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Bulletin quotidien d'information No. 892 pour la région des Grands Lacs

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News and Press Release
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NATIONS UNIES
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REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO: Appel au calme à Kisangani

L'Ouganda et le Rwanda ont tous deux expliqué qu'il n'était pas dans leur intérêt de fomenter une crise qui risquerait d'engendrer des affrontements entre leurs troupes dans la ville congolaise de Kisangani, huit mois après les graves combats qui ont faits des centaines de morts militaires et civils. "Nous avons appelé les Ougandais à s'occuper de leurs troupes", a indiqué mercredi à IRIN le major Emmanuel Ndahiro, porte-parole du président intérimaire rwandais et ministre de la défense, Paul Kagamé. Ces commentaires intervenaient à la suite d'un communiqué publié dimanche par le groupe rebelle RCD-Goma, soutenu par le Rwanda, qui accusait l'Ouganda de masser des troupes à Kisangani "d'une manière qui rappelle ce qui a précédé les combats d'août 1999" entre forces ougandaises et rwandaises.

"Nous pensons que le commandant militaire ougandais et le chef d'état-major rwandais devraient tous deux se rendre à Kisangani pour reprendre la situation en main, car ils ont fait beaucoup pour améliorer la situation après les affrontements de l'an dernier", a déclaré M. Ndahiro. "Ce qui nous préoccupe c'est que dès les premiers jours de leur prise de fonction, les nouveaux commandants ougandais à Kisangani essayent de revenir sur ce qui a été arrêté en haut lieu, ils ont établi de nouveaux barrages routiers, étendu le déploiement des troupes dans les banlieues de la ville et suspendu leur participation aux patrouilles et réunions communes". L'armée ougandaise a récemment remanié son haut commandement militaire en RDC.

L'Ouganda a démenti qu'il y ait des tensions à Kisangani. "Il n'y a rien que l'on puisse qualifier de tension à Kisangani, nous sommes en contact régulier avec nos gens sur le terrain et la vie suit son cours normal", a déclaré à IRIN le lieutenant-colonel Noble Mayombo, directeur adjoint du service du renseignement militaire ougandais. "En ce qui concerne l'armée ougandaise, il n'y a pas lieu de s'inquiéter. Si une réunion doit avoir lieu avec nos collègues du Rwanda et du RCD-Goma, elle doit permettre de les rassurer de ce que nous n'avons aucune intention de les combattre à Kisangani ou ailleurs".

RDC: De lourds combats se poursuivent malgré les promesses des dirigeants

Bien que les dirigeants régionaux impliqués dans le conflit congolais se soient engagés à respecter l'accord de cessez-le-feu de Lusaka, de lourds combats se poursuivent dans plusieurs régions du pays, a appris mardi le Conseil de Sécurité des Nations Unies. Au cours d'une réunion d'information à huis clos sur sa récente tournée dans la région, le Secrétaire Général adjoint des Nations Unies pour les opérations de maintien de la paix, Bernard Miyet a déclaré que les parties "contrevenaient manifestement au cessez-le-feu", selon le porte-parole des Nations Unies, Fred Eckhard. Il a notamment cité les combats violents qui ont repris dans le Kasai. Dans un communiqué de presse publié à l'issue de la rencontre, le président du Conseil s'est déclaré "profondément préoccupé" devant les violations du cessez-le-feu, et a une nouvelle fois appelé toutes les parties à mettre immédiatement fin aux hostilités.

RDC: L'Afrique du Sud est prête à envoyer des troupes

Le président sud-africain Thabo Mbeki signale que l'armée sud-africaine (South African National Defence Force) est prête et planifie déjà une mission de maintien de la paix en RDC. M. Mbeki, cité ce mercredi par la télévision sud-africaine (SABC), a déclaré que les plans étaient en cours d'élaboration "pour le cas o=F9 les décisions nécessaires seraient prises aux Nations Unies". L'Afrique du Sud serait prête à réagir rapidement pour mener des missions de maintien de la paix au Congo. M. Mbeki s'est déclaré impressionné par le travail de l'armée sud-africaine, et du fait que les ingénieurs de l'armée soient "tout à fait prêts" à réagir en cas de désastres.

RDC: Les parlementaires veulent la mise en oeuvre d'un plan de paix

Les membres des parlements de 17 pays, dont ceux qui sont directement impliqués dans le conflit en RDC, se sont engagés à assumer leurs "responsabilités législatives et de contrôle" pour soutenir la mise en ouvre de l'accord de cessez-le-feu de Lusaka. Au cours d'un atelier organisé par le groupe indépendant 'Parliamentarians for Global Action' (PGA) dans la capitale zambienne Lusaka, la semaine dernière, les législateurs ont déclaré qu'ils avaient un "rôle important" à jouer dans la consolidation de la paix, notamment en RDC. Ils ont décidé d'ouvrer pour faire en sorte que tous les signataires de l'accord de Lusaka honorent pleinement leurs engagements et soient "sévèrement sanctionnés" en cas de non respect. Dans un plan d'action, les hommes politiques ont indiqué que l'an prochain, ils rechercheraient à faire voter par leurs parlements respectifs des résolutions de soutien au plan de Lusaka et examineraient attentivement les dispositions budgétaires présentées à leur approbation "pour mieux contrôler les dépenses militaires".

GRANDS LACS: Il faut des dialogues nationaux ouverts

Le plan d'action des parlementaires, parvenu ce mercredi à IRIN, indique qu'ils chercheront à impliquer des représentants des populations congolaises "qui souffrent injustement d'une guerre qu'elles n'ont pas provoquée". La RDC, o=F9 aucun parlement ne fonctionne, était représentée à l'atelier de Lusaka par les dirigeants de deux groupes de la société civile congolaise. Le plan d'action prévoit également de renforcer les dialogues nationaux dans la région pour prendre en comptes les préoccupations sécuritaires des pays touchés, "par des processus internes inclusifs visant à créer des sociétés plus ouvertes et plus tolérantes dans la Région des Grands Lacs, tout en ouvrant des opportunités pour l'exercice du pouvoir politique". Parallèlement, la déclaration finale de la rencontre appelle la communauté internationale à réduire les livraisons et la circulation des armes vers et dans la région.

RWANDA: L'ancien président de l'assemblée part pour les Etats-Unis

L'ancien président de l'assemblée nationale rwandaise, Joseph Sebarenzi, qui se cachait en Ouganda depuis sa fuite du Rwanda le mois dernier, serait parti pour les Etats-Unis. Les autorités rwandaises ont confirmé qu'il avait quitté l'Ouganda pour l'Europe avant de se rendre aux Etats-Unis. "Les Américains nous ont informés du départ de M. Sebarenzi vers les Etats-Unis, pour des raisons professionnelles", a indiqué mercredi à IRIN un porte-parole du ministère de la défense, le major Emmanuel Ndahiro. Le président Yoweri Museveni a déclaré dans un entretien accordé au quotidien 'The EastAfrican', le 13 mars dernier, que l'Ouganda avait demandé à M. Sebarenzi de quitter le territoire pour un pays tiers, plutôt que de le ramener au Rwanda.

RWANDA: Découverte d'un mémorandum de l'ONU sur le crash de 1994

Le porte-parole de l'ONU, Fred Eckhard, a signalé que l'organisation avait découvert un "mémorandum interne de trois pages" sur la destruction en vol, en 1994, d'un avion transportant les présidents du Rwanda et du Burundi. Il a expliqué dans un point de presse qu'il n'y avait pas de rapport à proprement parler, comme cela avait été affirmé dans un article du quotidien canadien 'National Post'. Cet article, publié début mars, affirmait que le document des Nations Unies contenait des allégations de complicité du Front Patriotique Rwandais (FPR) dans l'attaque contre l'appareil. "Ce mémo a été rédigé par Michael Heureigan, qui avait été chef d'une équipe d'enquête pour le bureau du procureur du Tribunal au Rwanda, lequel enquêtait sur le génocide de 1994 dans ce pays", a injdiqué M. Eckhard. "Il a ensuite été engagé pourune courte période au [bureau pour les] services de contrôle interne, ici à New York, et c'est à cette époque qu'il a rédigé ce mémo interne". Le mémorandum a été transmis au Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR) qui déterminera si oui o=F9 non il doit être mis à la disposition d'avocats de clients traduits en justice. M. Eckhard a souligné que le mémo était le produit d'un individu qui "a couché par écrit ses pensées, et les informations qui ont été transmises" et qui ont ensuite été "enterrées dans un dossier".

RWANDA: Les sectes religieuses préoccupent

Les autorités rwandaises se sont déclarées préoccupées du nombre de sectes religieuses dans le pays et ont promis de les surveiller de près. S'exprimant sur la mort des membres d'un culte millénariste en Ouganda voisin, le ministre de la justice, Jean de Dieu Mucyo, a déclaré que le Rwanda avait connu "beaucoup de batailles juridiques" pour des questions de terres ou d'argent, entre dirigeants de sectes. "Si l'on ne prend pas des mesures pour lutter contre cela, nous pourrions facilement être confrontés au même problème que les Ougandais", a-t-il prévenu, selon l'agence de presse Rwanda News Agency (RNA). "Ces sectes non enregistrées ne devraient pas pouvoir opérer car elles répandent des enseignements douteux basés sur le gain matériel personnel", a-t-il dit. Il a souligné que les reesponsables locaux devaient surveiller les activités des sectes religieuses dans les préfectures et communes du pays. Selon RNA, un responsable de l'Eglise presbytérienne a déclaré qu'il y avait déjà une "myriade de sectes religieuses" au Rwanda, qui "interdisent à leurs adeptes de détenir des documents d'identité ou de mener une quelconque activité rémunératrice".

BURUNDI: Mandela critique Buyoya

Nelson Mandela, le facilitateur des pourparlers de paix pour le Burundi, a sévèrement critiqué le président Pierre Buyoya pour les arrestations d'opposants et le maintien des gens dans des camps de regroupement. "C'est une situation qui est totalement inacceptable pour une personne comme moi, qui a passé 27 ans en prison", a déclaré M. Mandela, au cours des négociations, mardi, à Arusha, en Tanzanie. Toutefois, selon le service Internews basé à Arusha, il s'est déclaré confiant que M. Buyoya aurait le "courage et la force de caractère de serrer les dents et de créer les conditions qui feront que chacun d'entre nous sente que nous sommes en effet à la veille d'une percée importante". M. Buyoya a répliqué qu'il ne voyait pas de problème à démanteler les camps de regroupement, mais que les conditions de sécurité devaient d'abord redevenir normales. Il a déclaré lors d'une conférence de presse que lui et son gouvernement étaient "un allié important" pour achever le processus de paix. "Tout le monde reconnaît qu'à ce stade du processus de paix, le gouvernement a une responsabilité que les autres parties n'ont pas", a déclaré M. Buyoya. Concernant les prisonniers, il est nécessaire de distinguer les prisonniers politiques des criminels, a-t-il ajouté.

BURUNDI: Mandela annonce sa visite dans le pays

M. Mandela a également critiqué les parties aux négociations d'Arusha, qu'il accuse de ne penser qu'à elles, "sans penser à la valeur du travail d'équipe". Faisant référence aux pourparlers qu'il a eu récemment en Afrique du Sud avec de hauts responsables militaires burundais et avec les factions rebelles armées, il a déclaré aux délégués que "le ministre de la défense et les officiers supérieurs militaires semblent loin devant par rapport aux partis politiques ici présents". "Ils vous dépassent de la tête et des épaules, vous tous mis ensemble, par les paroles qu'ils ont prononcées devant moi", a-t-il ajouté, selon l'agence de presse Hirondelle. "C'est également vrai pour les groupes rebelles". Il a déclaré que les deux camps étaient favorables au processus d'Arusha et "à une résolution rapide du conflit". M. Mandela a annoncé qu'il se rendrait prochainement au Burundi pour y poursuivre les pourparlers avec l'armée.

Parallèlement, une mission d'évaluation sera entreprise cette semaine dans les 11 camps de regroupement de Bujumbura Rural, qui auraient dû être démantelés dans le cadre de la phase un du programme de démantèlement du gouvernement, ont indiqué mercredi à IRIN des sources humanitaires. Neuf autres camps doivent être fermés dans le cadre de la phase deux, mais celle-ci n'a pas encore commencé, selon les sources.

OUGANDA: Des vols secrets de l'UNITA sont "impossibles"

L'Ouganda a une nouvelle fois rejeté les affirmations selon lesquelles il aurait violé les sanctions des Nations Unies contre le mouvement rebelle angolais UNITA. Dans une lettre adressée vendredi dernier au président du Conseil de Sécurité des Nations Unies, le Secrétaire Permanent, Ralph Ochan, a déclaré qu'un rapport récent de l'ONU sur les violations des sanctions contenait des "allégations infondées" selon lesquelles des avions s'étaient parfois ravitaillés en carburant à Entebbe, en provenance ou en direction d'Andulo, en Angola. L'Ouganda n'a qu'un seul aéroport international à Entebbe et il est "impossible de mener des vols secrets, sans même parler d'exercice de ravitaillement en carburant, sans être remarqués", indique la lettre. L'inclusion de cette allégation dans le rapport des Nations Unies
"remet en question le sérieux de tout l'exercice", indique la lettre.

RDC: Action contre la Faim apporte une correction

L'ONG Action contre la Faim indique qu'elle a par erreur indiqué dans un communiqué de presse (cité hier mardi par IRIN) qu'elle avait transporté par bateau des semences depuis le Burundi jusqu'à Uvira en passant par le lac Tanganyika. Action contre la Faim souhaite préciser que les semences sont arrivées à Uvira par route depuis Bukavu et ont ensuite été transportées vers le sud par bateau, jusqu'à Nundu et Baraka.

Nairobi, le 29 mars 2000

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