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Bulletin quotidien d'information No. 893 pour la région des Grands Lacs

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NATIONS UNIES
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REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO: Les Mayi-Mayi encerclent des Banyamulenge

Selon certaines informations, les milices Mayi-Mayi auraient encerclé la région du Moyen Plateau, au Sud Kivu, et lancé des attaques contre la population tutsie banyamulenge qui y réside, ont indiqué jeudi à IRIN des sources humanitaires indépendantes. Les Mayi-Mayi seraient sous commandement zimbabwéen, et des sources banyamulenge parlent de lourdes pertes en vies humaines. Ce bilan n'a pas été confirmé de source indépendante, mais la communauté banyamulenge du Sud Kivu a publié, le 19 février dernier, un communiqué qui prévenait qu'une "campagne pour les exterminer" étaient en préparation. Des tracts anti-banyamulenge ont été distribués à Bukavu, et Radio Patriote, la radio de propagande haineuse anti-tutsi a repris ses émissions. Des sources humanitaires ont indiqué à IRIN que 700 Banyamulenges avaient fui vers la capitale burundaise, Bujumbura, depuis le début de l'année. Deux cents autres familles sont arrivées à Bwagera, dans la plaine de Rusizi, au Sud Kivu, mais depuis que les Mayi-Mayi ont entouré le Moyen Plateau, très peu de personnes ont pu quitter la région. Quelque 200 autres familles ont apparemment été regroupées à Uvira par l'armée rwandaise et ont été empêchées de franchir la frontière vers le Burundi. Selon les Banyamulenges, les autorités rwandaises veulent qu'ils aillent au Rwanda plutôt qu'au Burundi. Les observateurs notent que les relations entre les Banyamulenges et l'armée rwandaise se sont graduellement détériorées depuis l'an dernier.

RDC: Les belligérants demandent l'approbation du financement de la MONUC

Hier, mercredi, les pays des deux camps du conflit en RDC ont demandé à l'Assemblée Générale de l'ONU d'approuver des ressources suffisantes pour la Mission des Nations Unies en RDC (MONUC). S'exprimant lors d'une session du comité administratif et budgétaire de l'Assemblée, qui étudie une proposition américaine établissant les coûts initiaux à 200 millions de dollars pour la MONUC, le représentant de l'Ouganda a exprimé sa préoccupation devant "le manque d'enthousiasme" témoigné jusqu'à présent pour le déploiement de la MONUC. Selon un communiqué de presse des Nations Unies, il aurait déclaré que le fait d'exiger la paix avant qu'une opération de maintien de la paix puisse être envoyée est une façon de "marginaliser" l'Afrique. Le représentant du Zimbabwe a déclaré au comité que l'accord de cessez-le-feu de Lusaka devait être soutenu "promptement". Le fait que l'accord "subsiste par lui-même" depuis si longtemps prouve sa force, a-t-il dit.

BURUNDI: Les violations des droits de l'homme seraient en augmentation

Le Rapporteur Spécial des Nations Unies pour les droits de l'homme au Burundi, Marie-Thérèse Keita-Bocoum, a déclaré qu'à mesure que le conflit s'intensifie, les violations des droits de l'homme sont de plus en plus fréquentes tant du côté de l'armée régulière que des rebelles. Lors d'une séance d'information devant la Commission Droits de l'Homme des Nations Unies, elle a indiqué qu'elle recommandait que les autorités du Burundi règlent le problème du "déplacement forcé", et accordent davantage de ressources à l'action sociale et aux droits des femmes. Elle a également invité la communauté internationale à intensifier l'aide humanitaire au Burundi et à mettre sur pied des programmes visant à combattre l'impunité et les irrégularités dans le système judiciaire. Les pays de la région ont par ailleurs été encouragés à prendre des mesures contre le trafic d'armes.

BURUNDI: Le FDD maintient ses exigences

Le groupe rebelle Forces pour la défense de la démocratie (FDD) a fait savoir mercredi qu'il maintenait ses exigences pour prendre part au processus de paix d'Arusha. Dans un entretien avec l'agence 'Internews service' basée à Arusha, le porte-parole du FDD, Jérôme Ndiho, a déclaré que son mouvement exigeait toujours le démantèlement des camps de regroupement et la libération des prisonniers politiques. Il a déclaré que le facilitateur, Nelson Mandela, avait assuré le dirigeant du FDD, Jean-Bosco Njourikengurukiye, qu'il ferait "de son mieux pour obtenir que ces conditions soient remplies". "Nous espérons recevoir, dès que possible, la proposition de compromis", a déclaré M. Ndiho. "Nous l'examinerons ligne par ligne, et verrons s'il est conforme à la constitution de 1992. S'il est différent de ce que les gens ont décidé que serait leur droit, nous refuserons". Il a ajouté que le FDD n'était pas prêt à "oublier notre objectif et notre but".

Parallèlement, le principal groupe rebelle, le Conseil national pour la défense de la démocratie (CNDD), dont le FDD s'est dissocié en 1998, a affirmé qu'il ne voyait aucun inconvénient à la participation du FDD au processus d'Arusha. "Leur venue ne nous préoccupe pas", a déclaré le porte-parole du CNDD, Jean-Marie Sinjourigaya. "Lorsque nous avons commencé le CNDD, nous étions ensemble et nous sommes d'accord sur les questions essentielles".

BURUNDI: Des délégués ne sont pas satisfaits de la proposition d'accord

Certains délégués au processus de paix d'Arusha se sont déclarés insatisfaits de la proposition d'accord de 200 pages qui leur a été soumise cette semaine par les médiateurs, car ils estiment qu'elle ne contient rien de nouveau. "Pour nous, ce n'est pas une proposition d'accord mais une compilation des différentes positions exprimées par les différentes délégations aux négociations", a déclaré à l'AFP Godefroid Hakizimana, président du Parti Social Démocrate (PSD, pro-tutsi). Le porte-parole du CNDD, Jean- Marie Sinjourigaya, n'a pas dit autre chose. "Ce projet d'accord ne propose rien de nouveau par rapport aux documents qui ont été distribués fin février", a-t-il déclaré à l'agence de presse. "C'est une compilation ... du travail que nous avons déjà fait". Les questions qui doivent encore être discutées incluent la réforme de l'armée, le futur système électoral et les modalités de la transition.

BURUNDI: Les signes d'une libéralisation de la presse apparaissent

Des signes d'une certaine libéralisation de la presse apparaissent au Burundi, après les sévères critiques de M. Mandela contre les restrictions frappant les médias dans ce pays. Jeudi dernier, le journal du parti d'opposition FRODEBU, 'La Lumière', a demandé pourquoi les camps de regroupement n'avaient toujours pas été démantelés. Rlevant que le président Pierre Buyoya s'était engagé à fermer les camps, il s'est posé la question de savoir s'il le faisait "par conviction ou pour apaiser la communauté internationale". "Peu de camps ont été démantelés, et ceux qui l'ont été ne sont pas importants", écrivait le journal. "Pourquoi le gouvernement n'a-t-il pas fait suivre ses promesses d'actes concrets?" Il a rappelé que M. Buyoya avait déclaré, lors d'une conférence de presse, que les camps ne pourraient être fermés tous que si la sécurité était rétablie, "pourtant il avait été dit que ces personnes étaient déplacées pour permettre aux forces armées de mieux les préserver la sécurité".

'La Vérité', un journal favorable au parti radical tutsi PARENA, opposé à M. Buyoya, a prévenu que si un accord de paix n'était pas signé rapidement "les obus et les balles pleuvront sur nous". Selon le journal, au cours d'une réunion tenue récemment avec le vice-président, "les jeunes Hutus n'ont pas mâché leurs mots: les accords [de paix] risquent de nous mettre le fusil à la tempe". "Nous espérons que le parti au pouvoir à Bujumbura aura le bon sens de nous permettre de tirer les leçons de l'expérience mozambicaine, o=F9 la [formation rebelle] RENAMO a été intégrée à l'armée nationale après 16 ans de guerre, sans que la rébellion ne prenne pour autant le dessus", indiquait le journal. Sinon, prévenait le journal, le dirigeant du FDD, Jean-Bosco Njourikengurukiye, "restera pour toujours dans la clandestinité". Les observateurs soulignent que le leader du PARENA, l'ancien président Jean-Baptiste Bagaza, souhaite retrouver un rôle majeur sur la scène politique burundaise, d'o=F9 le pacte du PARENA avec l'aile extérieure du FRODEBU, et à cette fin, plaide pour la signature rapide d'un accord de paix pour rester sur la lancée.

RWANDA: Mission d'enquête de parlementaires ougandais

Des membres du parlement ougandais se rendront au Rwanda dans le cadre d'une mission d'enquête, ont confirmé jeudi à IRIN des responsables rwandais. "Oui, nous avons reçu une communication du président de la commission parlementaire ougandaise pour la présidence et les affaires étrangères, nous informant de leur visite", a indiqué le Dr Théogène Rudasingwa, conseiller politique du ministre de la défense, Paul Kagamé. Il a précisé que cette visite aurait lieu le 14 avril.

Le président de la commission parlementaire ougandaise, Elly Karuhanga, a expliqué à IRIN qu'il conduirait une délégation de quatre personnes au Rwanda "pour découvrir ce qui se passe, par des échanges avec les dirigeants et les parlementaires". "Le Rwanda est notre voisin et le parlement ougandais, en tant que voix du peuple ougandais, doit être mieux informé des développements au Rwanda", a-t-il dit. Il a ajouté que la commission s'intéressait notamment aux développements politiques actuels après la démission du président Pasteur Bizimungu, aux tensions qui ont été signalées entre les troupes des deux pays à Kisangani, en RDC, et à la mise en oeuvre de l'accord de paix de Lusaka. Les conclusions de la mission permettront de juger des relations de l'Ouganda avec le Rwanda. "Nous utiliserons ce que nous aurons appris pour critiquer ou féliciter notre gouvernement, selon le cas", a-t-il dit. Selon les observateurs, certains responsables rwandais considèrent cette visite comme une ingérence dans les affaires intérieures du Rwanda.

RWANDA: Les partis entérinent la désignation de Paul Kagamé à la présidence

Les représentants des partis politiques approuvés au Rwanda ont appelé le Front Patriotique Rwandais (FPR) à désigner le ministre de la défense, Paul Kagamé, comme nouveau président du pays, après la démission de Pasteur Bizimungu, a rapporté jeudi la radio rwandais. Pour le moment, M. Kagamé assure l'intérim de la présidence, jusqu'à ce que le FPR, qui détient la présidence conformément à l'accord d'Arusha de 1993, ait nommé deux candidats. Selon un communiqué de presse publié par les partis composant le gouvernement de transition, M. Kagamé "a montré les compétences d'un chef stable qui a la confiance de tous les Rwandais et est respecté à l'étranger". "Il a dirigé le FPR et le gouvernement d'unité nationale en des temps difficiles, et a fait montre de patriotisme, d'héroïsme, d'esprit de sacrifice et d'intelligence".

RWANDA: Un présumé génocidaire affirme que ses droits sont violés

Les avocats de l'accusé de génocide, Jérôme Bicamumpaka, ont demandé mardi au Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR) d'ordonner la libération immédiate de leur client en raison du fait que ses droits auraient été violés après son arrestation en 1996, a rapporté l'agence de presse Hirondelle. M. Bicamumpaka "na pas été informé des charges retenues contre lui" pendant la centaine de jours qui ont suivi son arrestation au Cameroun, a expliqué à la cour l'avocat de la défense, Francine Veilleux, citée par Hirondelle. Elle a déclaré que M. Bicamumpaka, qui était ministre des affaires étrangères au Rwanda pendant le génocide de 1994, a été "abandonné" au Cameroun jusqu'au 31 juillet 1999, avant son transfert vers les lieux de détention du TPIR, dans la ville tanzanienne d'Arusha. L'accusation a répliqué que l'accusé interprétait de manière erronée les droits qui lui sont accordés par les règles du TPIR, a ajouté Hirondelle.

RWANDA: Des manifestants au Canada demandent l'extradition d'un suspect

Parallèlement, de jeunes militants rwandais-canadiens ont manifesté mercredi devant le parlement canadien, dans la capitale Ottawa, pour exiger l'arrestation d'un présumé instigateur du génocide, Léon Mugesera, ont rapporté les agences de presse. Selon Associated Press (AP), des dizaines de manifestants ont appelé le Canada à renvoyer M. Mugesera au Rwanda pour y être jugé. M. Mugesera, ancien conseiller à la présidence, a fui le Rwanda pour le Canada avant le génocide de 1994 et a reçu le statut de réfugié en 1993, selon AP. Il a fait l'objet d'un ordre de déportation du Canada en 1996 mais reste dans le pays pendant le processus d'appel.

RWANDA: Le Rwanda ne sera pas prêt pour les tarifs zéro de la COMESA

Le gouvernement rwandais ne pourra probablement pas respecter le délai du 1er octobre pour la mise en application des droits de douanes zéro, recommandés par le Marché commun pour l'Afrique de l'Est et du Sud (COMESA), a rapporté la radio rwandaise. Le ministre des finances, Donat Kaberuka, cité par la radio, a déclaré que si le Rwanda est favorable à l'intégration régionale, le "prix à payer est élevé". Il s'exprimait à son retour d'un réunion des ministres des finances de la COMESA, à l'île Maurice. "Lorsqu'ils décident de ramener à zéro les droits de douane, la plupart des pays compensent par une hausse des impôts intérieurs, tels que la taxe sur la valeur ajoutée (TVA)". Il a prévenu que le pays perdrait des revenus et que certaines industries rwandaises auraient des difficultés à s'adapter à la nouvelle concurrence. "C'est pourquoi, derrière l'excellent objectif d'intégration régionale, nous devons voir quels sont les mécanismes de compensation pour les pays comme le Rwanda", a-t-il dit.

Parallèlement, la radio rwandaise a rapporté jeudi que le gouvernement avait approuvé l'introduction de la TVA pour "supprimer la complexe multiplicité des taxes et introduire autant d'équité que possible dans le système fiscal".

RWANDA: Un hélicoptère russe pour la présidence

Le fabricant d'hélicoptères Kazan (KZV) en Russie s'apprête à fournir un hélicoptère MI-17-IV à la présidence rwandaise, le mois prochain, a indiqué mercredi un responsable de l'entreprise à l'agence de presse russe Itar-Tass. Selon ce responsable, l'usine a déjà fourni des hélicoptères similaires aux présidents de huit pays, au cours des cinq dernières années. Un responsable de l'armée rwandaise a confirmé la nouvelle à IRIN, jeudi, mais s'est refusé à tout commentaire sur des "questions relatives à l'approvisionnement militaire".

OUGANDA: Des réfugiés rentrent au Rwanda

Cinquante et un réfugiés ont été rapatriés mardi vers le Rwanda depuis des camps du sud-ouest de l'Ouganda, a indiqué à IRIN une responsable du HCR. Un convoi transportant 18 familles candidates au retour a traversé les Monts Miroma dans le district de Ntungamo, et est arrivé sans encombres au Rwanda, a indiqué le responsable jeudi. Pour le moment, aucun autre rapatriement n'est prévu à partir des camps, a-t-elle ajouté.

Nairobi, le 30 mars 2000

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