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Bulletin quotidien d'information No. 895 pour la région des Grands Lacs

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News and Press Release
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NATIONS UNIES
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REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO: Poursuite des combats au Kasai

Le mouvement rebelle Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), basé à Goma, a affirmé dimanche avoir tué au moins 20 soldats de l'armée régulière en repoussant des attaques contre Maloba et Kisele, dans le Kasai. "Nous combattons chaque jour. Il n'y a pas de cessez-le-feu", a déclaré le porte-parole du RCD, Kin-Kiey Mulumba, cité par Associated Press (AP). Un grand nombre de violations du cessez-le-feu qui ont lieu actuellement en RDC sont centrées autour du Kasai, et la situation est particulièrement préoccupante autour de Kananga, Mbuji-Mayi et Kabinda, ont indiqué lundi à IRIN des sources militaires indépendantes. Des informations fiables font également état d'attaques des milices Mayi-Mayi autour de Kasese, ont ajouté les sources.

RDC: Un accord sur le 'statut des forces' est essentiel, estime Kofi Annan

Le Secrétaire Général de l'ONU, Kofi Annan, a déclaré vendredi, lors d'une consultation à huis clos avec le Conseil de Sécurité, que la conclusion rapide d'un accord sur le statut des forces avec le gouvernement congolais était indispensable avant le lancement de la seconde phase de déploiement de la Mission d'Observation des Nations Unies en RDC (MONUC), selon le porte-parole des Nations Unies, Fred Eckhard. Le transfert de la Commission Militaire Mixte (CMM), mandatée pour mettre en ouvre l'accord de cessez-le-feu de Lusaka, de son quartier général provisoire dans la capitale zambienne Lusaka vers la capitale de la RDC, Kinshasa, est également essentiel, a expliqué M. Annan. La MONUC avait fait savoir le mois dernier que, si la CMM devait idéalement être "dans les mêmes locaux que le quartier général de la MONUC à Kinshasa", les préoccupations légitimes dans le chef de certains belligérants concernant la sécurité font qu'elle continuera à opérer à Lusaka pour le moment.

RDC: Situation humanitaire désespérée dans l'est du pays, selon l'ONU

Le Coordinateur adjoint des Nations Unies pour les secours d'urgence, Ross Mountain, a déclaré lundi aux donateurs et aux journalistes à Nairobi que la situation humanitaire dans l'est de la RDC était "désespérée". Les civils sont pris dans une guerre impliquant des groupes nationaux et régionaux en lutte pour le contrôle du territoire et qui a fait plus de 500 000 personnes déplacées, a-t-il dit. M. Mountain s'exprimait après une mission d'évaluation des besoins humanitaires dans l'est de la RDC, la plus grande partie de la semaine dernière. Il a indiqué que les questions les plus urgentes étaient "comment créer un espace humanitaire plus grand, et avec cet espace, comment obtenir un soutien plus grand pour les activités humanitaires" au Kivu. Au lieu d'être protégés, les civils sont au contraire la cible de toutes les parties au conflit, et les agences humanitaires n'ont pas accès à environ 50 pour cent de la population qui a besoin d'aide, explique M. Mountain. Un aspect un peu plus positif est que toutes les parties comprennent qu'il est nécessaire d'aider les personnes vulnérables, sans tenir compte de leur localisation, et se sont engagées à respecter les Principes d'Engagement pour l'Aide Humanitaire d'Urgence qui guident les opérations de secours en RDC, a-t-il ajouté.

RDC: L'opposition rejette le plan électoral

Le gouvernement du président Laurent-Désiré Kabila a fixé au 10 mai la date des élections législatives en RDC, ont rapporté dimanche les agences de presse. Selon l'agence AP, le ministre de l'intérieur, Gaetan Kakudji, a déclaré qu'un bureau gouvernemental de cinq membres organiserait le scrutin pour un parlement de transition de 300 membres, dans les zones tenues par le gouvernement. Cependant, les principaux partis d'opposition ont déclaré qu'ils ne prendraient pas part au vote. "Le gouvernement Kabila essaye de faire l'impasse sur l'accord de paix de Lusaka", a indiqué lundi à IRIN Raphaël Kashala, responsable du bureau à Bruxelles du mouvement d'opposition Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). "Il n'est pas raisonnable de parler d'élections législatives dans un pays divisé", a-t-il dit. La priorité doit être de cesser les hostilités et d'organiser les négociations inter-congolaises devant mener à un ordre politique nouveau, comme le prévoit l'accord de Lusaka, a ajouté M. Kashala.

Parallèlement, M. Kashala a indiqué que le dirigeant de l'UDPS, Etienne Tshisekedi, était actuellement à Bruxelles et se rendrait dans d'autres pays européens, au Canada et aux Etats-Unis, dans les prochaines semaines. Il envisage de rentrer en RDC lorsque "les structures seront en place" pour les négociations inter-congolaises, a-t-il dit.

RDC: Une révision de la loi sur les partis politiques est possible

M. Kabila a déclaré que le décret de 1998 régulant la création des partis politiques en RDC pouvait être révisé par un futur parlement, ont rapporté les agences de presse. Dans un discours diffusé par la télévision d'Etat congolaise la semaine dernière, M. Kabila a déclaré que le décret était "une loi comme toutes les lois, et éventuellement, si les circonstances du moment l'exigent, elle peut être amendée". Il a déclaré que cette tâche serait "la prérogative" d'une assemblée constituante et législative. Réagissant aux recommandations d'une réunion de consultation nationale organisée récemment par les églises à Kinshasa, M. Kabila a indiqué qu'il était favorable à la mise en place d'un parlement de transition "pour faciliter le processus de démocratisation de notre pays", mais les Comités du pouvoir populaire (CPP) qu'il a créés l'an dernier continueront à être financés par l'Etat. Il a déclaré que son gouvernement prendrait également en compte la recommandation de la réunion demandant que l'accord de cessez-le-feu de Lusaka soit révisé.

RWANDA: La cour d'appel révise la décision Barayagwiza

La chambre d'appel du Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR) a annulé vendredi sa décision de libérer le présumé génocidaire Jean-Bosco Barayagwiza pour vice de forme. "La chambre d'appel a décidé aujourd'hui que M. Barayagwiza sera jugé pour génocide et les charges connexes retenues contre lui", a indique le porte-parole des Nations Unies, Fred Eckhard. Dans sa décision révisée, la chambre d'appel estime toujours que les droits de l'accusés ont été violés, mais "à une échelle considérablement moindre qu'il avait été jugé" dans sa décision du 3 novembre 1999, laquelle avait ordonné sa libération immédiate, rapporte l'agence de presse indépendante Hirondelle. Les juges de la chambre d'appel ont décidé que le non respect des droits de M. Barayagwiza devrait être pris en compte au moment de son jugement.

Le procureur du TPIR avait demandé en février une révision de la décision de novembre de la chambre, arguant de "faits nouveaux" à présenter. Entre autres choses, les faits nouveaux ont clarifié la période pendant laquelle M. Barayagwiza a été détenu sans être informé des charges contre lui et a révélé des facteurs ayant retardé son transfert vers Arusha en 1997, après son arrestation au Cameroun en 1996, précise Hirondelle.

RWANDA: La décision du TPIR est une "victoire" pour les victimes du génocide

Le représentant du Rwanda au TPIR, Martin Ngoga, a salué la décision de la chambre d'appel de ne pas libérer M. Barayagwiza, estimant que c'était une victoire pour les victimes du génocide, rapporte Hirondelle. S'exprimant devant la presse vendredi, M. Ngoga a déclaré que la décision "restaure la justice et ravive l'espoir des survivants du génocide qui avaient perdu l'espoir et la confiance en ce Tribunal". Mais il a déclaré que cette décision était une "leçon" invitant le ministère public à éviter les scénarios similaires à l'avenir. "Le ministère public a encore beaucoup de chemin à faire en terme d'évaluation de l'efficacité et des capacités de son personnel", a-t-il déclaré, selon Hirondelle. L'an dernier, le Rwanda avait temporairement suspendu sa coopération avec le TPIR pour protester contre la décision de novembre.

Parallèlement, la décision de vendredi contenait des déclarations expliquant que la décision révisée des juges n'avait rien à voir avec la politique, rapporte l'agence basée à Arusha, Internews. "Je réfute avec la dernière énergie les suggestions selon lesquelles, dans la prise de décisions, les considérations politiques puissent jouer un rôle persuasif ou dominant", a déclaré le juge d'appel Nieto Navia, selon l'agence.

RWANDA: Kagamé, premier choix pour la présidence

Le bureau politique du Front Patriotique Rwandais (FPR) a proposé le président par intérim et ministre de la défense, Paul Kagamé, ainsi que le secrétaire général du FPR, Charles Murigande, pour être ses candidats à la présidence, en succession de Pasteur Bizimungu, qui a démissionné le 23 mars dernier. M. Kagamé a obtenu 74 des 75 votes exprimés, et Murigande a été ajouté comme second candidat du FPR pour satisfaire à l'obligation légale qui demande la présentation de deux candidats, a rapporté l'agence de presse Rwanda News Agency (RNA). Dans les huit jours de la présentation des noms au parlement et au gouvernement, une session conjointe des deux organes sera convoquée pour élire le cinquième président rwandais depuis l'indépendance. Les partis politiques avaient collectivement demandé que le FPR propose M. Kagamé comme président, et cette suggestion avait été soutenue lors d'une réunion extraordinaire, la semaine dernière, des dirigeants locaux, des représentants des femmes et des jeunes, ainsi que les chefs de préfectures, selon RNA. M. Kagamé, qui détient de toute façon le vrai pouvoir au Rwanda, a toujours été en position de force pour reprendre la présidence après la démission de M. Bizimingu parce qu'il n'y a aucun candidat hutu crédible au sein du FPR pour prendre la place de l'ancien président, selon les spécialistes de la région.

RWANDA: Vingt-huit condamnations de génocidaires

Huit personnes reconnues coupables de génocide et crimes contre l'humanité ont été condamnées à mort vendredi par un tribunal de Cyangugu, au sud-ouest du Rwanda. Sept autres personnes ont été condamnées à la réclusion à perpétuité, sept à des peines d'emprisonnement entre 11 et 20 ans, et six ont été acquittées, rapporte Radio Rwanda. Les inculpés ont 15 jours pour faire appel, selon la radio. Depuis 1996, quelque 300 personnes ont été condamnées à mort, sur plus de 2 500 inculpations pour génocide mais il n'y a eu aucune exécution depuis avril 1998, lorsque 22 personnes ont été mises à mort en public, selon l'AP.

BURUNDI: Reprise ce mois-ci des négociations en comité

Les second et cinquième comités du processus de paix pour le Burundi reprendront les négociations à Arusha les 10 et 17 avril, respectivement, ont rapporté les agences de presse. Mark Bomani, représentant du facilitateur des pourparlers de paix, Nelson Mandela, a déclaré aux journalistes vendredi, à l'issue de la dernière série de négociations à Arusha, qu'il espérait que le troisième comité reprendrait également ses travaux ce mois-ci, en présence, pour la première fois, des rebelles armés des Forces pour la défense de la démocratie (FDD) et Forces nationales de libération (FNL). "Le Comité trois se réunira à une date qui sera fixée après que les groupes armés auront mené leurs consultations", a déclaré M. Bomani cité par Hirondelle. Le second comité est chargé de négocier la nature d'un gouvernement de transition, et le cinquième comité, nouvellement créé, s'occupe des mesures à prendre pour garantir la mise en ouvre de l'accord de paix. Le troisième comité traite des questions de paix et de sécurité.

BURUNDI: Buyoya rassure l'armée

Le président Pierre Buyoya a déclaré vendredi que, s'il était optimiste quant au résultat du processus de paix d'Arusha, un accord de paix ne pouvait être conclu au détriment de l'armée, a rapporté l'agence de presse du Burundi ABP. Selon cette dernière, M. Buyoya a déclaré qu'il serait "paradoxal" de rechercher la paix et, dans le même temps, de "jeter l'armée dans la rue". Il a invité l'armée à ne pas écouter "certains politiciens qui pourraient les mener sur une voie de garage", selon ABP.

BURUNDI: Arrestation d'un soldat après des meurtres de civils

L'armée a mis aux arrêts un soldat qui samedi soir a tué un responsable de gouvernement local et quatre membres de sa famille, dans le district de Rushibi, à 12 km au nord de la capitale Bujumbura. Ce soldat sera jugé pour les meurtres, qu'il aurait commis en représailles pour le meurtre d'un de ses collègues par des rebelles hutus, selon un communiqué de l'armée, cité lundi par l'agence Reuter. "Les rebelles ont tué un de nos soldats et je pense que, de colère, le soldat s'est vengé contre ces civils", aurait déclaré un des soldats impliqués dans la fusillade. Il y a également eu des affrontements entre des unités de l'armée et des combattants rebelles au mont Nyambuye, près de Bujumbura, samedi soir, ont rapporté les agences de presse.

Nairobi, le 3 avril 2000

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