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Bulletin quotidien d'information No. 875 pour la région des Grands Lacs

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NATIONS UNIES
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RWANDA: Meurtre d'un volontaire et d'un fonctionnaire

La directrice générale du PAM, Catherine Bertini, a fait part de son indignation devant le meurtre, samedi, d'un travailleur volontaire de l'ONU travaillant pour l'agence du Rwanda. Samuel Sargbah, ressortissant libérien, a été abattu au volant de sa voiture, par un meurtrier inconnu, à Kigali, capitale du Rwanda. 'Je suis profondément choquée et attristée par le meurtre absurde d'un autre travailleur humanitaire,' a déclaré Mme Bertini dans un communiqué. Elle a exhorté les autorités rwandaises à mener une enquête approfondie. Dans un autre incident, Aciel Kabera, un conseiller du président, a également été abattu devant chez lui, à Kicyiru dimanche soir, d'après des sources d'IRIN au Rwanda. Ancien préfet de Kibuye, Kabera était un rescapé du génocide et une personnalité influente au sein du gouvernement rwandais, ont-elles ajouté.

RWANDA: Quatre candidats sélectionnés pour succéder à Rwigema

Le bureau politique du Mouvement démocratique républicain (MDR) a émis une liste de quatre candidats sélectionnés pour le poste de premier ministre, vacant depuis la démission de Pierre-Célestin Rwigema, la semaine dernière. En vertu des dispositions de l'accord d'Arusha de 1993 sur le Rwanda, toujours en vigueur, le poste de premier ministre doit être occupé par un membre du MDR. Les candidats sélectionnés par le parti sont: Bernard Makuza, Célestin Kabanda, Alex Mugarura et Marie-José Mukandamage, a rapporté Radio Rwanda ce lundi. M. Makuza était de loin le candidat le plus populaire au sein du MDR mais sa désignation n'était pas encore entièrement assurée. Il devait d'abord passer des entretiens et voir sa candidature approuvée par d'autres partis politiques au sein du gouvernement de transition et par le président lui-même, Pasteur Bizimungu, ont indiqué lundi à IRIN des sources politiques du Rwanda.

RWANDA: Kabuye aurait été mêlé à des affaires 'sectaires', selon Kagame

Le vice-président, Paul Kagame, interrogé sur la démission de M. Rwigema et celle de l'ancien président de l'Assemblée, Joseph Sebarenzi Kabuye, début janvier, a déclaré que la démission ou la destitution de quelques dirigeants 'ne devrait surprendre personne et devrait avoir lieu dans la transparence'. Il aurait fait savoir, au cours d'une conférence de presse, qu'il existait des 'preuves crédibles' de la collaboration de Kabuye avec 'les royalistes' (lesquels seraient soupçonnés de conspirer pour ramener au pouvoir l'ancien roi Kigeli V), apprenait-on sur les ondes de la radio nationale. Ceci comprenait la production et la distribution de cassettes en faveur des royalistes qui étaient 'sectaires', mais 'pas, pour autant, séditieuses', a ajouté M. Kagame. La nature sectaire de ces cassettes était 'contraire à la politique du gouvernement d'union nationale pour lequel il travaillait', a précisé M. Kagame. 'Même sans ces éléments, si les gens vous disent, on vous a mis là, mais nous en avons assez de vous - comme l'avaient fait les députés - cette personne doit donc s'en aller,' a-t-il dit. 'La vie doit continuer avec ou sans Sebarenzi et le premier ministre, et Kagame un jour.'

REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO: Les attaques s'intensifient dans les deux Kivu

Un grand nombre de groupes armés incontrôlés ont été observés dans le nord de Rutshuru, dans le Nord-Kivu, ces dernières semaines, se traduisant par une intensification des exactions sur la population locale et une plus large occupation des villages, apprenait IRIN de sources indépendantes. Des éléments armés auraient aussi perpétré des attaques à Masisi et ses alentours, Ngungu, Katoye, Kashariba et Nyanzale. Parallèlement, dans le Sud-Kivu, l'insécurité régnant sur l'axe routier reliant Kiliba à Kamanyola, au sud d'Uvira, et dans la plaine de Ruzizi - qualifié par une source 'd'incontrôlée et d'incontrôlable' - avait restreint le travail des organisations humanitaires, ont indiqué des sources humanitaires. La distribution, à Kisangani, Butembo et Kindu, de pamphlets encourageant des mouvements de grève - succédant à des campagnes de désobéissance civile à Goma et Bukavu - semble aussi avoir reflété, à l'est de la RDC, un mécontentement croissant à l'égard des groupes rebelles congolais et de leurs partisans, ont-elles ajouté.

RDC: Nouveau commandant à la tête de la MONUC

Le Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a annoncé vendredi la nomination du général de division sénégalais, Mountaga Diallo, au poste de commandant de la Mission de l'ONU en République démocratique du Congo (MONUC). Le Conseil de sécurité a entériné le 24 février l'élargissement de la mission - mandatée pour soutenir l'application de l'accord de cessez-le-feu de Lusaka sur le conflit en RDC - à un total de 5 537 militaires appuyés d'un 'personnel de soutien civil compétent' dans des domaines tels que les droits de l'homme ou la protection des enfants.

RDC: Washington dément soutenir les rebelles

L'ambassadeur américain auprès des Grands Lacs, Howard Wolpe, a réfuté vendredi les allégations selon lesquelles les Etats-Unis soutiennent 'les rebelles et les agresseurs de la RDC'. Il a déclaré que le respect de l'accord de paix de Lusaka dominait les pensées de Washington, et dans cet esprit, a appelé au retrait des troupes étrangères. S'exprimant au cours d'une visite à Kinshasa, il a fait savoir que les Etats-Unis avaient largement contribué à garantir la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU sur l'élargissement de la MONUC. 'Nous espérons vivement que toutes les conditions nécessaires seront remplies pour mettre un terme au conflit,' selon les propos de M. Wolpe rapportés par la télévision nationale.

RDC: La MONUC devrait se déployer dans les deux camps, selon M. Ondekane

Le vice-président du groupe rebelle, le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD-Goma), Jean-Pierre Ondekane, a déclaré lundi que son mouvement ne permettrait pas le déploiement de casques bleus sur son territoire, si le président de RDC, Laurent-Désiré Kabila refusait lui-même le déploiement de la MONUC dans les zones gouvernementales. 'Si Kabila refuse le déploiement des troupes de l'ONU dans les zones sous son contrôle comme il a menacé de le faire, nous ne leur permettrons pas non plus de se déployer sur notre territoire, car ceci signifie que nous serions soumis à une stricte surveillance tandis que Kabila poursuivrait librement ses projets militaires,' a indiqué M. Ondekane à IRIN. Le personnel militaire des Nations Unies doit être déployé à Kisangani et à Kindu qui sont tenues par les rebelles, et Mbandaka et Mbuji Mayi contrôlées par les forces du gouvernement de RDC.

A propos des violations de cessez-le-feu, M. Ondekane a indiqué à IRIN que les forces du RCD combattaient sur trois fronts les troupes gouvernementales et leurs alliés. Il a affirmé que les affrontements étaient répandus autour d'Uvira, Fizi-Baraka, la plaine de Ruzizi, Mulebwa et Lulimba dans le Sud-Kivu. A Katanga, les affrontements se sont concentrés autour de la ville de Kongolo et autour de Kabinda dans le Kasaï, a-t-il dit. 'Ce qui nous surprend, c'est que la milice combattant aux côtés des troupes de Kabila est en possession de nouvelles armes,' a-t-il ajouté.

RDC: Bemba envoie un 'dernier avertissement' à Kabila

Le leader du groupe rebelle, le Mouvement démocratique du Congo (MLC), Jean-Pierre Bemba, affirme avoir envoyé son 'dernier avertissement' au président Laurent-Désiré Kabila. Dans un discours prononcé dimanche à Gbadolite pour souligner l'adhésion de son groupe aux accords de paix de Lusaka, M. Bemba a déclaré 'qu'à partir de maintenant, chaque nouvelle agression de la part des autorités de Kinshasa contre des personnes innocentes provoqueront une réaction vigoureuse au sein de l'Armée de libération du Congo [ALC, aile armée du MLC]'.

'S'il le faut, nous irons jusqu'à Kinshasa et chasserons le dictateur de sa tanière,'a commenté M. Bemba. 'Nous ne nous battons pas pour le pouvoir, ni pour notre enrichissement personnel, mais pour une vision du pays, pour recouvrer notre liberté qui nous a été enlevée, afin de pouvoir assurer un avenir à nos enfants,' a-t-il poursuivi. Il a signalé que l'ALC constituerait le 'fer de lance' d'une nouvelle armée républicaine nationale qui défendrait l'intégrité territoriale et la souveraineté de la RDC. 'Le MLC ne signera jamais sa renonciation à l'unité du pays,' a ajouté M. Bemba. Il a indiqué que la seule manière de mettre un terme à la 'confusion' en RDC reposait sur le dialogue intercongolais, prévu aux termes de l'accord de Lusaka. De cette manière, un nouvel ordre politique pourrait être créé, a-t-il ajouté.

RDC: Intervention de Mugabe lors de la consultation nationale

Le président zimbabwéen, Robert Mugabe, a pris la parole dimanche, à l'occasion de la consultation nationale organisée par les confessions religieuses, en cours à Kinshasa et a enjoint aux Congolais de choisir entre 'l'esclavage et la souveraineté'. Il a indiqué que le forum était favorable à 'l'unité' et qu'il permettrait aussi au peuple congolais de décider de 'leur propre sort' sans 'intervention étrangère ou agression extérieure', a rapporté la chaîne de télévision d'Etat. 'C'est notre ambition et c'est pourquoi nous défendons la souveraineté du Congo,' a-t-il ajouté.

Entre-temps, le président nigérian, Olusegun Obasanjo, qui a délégué un envoyé spécial pour assister à cette rencontre, a fait remarquer que la RDC représente l'Afrique en 'miniature'. 'Il est donc important de mettre un terme à cette guerre qui déchire le pays,' a-t-il commenté.

RDC: La rencontre pourrait se poursuivre jusqu'à vendredi

Parallèlement, un représentant de l'ambassade de RDC à Nairobi a fait savoir que la consultation nationale pourrait se poursuivre jusqu'à vendredi. La rencontre, entamée la semaine dernière, a tenu une séance plénière au cours du week-end au cours de laquelle les participants - y compris les dirigeants traditionnels de la diaspora congolaise et les organisations des droits de l'homme - ont réitéré que les troupes étrangères devaient se retirer du pays. Selon les propos des participants diffusés sur les ondes de la télévision d'Etat congolaise, une bonne gouvernance serait nécessaire pour améliorer les conditions sociales du peuple congolais.

BURUNDI: Mandela, toujours médiateur

L'ancien président sud-africain, Nelson Mandela, n'est pas sur le point de quitter ses fonctions de facilitateur du processus de paix au Burundi, contrairement à des informations relayées par les médias au cours du week-end. 'Il a uniquement mentionné qu'il était un vieil homme qui avait besoin de se reposer à un moment donné, et non qu'il renonçait à son rôle de médiateur des négociations du Burundi,' a affirmé lundi à IRIN Hashim Mbita, porte-parole de l'équipe de médiation. La porte-parole de M. Mandela, Zelda la Grange, a indiqué à l'Agence de presse sud-africaine (SAPA) que les propos de M. Mandela avaient été 'un peu déformés' et ce qu'il avait dit en réalité, c'était qu'un jour viendrait lorsqu'il devrait céder ses responsabilités à une personne plus jeune. 'Il n'a pas dit qu'il était malade ni qu'il démissionnait demain, mais lorsque ce jour viendrait, il était certain que le continent disposerait d'un grand nombre de personnes jeunes et compétentes qui pourraient effectuer ce travail,' a-t-elle expliqué. M. Mandela aurait déclaré, au cours d'une visite au Nigeria, que 'tôt ou tard, des circonstances indépendantes de notre volonté peuvent m'empêcher de poursuivre mon travail en général et en particulier, mon rôle de facilitateur au Burundi'.

Parallèlement, la série actuelle des négociations de paix au Burundi s'est achevée samedi avec la formation d'un cinquième comité chargé de surveiller l'application de toutes les décisions prises pendant les pourparlers. Ce comité sera présidé par M. Mandela, assisté des présidents et vice-présidents des quatre autres comités. Aucune date n'avait été fixée pour une prochaine série de pourparlers.

BURUNDI: Fin de la visite de la ministre sud-africaine

La ministre sud-africaine des affaires étrangères, Nkosazana Dlamini Zuma a achevé 'avec succès' lundi une visite de quatre jours au Burundi, d'après un communiqué émanant de son cabinet, rapporté par l'agence de presse sud-africaine (SAPA). Lors de sa visite, Mme Zuma a tenu des consultations avec le président burundais Pierre Buyoya, des membres du gouvernement, des organisations de défense des droits de l'homme et divers représentants de la société civile. 'Par son interaction, Mme Zuma a cherché à acquérir sa propre expérience et une connaissance de la réalité exacte du pays et de son peuple,' a indiqué le communiqué. 'Les perspectives économiques et les domaines de coopération possibles seront portés à l'attention des Sud-Africains de façon à pouvoir entamer des discussions de poids avec leurs homologues burundais,' selon les propos rapportés de Mme Zuma. La ministre des affaires étrangères a aussi lancé un appel à la communauté internationale pour favoriser le développement économique du Burundi, déclarant, 'c'est crucial pour le processus de paix'.

GRANDS LACS: Conférence sur les armes légères la semaine prochaine

Une conférence pour discuter de l'afflux illégal et de la prolifération des armes légères dans la région des Grands Lacs et de la Corne de l'Afrique se tiendra du 12 au 15 mars à Nairobi, a annoncé lundi à IRIN un représentant du ministère des affaires étrangères kenyan. L'adjoint au ministre kenyan des affaires étrangères et de la coopération internationale, Sheldon Muchilwa, également un envoyé spécial pour la conférence, s'est rendu dans tous les pays attendus à cette rencontre pour les inviter officiellement, y compris la RDC. Le Kenya est chargé de l'organisation logistique de cette conférence. 'La conférence a aussi été organisée en conjonction avec beaucoup d'autres acteurs,' a indiqué le haut responsable.

Nairobi, le 6 mars 2000

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