TPIR entament une grève de la faim

D'autres détenus incarcérés au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) ont entamé une grève de la faim pour protester contre le fait de ne pas être autorisés à nommer un avocat de leur choix. Dans une lettre adressée au Tribunal, les détenus, dont Jean-Paul Akayesu l'ex-bourgmestre de Taba déjà condamné, qui poursuit une grève de la faim depuis six jours, condamnent la "discrimination" faite par le Tribunal contre certains avocats, a rapporté le service d'information Ubutabera. L'agence de presse indépendande Hirondelle a indiqué aujourd'hui (mardi) que les détenus faisaient la grève de la faim. Quatre autres prisonniers, qui avaient annoncé leur participation à cette grève, ont ce matin pris leur petit-déjeuner.

Un communiqué publié par le greffe du Tribunal, et reçu aujourd'hui par IRIN, qualifie cette décision "d'injustifée" mais de "non surprenante". "Ces détenus prennent peu à peu conscience de l'entière gravité de leur situation", ajoute le communiqué. Ils "pensent peut-être qu'ils n'ont rien à perdre en s'engageant dans ces agitations." Le communiqué précise qu'au début du fonctionnement du Tribunal, un petit groupe d'avocats belges et canadiens avaient essayé de "monopoliser" la défense pour "déterminer le cours des évènements". Cela a obligé le Tribunal à décider de rationaliser les affectations des avocats de la défense.

Des personnalités éminentes se réunissent pour examiner les causes de génocide

Un jury de personnalités éminentes s'est rencontré hier (lundi) sous l'égide de l'OUA à Addis Abeba pour enquêter sur les raisons sous-jacentes du génocide au Rwanda en 1994, a rapporté l'AFP. La réunion, présidée par l'ancien président du Botswana Sir Ketumile Masire, comprend également l'ancien président malien, le général Amadou Toumani Toure, la dirigeante de l'opposition libérienne, Ellen Johnson-Sirleaf, le juge algérien, Mohamed Bedjawi, et la directrice du Comité national suédois de l'UNICEF, Lisbet Palme. Ce groupe a été formé suite à une suggestion faite par le Premier Ministre éthiopien, Meles Zenawi, lors de son allocution devant l'Assemblée des ministres de l'OUA l'année dernière.

Environ 3 000 cas de choléra depuis le mois de mai

L'OMS a rapporté qu'une épidémie de choléra sévit au Rwanda depuis le mois de mai. Un total de 2 900 cas et 55 décès ont été enregistrés, seulement dans la préfecture de Cyangugu. L'OMS est cependant préoccupée par l'éventuelle propagation de la maladie dans d'autres régions du pays.

REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO (DRC)

Les pourparlers de Lusaka sont dans une impasse

La réunion de Lusaka regroupant les ministres africains des affaires étrangères et de la défense est entré dans son deuxième jour de négociations, mais il existe peu d'espoir d'une résolution pacifique en ce qui concerne la RDC, ont rapporté plusieurs agences de presse. Le mouvement rebelle, le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), a rejeté les propositions de cessez-le-feu pour avoir été exclu des pourparlers. La radio namibienne a cependant fait savoir que le représentant des affaires étrangères du RCD, Bizima Karaha, était entré dans la salle de conférence en fin d'après-midi pour rejoindre les 12 ministres. Selon l'agence Reuters, des analystes politiques ont prédit que la guerre allait s'intensifier si les pourparlers de Lusaka n'aboutissaient pas.

Le Secrétaire Général de l'ONU, Kofi Annan, a insisté sur "la grande importance" de la rencontre de Lusaka, a fait savoir son porte-parole. M. Annan a exhorté toutes les parties à faire preuve "de maturité, de volonté et de diplomatie nécessaires à l'aboutissement d'un compromis pour un cessez-le-feu immédiat et un retrait rapide des troupes". Il a également appelé les autorités congolaises à "mettre un terme aux incitations à la violence ethnique et à la propagande de haine".

L'enquête sur les violations des droits de l'homme doit reprendre

Le Rapporteur spécial de l'ONU pour les droits de l'homme en RDC, Roberto Garreton, a déclaré qu'il pensait qu'il était en mesure de reprendre son travail. Dans une récente interview accordée au quotidien belge 'De Standaard', il a indiqué qu'il possédait "de sérieuses indications" selon lesquelles le Président Laurent-Désiré Kabila était prêt à réviser "son attitude négative" vis-à-vis de l'enquête avortée des droits de l'homme menée par l'équipe de l'ONU dans le pays. M. Garreton a ajouté qu'il existait des preuves de massacres de réfugiés hutus autour de Goma lors de la rébellion de 1996-97. "Le régime de Kinshasa en retirerait des bénéfices s'il admettait ces faits", a-t-il encore fait savoir.

Ajello exhorte la rébellion "à arrêter son offensive"

L'Envoyé spécial de l'Union européenne pour la région des Grands Lacs, Aldo Ajello, a déclaré qu'il y avait deux obstacles majeurs à surpasser dans la recherche de la paix en RDC. "D'un côté, le Président Kabila n'admet pas l'existence de la rébellion, de l'autre, le Rwanda dément avoir des forces en RDC", a-t-il indiqué au quotidien belge 'La Libre Belgique'. M. Ajello a suggéré la tenue de pourparlers à deux niveaux: premièrement au niveau national afin de discuter de la question de la nationalité des Tutsis congolais, deuxièment au niveau régional pour examiner les questions de sécurité aux frontières. Il a exprimé son inquiétude quant à une intervention des alliés de Kabila dans l'est de la RDC qui "pourrait entraîner une intensification et une véritable guerre africaine". "Cependant, nous ne pouvons demander aux alliés de Kabila de ne pas bouger si l'autre côté ne fait pas la même chose. La rébellion doit par conséquent arrêter son offensive", a-t-il signalé.

BURUNDI

L'insécurité oblige des ONG à interrompre leurs opérations

Le bureau d'OCHA Burundi a fait savoir que plusieurs ONG avaient temporairement évacué leur personnel des différentes provinces pour des raisons de sécurité. Son dernier bulletin d'information indique que les activités rebelles de plus en plus fréquentes dans les provinces méridionales de Makamba et de Rutana, ont conduit à l'évacuation de certaines ONG au début de ce mois-ci. D'autres membres du personnel d'ONG ont été transférés sur Bujumbura depuis la province de Kayanza, dans le nord-est du pays, suite à une recrudescence des troubles. Le PAM a également du reporter des distributions dans la commune de Gahombo. Le rapport ajoute que plusieurs attaques ont aussi été enregistrées dans la province de Bubanza.

SOUDAN

Les ONG exhortent à l'action du Conseil de sécurité

CARE, Oxfam, MSF et SCF ont appelé hier le Conseil de Sécurité de l'ONU à avoir "un rôle actif" en mettant fin à la guerre au Soudan. Lors d'une réunion informelle avec le Conseil à New York, les quatre ONG ont fait savoir que la guerre au Soudan et la crise humanitaire qui s'ensuit avaient atteint des proportions "inimaginables". Dans un communiqué conjoint reçu aujourd'hui par IRIN, les ONG indiquent que le conflit a causé la mort de près d'1,5 million de personnes entre 1983 et 1993, et près de quatre millions de Soudanais sont désormais déplacés ou vivent comme réfugiés. "La paix est le seul espoir de progrès et pour empêcher une autre catastrophe humanitaire", ont signalé les ONG au Conseil de sécurité.

La porte-parole de l'OLS, Gillian Wilcox, a informé IRIN aujourd'hui que le communiqué conjoint était "tout à fait conséquent" avec les pressions exercées par l'OLS et les agences associées. "Les opérations de secours humanitaires ne sont pas un succédané à une action politique", a-t-elle ajouté.

La crise nutritionnelle persiste dans le Bahr al-Ghazal

Alors que le taux de mortalité dans le Bahr al-Ghazal a diminué au cours des dernières semaines, il est encore trop tôt pour en conclure que la situation nutritionelle s'est stabilisée, a fait savoir MSF. Dans une note d'information reçue aujourd'hui par IRIN, MSF a déclaré soigner 12 500 enfants dans ses centres de nutrition thérapeutique et de supplémentation, dans 11 localités rebelles et gouvernementales du Bahr al-Ghazal. A Ajiep, une des régions les plus sinistrées, le taux de mortalité brut a diminué de 26 décès pour 10 000 personnes par jour au 1er août, à 3,6 décès pour 10 000 personnes par jour à la fin du mois de septembre, a précisé MSF.. Le Centre de contrôle des maladies, basé aux Etats-Unis, considère qu'un taux de mortalité brute de 2 décès pour 10 000 personnes par jour seulement est "une urgence hors contrôle".

Des organisations humanitaires ont souligné le fait que les personnes dans le Bahr al-Ghazal sont toujours vulnérables et auront besoin de nourriture jusqu'à la prochaine récolte prévue en septembre/octobre 1999.

L'OMS enquête sur les décès dus à une maladie non identifiée

Une centaine de personnes sont mortes depuis le mois de juillet d'une maladie non identifiée, qui pourrait être un type de pneumonie, dans quatre villages reculés de la région de Meyon, dans le Sud Soudan, a fait savoir l'OMS dans un communiqué reçu aujourd'hui par IRIN. Le nombre de décès représente près de 5% de la population totale des villages touchés. Une équipe de l'OMS a été dépéchée dans la région pour évaluer la situation, et des recherches en laboratoire sont en cours, a précisé l'agence onusienne.

Acceptation du projet de loi sur "l'assiocation politique"

L'Assemblée nationale du Soudan a voté hier un projet de loi sur la liberté d'association politique, a rapporté la radio officielle soudanaise, retranscrite par la BBC. Les avocats de l'opposition soudanaise à Khartoum ont cependant rejeté cette nouvelle legislation et l'ont décrite comme étant une tentative du gouvernement pour "obtenir la légitimité afin de poursuivre son régime totalitaire et dictatorial", a rapporté l'AFP aujourd'hui.

Nairobi, mercredi 28 octobre 1998

[FIN]

[Les informations contenues dans ce bulletin vous sont parvenues via IRIN, un departement d'informations humanitaires des Nations Unies, mais ne refletent pas necessairement les vues des Nations Unies ou de ses agences.Pour plus d'information ou abonnement, veuillez contacter UN IRIN: Tel: +254 2 622 147, Fax: +254 2 622 129, e-mail: irin@ocha.unon.org. Si vous reimprimez, copiez, archivez ou renvoyez ce bulletin, merci de tenir compte de cette reserve. Toute citation ou extrait devrait inclure une reference aux sources originales. Les rapports d'IRIN sont archives sur internet sous : http://www.reliefweb.int/, ou bien peuvent etre retrouves automatiquement par courrier electronique sous : archive@ocha.unon.org, Mailing liste: irin-cea-francais-bulletins]